Le narrateur de ce roman, jeune écrivain en herbe qui se fait volontiers appeler Berado prince de Zamunda, vit sous la coupe et dans l’ombre de son grand frère des faubourgs de Pointe-Noire, un certain Benoît, qu’il est venu rejoindre à Paris. Ce dernier, personnage fantasque, exerce sa verve dans le quartier de Château Rouge. Tout n’est pas bien clair dans sa vie, sinon qu’il sait charmer, les dames en premier. Il accumule les aventures de tous ordres, jusqu’au jour où il s’engage avec Lilwenn, qu’il épouse bientôt. Au grand désarroi de maman Mushama, la tenancière du restaurant Manioc Pays. Tout est réuni pour une embrouille. Mais les pistes se mélangent. Berado cherche à fausser les cartes , et pour imposer sa version des faits il se rend chez Ramsès, le réceptionniste et barman du Salam Hôtel, dans le XIe arrondissement. Son récit commence, sans cesse interrompu, et bientôt il plonge dans un étrange flottement, entre rêve et réalité. Est-ce l’effet du thé qu’on lui sert ?
Dans ce roman à la fois drôle et sarcastique, Alain Mabanckou offre les Mille et Une Nuits de l’exil africain, dont les personnages hauts en couleur sont parfois des sortes de Pieds nickelés. On s’y attache, on rit. On en redemande.
Alain Mabanckou was born in 1966 in Congo-Brazzaville (French Congo). He currently resides in Los Angeles, where he teaches literature at UCLA, having previously spent four years at the University of Michigan. Mabanckou will be a Fellow in the Humanities Council at Princeton University in 2007-2008. One of Francophone Africa's most prolific contemporary writers, he is the author of six volumes of poetry and six novels. He received the Sub-Saharan Africa Literary Prize in 1999 for his first novel, Blue-White-Red, the Prize of the Five Francophone Continents for Broken Glass, and the Prix Renaudot in 2006 for Memoirs of a Porcupine. He was selected by the French publishing trade journal Lire as one of the fifty writers to watch out for in the coming century. His most recent book is African Psycho.
c'est un 3.5/3.75⭐ pour moi mais j'arrondis. Ça fera un peu augmenter sa moyenne et j'ai envie parce que j'ai passé un très bon moment de lecture même si ce n'était pas un coup de cœur. Je me suis laissée porter, ça se lit tout seul, c'est plein de références littéraires et la chute m'a surprise. Contente d'avoir enfin découvert l'auteur !
Alain Mabanckou, transformé en Berado, jeune prince de Zamunda, écrivain en herbe, raconte son Château-Rouge, un quartier de la capitale où Ramsès de Paris, gardien du Salam hôtel, officie. Mais au-delà de de ce quartier précis, l’écrivain raconte aussi les chinois du « triangle de Choisy« , les Corses du 12 ème, les Arméniens du 9 ème, etc. En une phrase ininterrompue, sans ponctuation, Alain Mabanckou adopte la langue du conte où l’oral donne le ton. Son Ramsès de Paris conseille le lecteur avec ses cinquante-cinq recommandations littéraires, sorte de transfuge du professeur de lettres Françaises à la prestigieuse université de YCLA en Californie qu’il est. Il insuffle dans chacun des chapitres un des aspects de l’œuvre servant de titres. Truculent, fantasque et bien sûr drôle, c’est de la bonne humeur à chaque page où les exils et les mélanges culturels sont des richesses insoupçonnées. À lire sans modération !
Très réussi pour moi! Je retrouve le Mabanckou de Verre Cassé, Mémoires de Porc-épic et Black Bazar, multipliant les références à la littérature, au cinéma et à la musique dans la bouche d'un narrateur plein de poésie et de vivacité. Après quelques derniers ouvrages plus en demi-teinte, la magie de mon auteur préféré opère à nouveau!
Une écriture truculente, une longue phrase sans point, plein de références littéraires, un bon moment de lecture. Pas mon roman préféré de cet auteur mais j’aime toujours autant découvrir au fil des pages ces histoires différentes et cette plume si particulière.