À rebours des opérations politiques libérales promettant à Marseille une hégémonie de capitale culturelle et économique, ce numéro s'ouvre à une pluralité de voix pour dire les désirs qui résistent aux fractures et aux horizons imposés à la ville. Perspectives sensibles et critiques sur les manières d'habiter la ville, les politiques institutionnelles et leurs effets sur les sociabilités et les imaginaires queer, cartographie de trajectoires d'exil ou de communautés refuges, chroniques de luttes et d'initiatives au présent ou encore exploration sensuelle de lieux et d' histoires menacées de disparition, ces contributions proposent d'enrichir la manière d'appréhender Marseille depuis le trouble et la force des désirs qu'elle génère.
ce n’est pas un roman mais une revue collective, composée de textes, d’essais, de récits et de fragments plus sensibles, où tout tourne autour de Marseille, vue à travers des trajectoires queers, des histoires d’exil, des lieux de fêtes, de luttes, de précarité ou de refuge
le livre cherche à montrer ce que deviennent les désirs quand ils se frottent à la réalité sociale, au mal-logement, à la gentrification ou aux politiques institutionnelles… et ce qui ressort, c’est une ville loin de la carte postale : un territoire traversé par les contradictions, les mythes de « ville refuge », mais aussi plusieurs textes parlent d’artistes précaires, de lieux queer qui disparaissent ou se transforment, et de la difficulté d’habiter la ville quand on est déjà en marge
j’ai aimé cette pluralité des voix avec beaucoup de témoignages : certains textes sont très politiques, d’autres plus poétiques voire même intimes. on passe d’analyses sur le libéralisme sexuel ou les paniques anti-trans à des souvenirs d’amours de jeunesse, des déambulations dans des lieux de nuit…
au final, c’est un livre qui parle moins du désir comme fantasme individuel que comme force sociale et politique, quelque chose qui fait désordre, qui résiste, qui invente des manières d’habiter autrement une ville souvent hostile
« le ciblage des minorités de genre lors d’attaques médiatiques est une stratégie politique cynique à laquelle la réponse nécessaire reste, encore et toujours, la coalition »
PS : j’espère que vous lirez jusqu’au bout cette review car j’ai pris du temps à l’écrire voilà bisous