Bernard Minier grew up in the foothills of the French Pyrenees. He had a career as a customs official before publishing his first novel, The Frozen Dead, in 2011. The novel has been translated into a dozen languages and has garnered critical acclaim as well as several literary prizes in France. Minier lives in the Essonne, south of Paris. (source www.bookbrowse.com)
Que faire quand le passé frappe à la porte ? Pour le commandant Martin Servaz, ce coup de fil venu de ses années étudiantes bouleverse tout. Marianne, son ancien amour de fac, le supplie d’innocenter son fils Hugo, principal suspect du meurtre de sa professeure de français, retrouvée ligotée dans sa baignoire. Une scène macabre, accentuée par dix-neuf poupées flottant dans la piscine voisine : le mystère est total, la tension oppressante. L’enquête conduit Servaz à Marsac et réveille ses blessures. Je dois avouer que cette entrée en matière m’a immédiatement saisie par sa puissance visuelle. Avec Le Cercle, Philippe Thirault poursuit pour les Éditions Philéas l’adaptation graphique des polars de Bernard Minier, inaugurée par Glacé. Il plonge Servaz dans une enquête haletante où passé et présent s’entremêlent, entre souvenirs brûlants et menaces toujours vivantes. L’ombre du tueur en série Julian Hirtmann, ennemi juré du commandant, plane à nouveau, rendant chaque avancée plus périlleuse. Michel Suro signe des planches puissantes et nerveuses : l’atmosphère est saisissante, entre orage, demeure isolée et silhouettes figées. Ses traits anguleux, appuyés par la palette de Cyril Saint-Blancat, installent une ambiance glacée et tendue. Les pages noires, les jeux de lumière et les couleurs froides traduisent l’angoisse sans l’alourdir : une esthétique maîtrisée au service du suspense. La BD condense l’intrigue mais renforce l’impact visuel. Tout se resserre autour de l’enquête et des tiraillements intimes de Servaz. On conserve ce mélange de tension, d’émotion et de rythme propre aux meilleures histoires policières. J’ai particulièrement apprécié la manière dont les sentiments personnels viennent troubler la rigueur de l’enquête. Dès la première planche, le lecteur est entraîné dans la noirceur d’un drame où chaque personnage porte ses secrets. Le Cercle réussit ainsi le pari de séduire les fidèles de Minier comme les amateurs de polars graphiques. Une plongée dans les abîmes du passé, à la fois intime et inquiétante, qui donne irrésistiblement envie de suivre Servaz dans la suite de ses tourments.