Elsa, quarante-cinq ans, retrouve Magda devant le lac où elle s’est avancée jusqu’à ce que la glace cède. Au risque de perdre son amie, elle lui apprendra ce qu’elle n’a jamais pu lui dire, l’entraînant au plus profond de sa rage. Suivant les méandres de ses aveux, la violence subie par trois générations de femmes affleurera à la surface. Il y a les disparues, Kiki, la mère inoubliable et défaillante d’Elsa, et Hannah, la jeune sœur de Magda, marquées par l’abandon, la guerre et la brutalité des hommes. Puis, de la Pologne jusqu’au Finistère en Bretagne, la fuite des deux amies cherchant refuge dans un amour sûr. Enfin, ce corps repêché dans les Laurentides et la honte qu’Elsa a voulu noyer dans le silence et l’oubli. Avec Les orphelines, Sophie Bienvenu nous offre un roman bouleversant sur les traumatismes de l’inceste et le pouvoir libérateur des vraies rencontres.
Sophie Bienvenu est une écrivaine franco-québécoise. Après une formation en communication visuelle à Paris, Sophie Bienvenu exerce divers métiers. C'est en 2006, lors de la parution de Lucie le chien, qu'elle décide de devenir une auteure.
Dans sa série (k), elle dépeint des jeunes évoluant sur fond d'amour, d'humour, de drame et de fantaisie.
Toujours agréable de retrouver la plume de Sophie Bienvenu.
Entre phrases qui choquent et humour grinçant, on a une histoire qui rappelle beaucoup le monologue de son autre roman « Et au pire on se mariera ». C’est d’ailleurs l’autrice qui l’a mentionné en entrevue, comme une version adulte de son premier roman.
C’est un roman qui se lit rapidement, avec des hommes qui n’ont pas de nom, mais qui sont des rôles. Les femmes prennent la place de cette histoire.
Après ma relecture je pense avoir ciblé l’élément qui me titillait la première fois.
C’est un dialogue où l’on a uniquement le discours d’Elsa. C’est donc un peu étrange lorsqu’il y a des interactions avec Magda dont on n’a pas accès. Elsa raconte aussi parfois des moments de la vie de Magda et ça se passe au « tu ». C’est moins efficace que lorsqu’elle raconte son histoire.
j'aime sincèrement d'amour les œuvres de sophie bienvenu. elle a écrit deux livres qui sont pour moi d'immenses coups de coeur.
cela étant dit, j'ai tenté trois fois de lire ce livre, j'ai fait pause, j'ai lu autre chose et j'y suis revenue. je me suis donnée le kick pour le lire et j'ai eu beaucoup de misère à le terminer. j'ai eu du mal avec la narration, je n'ai pas compris grand chose (à savoir, je ne lis que rarement les quatrième de couverture pour ne pas me divulgâcher quoi que ce soi et c'est de là que provient mon manque de compréhension initial). je me suis sentie interpellée lors de moments tragiques en fin d'ouvrage. c'est peut-être juste moi, c'est terrible, mais c'est ça.
je reste très sensible aux contenus hypersensibles et encore plus à la note en fin d'ouvrage et à la mention d'une personne concernée.
Quel bonheur de retrouver Sophie Bienvenu. J’avais un peu moins accroché à son dernier roman, mais celui-ci me rappelle pourquoi c’est l’une de mes autrices favorites.
Personnages féminins forts et nuancés, enfances traumatiques, déracinements et réinventions, tout ça livré dans un monologue rythmé et puissant, c’est un grand oui ! 🧡
5 ⭐️ | « Je me suis laissée tomber quelque part entre sa chambre et la chambre voisine, et je crois même que je hurlais. Incroyable, moi qui rejette les émotions fortes avec une habileté déconcertante, je m’effondrais, là, sur le carrelage aseptisé de l’hôpital. C’était une éruption. Le basalte qui se fissurait, d’abord, les plaques se désolidarisant, abandonnant ce qu’elles avaient été. Les cicatrices se rouvraient, béantes, faisant place à un océan de lave fumante et inarrêtable qui anéantirait tout sur son passage, villes et vies, et se calmerait sur un paysage désolé qu’un éventuel survivant ne reconnaîtrait pas ».
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je ne pense pas pouvoir un jour être déçue d’un roman de Sophie Bienvenu. jamais.
j’ai attendu la sortie de ce livre depuis son annonce, presque pleuré en réalisant qu’il sortait le jour de ma fête, puis repoussé mon achat jusqu’au salon du livre de Montréal, où j’ai eu la chance de discuter avec l’autrice. et de faire dédicacer toute ma collection. bref, j’ai ensuite repoussé la lecture de ce livre de deux mois, en attendant “le bon moment”, mais c’est toujours le bon moment. j’aurais du le lire direct. il faut arrêter de repousser ses petits bonheurs pour les vivre plus tard. alors, apprenez de mes erreurs et lisez ce livre immédiatement. merci.
2,5 - Une histoire choquante et intrigante jusqu’à la toute fin. Je dois avouer que j’étais parfois perdue à travers les détours de la conversation, mais c’est toujours un plaisir de plonger dans l’univers de cette auteure.
Je suis assez déçue, car d’habitude, j’adore tout ce que je fais Sophie Bienvenu. Cependant, cette fois-ci, je n’ai pas été charmé. En fait, j’ai apprécié l’histoire, mais la narration m’a quand même dérangée. Elsa raconte parfois des moments de la vie de Magda durant leur discussion (qui est plutôt un monologue car on ne voit pas ce qu’Elsa répond) et pour moi, ça ne fait pas de sens.
Ouf, moi qui est fan finie de cette auteure, j’ai vraiment été déçue par ce roman…j’ai passé toute la première moitié à vouloir abandonner ma lecture car j’étais tout simplement confuse
Après vers le dernier quart, l’histoire commence à toucher aux cordes sensibles à la Sophie Bienvenue…au moins
Sophie Bienvenu a une manière d’écrire si incisive. Ça te dissèque avant de nettoyer la plaie (qui fait un mal de chien) et de te laisser à vif, en voie de guérison.
‘’ J'avais pas le mode d'emploi pour être une bonne fille, alors j'ai échoué. J'avais pas le mode d'emploi pour être une bonne épouse, alors j'ai échoué. J'avais pas le mode d'emploi pou vivre, alors... Mais c'est pas juste moi. Personne ne naît avec les instructions.’’
Ce n’est pas un secret, j’adore Sophie Bienvenu. Depuis que j’ai lu pour la première fois Et au pire on se mariera (que depuis j’ai suffisamment lu pour connaitre par cœur) je suis tombé en amour avec sa plume et depuis ma version d’Autour d’elle est tout corné. Alors mon opinion est biaisée, j’avais lu que la première page et déjà j’adorais. Je ne pense pas que ce soit son meilleur, mais ça reste tout de même un très bon livre. Et je suis persuadé que Bienvenu ne peut rien faire de mauvais.
La prose de Bienvenu est toujours aussi fluide et agréable à lire. Bien que ces phrases soient simples et souvent courtes, elle arrive à leur donner de l’impacte et à captivé notre attention par un jeu de mot habile avec le langage et ne facilité à faire fluctuer les phrases et a enchainé les répétitions volontaires. On rentre rapidement dans la tête d’Elsa, on connecte avec elle, avec sa détresse, sa tempête, mais on arrive aussi, à travers ses mots, à connecter avec Magda qui n’intervient que par le silence. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la place qu’elle prend dans son absence, les dialogue d’Elsa et Magda qu’on suit alors qu’on n’a jamais accès aux réponses de Magda, qu’elle soit uniquement représentée par des points de suspensions.
On va naviguer dans le livre entre les phrases marquantes, choquantes, touchantes et drôles, on va suivre le monologue d’Elsa à son amie où elle va parcourir sa vie, son enfance et sa tristesse, tout en faisant le parallèle avec la vie de Magda aussi nous donnant accès à celle-ci également malgré sa passivité. J’ai eu un peu l’impression de lire une version adulte de Et au pire on se mariera, comme si Aisha avait vieillit dans la peau d’Elsa et je pense que c’est pour cela que j’ai autant aimé. Bien que j’eusse un peu vu la fin venir, je l’ai tout de même trouvé très efficace et touchante et je ne lisais pas ce livre dans le but d’être surprise, ce n’est pas un thriller duquel j’espère un punch surprenant, c’est un drame et j’espérais être touché et me sentir interpeller par les personnages ce qui fut le cas.
C’est un roman plutôt court qui se lit très rapidement et facilement, son texte est fluide et percutant. J’ai beaucoup aimé que tous les hommes du texte soient pratiquement effacés, perdant leur nom et gardant comme surnom uniquement leur fonction, leur utilité. Le Sperme pour son père, l’Époux, Le Comédien… Pendant ce temps-là, les personnages féminins gardaient leur identité, leurs noms et leur intégralité. Les femmes prennent toute la place dans l’histoires, elles donnent la voix, le ton et le rythme à la lecture. Cela à donner une touche féministe bienvenu que j’ai adoré tout en donnant une touche unique au livre et une originalité stylistique.
Il y a peut-être qu’un élément qui m’a titillé, c’est les passages où Elsa racontait la vie de Magda à la deuxième personne. Comme elle est censé s’adressé à celle-ci, j’ai trouvé ça quelque peu étrange qu’elle lui raconte sa propre vie pendant que Magda est sagement assise, mais je comprends aussi que pour nous lecteur on voulait connaitre le deuxième personnage. J’aurai cependant aimé que ça soit introduit différemment, de manière plus naturelle et fluide. Mais comme il y avait peu de moment du genre, ce ne fut pas trop dérangeant.
Bref, ce fut un roman agréable à lire et j’ai déjà hâte à la prochaine sortie de Bienvenu. Je le recommande, lui ainsi que tout ces autres!
J’ai lu "Les orphelines" d’une traite, comme à mon habitude avec les livres de Sophie Bienvenu. Ce roman confirme ce que les lecteurs de cette autrice savent déjà : elle excelle dans l'art du monologue rythmé, porté par une langue crue et pleine de vie. Ici, c'est Elsa qui prend la parole, une femme dans la quarantaine qui se confie à Magda, son amie de longue date. Toutes deux partagent un passé d'enfance difficile. Elsa a grandi largement livrée à elle-même, entre Kiki, sa mère instable qu'elle chérit malgré tout et un père si peu présent qu'elle lui attribue le surnom « le Sperme ». Le résultat est bouleversant, touché d'humour noir et de tragique à la fois, une signature qu'on retrouve souvent chez Sophie Bienvenu, qui investit une part d'elle-même dans chacun de ses personnages. D'ailleurs, "Les orphelines" a été écrit suite à la disparition subite de sa meilleure amie, disparition qui lui a inspiré l'écriture de ce roman.
Elsa se raconte dans le désordre à Magda, et raconte aussi l’existence de Magda sans chronologie constante. Je me suis laissée prendre assez vite par la lecture, mais j’ai longuement spéculé sur le motif derrière le nom du personnage le Sperme.
J’ai pas trippé sur le fait qu’Elsa raconte la vie de Magda au « tu » à Magda elle-même comme si elle avait été là. J’aurais choisi un autre type de narrateur pour ces passages. C’était quand même un bon roman, les secrets qu’elle révèle sont poignants.
Comme d’habitude la plume de Sophie bienvenu est exceptionnelle. Elle traite de gros sujet (pas une lecture très légère) d’un point de vue souvent plus tordu que la réalité. On comprends les sous entendu et les malaises au fils de l’histoire. J’aime bien aussi ce type de format d’histoire où l’on est au centre d’une discussion. Encore une fois j’ai adoré son œuvre!
De cette autrice, j’avais adoré le roman Chercher Sam lu il y a peut-être une dizaine d’années. Cette fois-ci, je n’ai pas été aussi touché par ma lecture. Un roman où il est question d’une enfance brisée, de liens familiaux qui entremêlent la violence et l’amour, de la survie et de la difficulté à faire face à la vie qui en résulte. J’ai refermé ce livre en me disant que certains personnes méritaient un bien meilleur sort et que plusieurs vivaient malheureusement de drames en drames.