"Considère, mon amour, jusqu'à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah ! Malheureux ! Tu as été trahi, et tu m'as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs, ne te cause présentement qu'un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu'à la cruauté de l'absence qui le cause. Quoi ? Cette absence, à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu'elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d'amour, et qui me faisaient connaître des mouvements qui me comblaient de joie, qui me tenaient lieu de toutes choses, et qui enfin me suffisaient ?"
Gabriel-Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues (1628-1684), was a French politician of the 17th century.
For a time, he was secretary of the King's Chamber, and he also director of the Gazette de France.
In 1677, he was named ambassador at the Ottoman Court. In 1679 and 1680, Louis XIV through Guilleragues encouraged the Ottoman Grand Vizier Kara Mustafa to intervene in the Magyar Rebellion against the Habsburg, but without success. Louis XIV communicated to the Turks that he would never fight on the side of the Austrian Emperor Leopold I, and he instead massed troops at the eastern frontier of France. These reassurances encouraged the Turks not to renew the 20-year 1664 Vasvar truce with Austria and to move to the offensive.
Guilleragues died of apoplexy in Constantinople in 1684.
He is thought to have been the author of Letters of a Portuguese Nun.
On revient toujours aux Lettres portugaises, parce que c'est une lecture épistolaire et rapide, et parce qu'elle nous donne notre quota de littérature amoureuse quand on est occupés par des livres trop sérieux. Lors des premières lectures, j'étais fascinée par l'aspect mystification littéraire, et par l'audace des métaphores érotiques dans un livre qui, somme toute, a été rédigé au XVIIème siècle, et est sensé impliquer une religieuse. (C'est fou, d'ailleurs, ce fantasme littéraire de la religieuse du XVIIème au XVIIIème, je suis à peu près certaine qu'aujourd'hui, un roman érotique impliquant une nonne ferait un bide total) (mais ça reste à prouver) A la troisième ou quatrième lecture, je suis quand même un peu lassée, par les répétitions de thèmes et l'aspect monologue, même si je reste toujours admirative de la retransmission des sentiments violents.
En tout cas, l'édition Folio est très complète, avec une préface passionnante, qui relate les étapes du dévoilement de la vérité, avec notamment des extraits de Rousseau et de Rilke. Un must-read paratexte.
Sta je s rajom na goodreadsu ?? Cemu tako lose recenzije i tolike zalbe oko toga sto ona samo place i ponavlja iste stvari ? Jarane odlucio si procitati djelo o portugalskoj redovnici koja se zaljubila u francuskog vojnika i nonstop mu salje pisma, a lik ju ghostao ??? Zena je u agoniji dajte joj predaha + djelo je doslovno jedna od prvih SKICA epistolarnog romana u XVII. stoljecu ???? 🧐🧐🧐✋🏻✋🏻
J’ai bien aimé ce roman épistolaire, dans lequel une religieuse envoie des lettres à l’homme qu’elle aime.
Ses lettres sont remplies de désespoir, de tristesse, de colère envers un homme pour qui elle n’était qu’une simple distraction, et qui l’a oubliée dès son départ. D’une certaine manière, ce livre m’a un peu rappelé "Lettre d’une inconnue" de Stefan Zweig.
"Pourquoi m'avez-vous fait connaître l'imperfection et le désagrément d'un attachement qui ne doit pas durer éternellement, et les malheurs qui suivent un amour violent, lorsqu'il n'est pas réciproque, et pourquoi une inclination aveugle et une cruelle destinée s'attachent-elles, d'ordinaire, à nous déterminer pour ceux qui seraient sensibles pour quelque autre?"
Tragédie universelle de la femme amoureuse quittée qui éprouve le besoin obsessionnel de comprendre et d'exprimer les mouvements de son âme.
Je n'ai pas tant accrocher à cette oeuvre, je trouve parfois qu'on écrit pour écrire, j'y trouve 2 ou 3 lettres sur 5 pertinentes, les autres je les trouves un peu redondantes...
Entre fiction et réalité ces cinq lettres dépeignent l’évolution de la passion après l’abandon de l’être aimé. Ces lettres sont sans réponse : non seulement l’homme aimé a quitté le Portugal pour la France, mais aussi il daigne lui répondre bien qu’elle le soupçonne de la lire.
Ainsi, la religieuse se morfond dans cet abandon, mais elle le fait non sans ironie. Ces pics clairsemés parmi ces lettres accablantes de désespoir révèlent le détachement qui s’opère entre la religieuse et son amant ; rares et légers, ils prennent de l’ampleur au fur et à mesure de lettres, notamment dans les 3e et 4e alors que la rancoeur éprouvée s’agrandît.
Mais ces lettres ne révèlent rien d’extraordinaire si ce ne sont les topoï littéraires de l’amour au 17e siècle.
C'est un livre que j'ai lu pour ma classe de Littérature Française en 17ème Siecle et en dépit du fait que je sache que je n'ai pas saisi tous les aspects du livre, je crois que c'est un livre qui doit être lu pour comprendre les conditions sociales et religieuses en Europe Continentale du 17ème siècle, ou bien le courant du roman épistolaire. Je vais, sans aucun doute, lire ce livre encore quelques fois quand je me sens que j'ai une compréhension plus profonde à ce sujet.
Celui-ci est un excellent roman pour un cours de litterature francaise. Premierement il demontre clairment toute la puissance de la forme epistolaire. Deuxiemement, it est court. Les romans epistolaires (La Nouvelle Heloise par example) ont tendance a etre longs et ne conviennent pas aux exigences d'un cours ou on a besoin de lire beacoup d'oeuvres.
J'ai adoré ces lettres passionnées d'une religieuse, le style d'écriture est magnifique et la violence de ses sentiments est incroyablement captivante. La dernière lettre était assez suprenante et définitivement ma préférée, notamment la dernière phrase.