Alice a vingt ans quand elle est internée en clinique psychiatrique. Pour elle, c’est une expérience inédite et bouleversante, mais certains patients sont des habitués des lieux... Dans ce microcosme naissent des affinités. Malgré la maladie, les bizarreries et les médicaments, Alice, avec sa jeunesse et sa vivacité, s’attire la sympathie des autres malades. Elle tisse notamment des liens d’amitié intergénérationnels avec un groupe de femmes très attachantes : toutes ont des histoires particulières, à la fois banales et violentes. À leur contact, Alice prend peu à peu conscience de ses propres maux, et se réapproprie ainsi sa propre histoire, son intimité et son corps meurtris. Dans ce premier roman porté par une langue rauque et parfois crue, Alice Botelho porte un regard frontal et sans concession sur la santé mentale.
Je ne peux pas mettre une note sur cette lecture tant elle m’a dérangé, chamboulée. C’est un récit qui relève de l’intime, même si j’imagine que le texte a été retravaillé au-delà de l’aspect “note d’un journal” pour en faire une œuvre presque de fiction. J’ai ri par moment, de beaux moments de solidarités ou de sororite, j’ai été décontenancée plusieurs fois.
Un récit centré sur les rencontres faites lors d’un séjour en HP par une très (trop) jeune femme hantée par des souvenirs de son enfance qui ressurgissent. Beaucoup de femmes dans ce Manoir de la “folie”, qq hommes un peu caricaturaux à mon avis - mais ne le sont-ils pas désormais tous à mes yeux?
Une belle éloge à la folie, à la sororité. Des thèmes durs sont abordés, l’inceste, le viol, la manipulation mais c’est très bien fait. Les personnages sont attachants, et ce tourbillonnement vers la folie à la Sylvia Plath est tres impressionnant.