Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à son enfant dans cet espace matriciel à laquelle elle-même, petite, fut livrée. Ce serment se perpétue ainsi, secrètement, de mères en filles et en fils, jusqu'à l'étouffement et parfois même le meurtre, si de la différence ne vient pas en ouvrir le cercle, et briser l'enchantement. C'est ce serment, que doit rompre l'enfant pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, son désir. Le risque qu'il affronte, pour pouvoir aimer, c'est d'abandonner la mère à la mélancolie et de traverser la peur d'être lui-même abandonné. Comment des individus exposés avec une violence particulière à cette sauvagerie s'en sortent-ils ? Pourquoi la parole et l'écoute psychanalytique peuvent elles ouvrir un nouvel espace de vie chez ces êtres menacés d'ensevelissement ?
Docteur en philosophie et diplômée de Brown Univesity, Anne Dufourmantelle a enseigné à l’école d’architecture UP6-la Villette, et donné un séminaire à l’Institut des Hautes Etudes en Psychanalyse à l’Ecole normale supérieure. Anne Dufourmantelle meurt le 21 juillet 2017 en tentant de sauver l'enfant d'une amie de la noyade sur une plage du sud de la France.
J’ai été surprise car je pensais que la sauvagerie maternelle à laquelle le titre fait référence était autre chose. Passé cela et donc un peu déçue, le côté psychanalyse étant inévitable, j’ai été intriguée par des trucs et j’ai pris des notes. J’ai envie de lire d’autres livres de cette autrice.