Seule au milieu des paysages grandioses et sauvages du Nord québécois, une femme se raccroche à l’écriture comme à une bouée. La Floune, c’est son nom, vient de quitter les siens. Luttant pour sa survie, elle s’épanche sur le papier, revisitant son passé au sein des Godpèles. Pour cette société profondément démocratique née des vestiges de notre monde, la technologie moderne a la saveur d’un mythe quasi oublié. La pelle joue chez eux un rôle central : outil de sculpture sur neige, elle est le symbole autour duquel leur art de vivre s’est développé. Dès sa naissance, la Floune a été une joie pour les Godpèles, un trésor d’avenir et d’espoir. Elle doit maintenant les fuir, détentrice d’un secret qu’elle ose à peine effleurer. Échappera-t-elle au Loncrisse dont l’ombre noire plane comme une malédiction sur les monts glacés ?
Godpèle rassemble les derniers textes de la Floune, écrits dans une langue qui n’existe pas encore et traduits dans une langue qui n’existe pas vraiment. Gabriel Marcoux-Chabot livre ici une œuvre unique, méticuleuse et poignante, où la forme épouse le sens.
Je suis vraiment embêtée parce que j’aimais la plume. J’aimais les références à l’univers des Godpeles et à leurs habitudes de vie. L’enjeu, c’est qu’on effleure le sujet, mais on n’y embarque jamais vraiment.
Pendant un bout j’avais l’impression de lire Gabrielle Filteau-Chiba, de la survie en forêt. Quel est l’objectif d’avoir un univers inventé aussi intéressant quand on en parle pas?
L’autre enjeu c’est la trope de … je ne peux pas parler…je ne suis pas prête, mais continue à me lire ça en vaut la chandelle. Turns out c’est jamais à la hauteur des attentes créées.
Je suis vraiment embêtée. J’en aurais pris tellement plus. La fin est choquante de part les propos mais pas tant parce qu’elle est surprenante ou déstabilisante.
Malgré un début de récit lent et répétitif, je me suis accroché aux écrits de La Floune. J’ai adoré visiter la vision de la vie de cette femme qui vit dans une réalité complètement différente de la mienne.
La langue dans laquelle elle écrit n’existe peut-être pas, mais les émotions qu’elle vit sont vraies et nous transpercent. Ça demande un petit plus de concentration, mais après quelques pages, il devient plus facile de lire cette langue nouvelle.
D’ailleur, l’explication de l’apparition de cette langue dans leur communauté et leur façon d’appliquer de nouvelles règles au français qu’on connait m’ont fascinées.
À partir de la deuxième moitié du roman, il m’était impossible d’arrêter ma lecture. Ça vaut la peine de s’aventurer dans cette expérience littéraire hors du commun.
D'un point de vue tout à fait technique, je vous recommande de lire le vrai roman et pas une version ebook ; ma liseuse mangeait les mots. Il fallait que je mette l'écriture au plus petit caractère et malgré tout il manquait régulièrement 1-2 phrase en bas :(
Sur le roman en tant que tel : wow, c'est quelque chose d'unique que propose Gabriel Macroux-Chabot. Un roman en 2 temps ; le journal d'une Godpèle et sa traduction, côtes à côtes. On y découvrit la vie de ces nomades, qui vivent dans le Nord, repoussés par une catastrophe . C'est un roman très statique ceci dit, la mémoire d'un peuple, et la Floune nous promet une révélation qui a tout changé avant la fin. Le problème avec ce type de narration est qu'il est difficile de satisfaire aux exigences du lecteur ; j'avoue que je n'ai pas eu de gros choc, mais je peux voir comment d'autres en aurait un. All in all, je recommande, ne serait-ce que pour l'originalité du récit (et une poésie certaine dans l'écriture, en plus de dédoubler comme un hymne à la mémoire écrite elle-même).
Ça prends quelques pages avant de bien s’ancrer dans l’univers que Marcoux-Chabot nous propose. Mais une fois que l’on est accroché, on voit toute la puissance et la profondeur de ce récit.
Ouf. Je me suis forcée de le finir. C’était pénible. Le roman compte beaucoup de répétions, de longueurs. La narratrice se retrouve seule, en train d’écrire. Une pulsion, un secret la pousse à coucher ses pensées sur papier. Je ne sais combien de fois la narratrice revient sur ce besoin irrépressible de mettre en mots ce qui la bouleverse, la démarche d’écriture est sans cesse commentée, répétée, sans aboutir. Il ne se passe rien sur des dizaines, voire des centaines de pages. Tellement que le dénouement tant attendu devient beaucoup moins poignant.
D’un autre côté, je me sens coupable de critiquer cette œuvre qui demeure magistrale en raison de sa forme. L’auteur invente une langue, un français québécois avec de nouveaux codes et règles d’écriture. Une langue qu’on apprend à lire de plus en plus aisément au fil des pages. C’est une prouesse littéraire. Le monde créé est aussi intéressant : une vague de froid a ravagé le Québec, un groupe a réussi à survivre, isolé dans le grand Nord : les Godpèles. Ses membres sculptent la neige. Ils ne maîtrisent plus le français à l’écrit, d’où cette nouvelle langue imaginée. Reste que le récit campé dans ce monde fascinant m’a ennuyée à mourir.
J'ai eu de la misère à m'accrocher à l'histoire, j'ai failli abandonné cette lecture. Au final, j'ai apprécié découvrir l'univers des Godpèles, ces sculpteurs de neige dans un monde d'hiver d'un futur possible. J'ai aimé l'idée que la page de gauche soit écrit en Godpèle (sorte de québécois écrit au son, langue simplifiée) et que celle de droite soit écrit en français. Je suis contente de m'être accrochée jusqu'à la fin : plusieurs belles tournures de phrases et belles images. En revanche, j'ai trouvé le rythme un peu trop lent (surtout la première moitié), mais j'ai apprécié la seconde moitié.
Mérite 4 étoiles pour l'originalité de l'exercice d'écriture - bilingue dont une langue inventée, qui se lit à voix haute et qui incarne tellement bien l'héroine, torturée et complexe, aimante et observatrice, dépositaire de la mémoire des siens, et tellement femme.