Un criminel est-il une célébrité comme les autres ?
Avril 2016. Plus de quatre millions de Français assistent à la diffusion en direct de l’émission culinaire La Surprise du chef . Ils y découvrent, horrifiés, que le jeune chef étoilé Karl Angus propose de la viande humaine dans son restaurant. Arrêté le soir même, il parvient à s’échapper lors de son transfert au tribunal. Là encore sous l'œil des caméras.
Les capitaines William Toulouze et Rachel Kuklinski doivent rapidement le retrouver s’ils ne veulent pas que la police de Fontainebleau devienne la risée des médias. Mais quand Rita Chandler, la présentatrice de l’émission, disparaît, l’affaire prend une nouvelle tournure.
Karl Angus n’a pas dit son dernier mot. Et il compte bien revenir sur le devant de la scène pour partager avec le plus grand nombre ses recettes de cuisine…
Un roman original, dérangeant et assez jouissif qui se dévore (jeu de mot voulu)...
Dans Omnivore, on démarre aux côtés de Rita, une journaliste qui a une idée de génie : créer une émission en direct où elle filme les cuisines des restaurants, sans jamais prévenir les chefs. C'est un succès retentissant, les émission s'enchaînent et puis, c'est le Drame. Un restaurant de Fontainebleau bien sous tout rapport qui cache un chef cuisinant... des corps humains. Eh oui. En plein direct, la France entière découvre que ce fameux restaurant où la viande est si bonne sert de la viande humaine. Délicieux, n'est-ce pas ? C'est évidemment le début d'une enquête menée par deux capitaines de police attachants : Rachel qui fait de l'administratif depuis qu'elle a failli mourir sur le terrain et Toulouze, un homme (un peu trop) respectueux de la loi.
Tout au long du roman, nous alternons différentes formes : le journal de Rachel, les notes de Rita, le point de vue de Toulouze, des articles de presse ou des commentaires Youtube... Cela rend la lecture très dynamique, ça ne s'essouffle pas et on plonge dans cette intrigue qui fascine autant qu'elle révulse. Le cannibalisme est peut-être un des tabous les plus difficiles à mettre en scène, mais l'auteur s'en sort vraiment bien, l'utilisant comme critique d'une société capitaliste et voyeuriste. D'une société où le mal hypnotise, où un chef cannibale peut avoir des fans et où les gens de pouvoir n'ont plus aucune limite. Décapant, c'est le moins que l'on puisse dire !
J'ai aimé également lire ce sujet sous la forme d'un roman noir/polar, car ça pourrait être de la dystopie (comme Cadavre exquis), mais il y a dans l'intrigue quelque chose qui fait que ça pourrait surtout être très plausible... Enfin, je termine par un point essentiel que je n'ai pas abordé : c'est TRES drôle.
Dès les premières pages, on comprend qu’on va plonger dans quelque chose d’inconfortable, d’extrême, mais aussi d’étonnamment réfléchi. Le roman s’ouvre sur une scène choc : un chef cuisinier renommé, adulé par le grand public, révèle à la télévision qu’il sert de la viande humaine dans son restaurant. Et à partir de ce moment-là, impossible de décrocher. Mais Omnivore n’est pas qu’une histoire de cannibalisme. C’est un miroir tendu à notre époque : celle où tout se montre, tout se filme, tout se commente. Olivier Bocquet questionne avec une précision redoutable cette société qui transforme chaque horreur en spectacle et chaque scandale en buzz. Entre critique sociale, thriller haletant et roman d’horreur psychologique, Omnivore se dévore comme un repas interdit : à la fois délicieux et terriblement perturbant.
Olivier Bocquet, avant d’être romancier, est scénariste de bandes dessinées. Et ça se sent. Sa plume a quelque chose de visuel, de cinématographique : chaque scène est construite avec une maîtrise du rythme et du découpage impressionnante. Les dialogues claquent, les descriptions sont ciselées, les émotions parfaitement dosées. On sent qu’il a l’habitude de “monter” ses histoires comme on monte un film. Sa manière d’écrire est fluide, tendue, efficace. Il n’en fait jamais trop, ne s’égare pas dans les digressions. Mais attention : simplicité ne veut pas dire froideur. Il y a dans son écriture une ironie subtile, un regard lucide sur le monde moderne, et parfois même une forme d’humour noir qui rend le tout encore plus percutant. Ce style presque journalistique direct, précis, nerveux, rend l’horreur encore plus crédible. Il n’essaie pas de choquer pour choquer, mais pour faire réfléchir. C’est ce qui rend le roman aussi dérangeant : l’auteur ne montre pas seulement le monstre, il montre le système qui l’a fabriqué.
L’univers du roman est d’une réalité troublante. On est en 2016, en France, dans un monde qui ressemble terriblement au nôtre. Tout est médiatisé, chaque émotion devient un contenu, chaque drame une opportunité d’audience. L’émission “La Surprise du chef” n’est qu’une caricature à peine exagérée de nos shows culinaires actuels, où le culte de la personnalité et le sensationnalisme priment sur la cuisine elle-même. Ce qui rend le livre si fort, c’est que l’auteur ne bascule jamais complètement dans le fantastique ou la fiction totale. Il garde un ancrage réaliste qui rend tout crédible. On croit à cette émission, à ces journalistes, à ce chef, à cette police dépassée. Et petit à petit, le roman transforme ce décor banal en terrain d’horreur. Les caméras deviennent des armes, les réseaux sociaux des juges, et la cuisine un espace de mise en scène macabre. On assiste à une véritable déshumanisation, pas seulement à travers Karl Angus, mais à travers tout un système où le spectaculaire efface la morale. Cet univers crée une atmosphère d’oppression constante. On sent la tension monter à chaque chapitre, comme une cocotte-minute sur le point d’exploser. L’auteur nous enferme dans une spirale médiatique où la frontière entre réalité et performance s’efface complètement. C’est glaçant, mais terriblement pertinent.
Tout commence donc par ce direct télévisé, vision cauchemardesque où Karl Angus, chef étoilé adulé, révèle que la viande servie dans son restaurant est… humaine. Ce scandale secoue tout le pays. Il est arrêté, mais parvient à s’évader, sous l’œil des caméras, encore une fois. À partir de là, c’est une course contre la montre : les capitaines William Toulouze et Rachel Kuklinski doivent le retrouver avant qu’il ne frappe à nouveau. Mais Olivier Bocquet ne se contente pas de construire une simple chasse à l’homme. Ce serait trop facile. L’auteur entre dans les esprits, explore les motivations, les obsessions, les pulsions. Karl Angus n’est pas un tueur au hasard : c’est un homme persuadé d’avoir un message à faire passer. Il considère son acte comme un art, une provocation, une œuvre totale. Il veut réveiller les consciences, choquer le monde, et surtout… être regardé. Et c’est là que le roman devient vertigineux : parce qu’il montre que Karl Angus n’est pas seul responsable. Il agit dans une société qui l’a façonné, qui a applaudi son audace, qui s’est repue de ses dérapages. Il tisse une réflexion sur la fascination du public pour le morbide, sur notre besoin collectif de se repaître de l’horreur… à condition qu’elle reste à l’écran. L’intrigue alterne entre enquête policière, flashs médiatiques et passages plus intimes, créant un rythme dynamique et addictif. Le lecteur se retrouve pris entre dégoût, curiosité et fascination, exactement comme les téléspectateurs de l’émission. Et la fin, sans en dire trop, boucle le récit avec une ironie amère et une justesse saisissante.
Le grand atout du roman, c’est la richesse psychologique de ses personnages. Karl Angus, bien sûr, domine tout. C’est un personnage magnétique, inquiétant, charismatique. On le déteste, mais on veut comprendre comment il en est arrivé là. Il n’est pas juste un tueur : il est un reflet déformé de notre époque. Derrière ses actes monstrueux, on perçoit une forme de désespoir, de frustration, presque de quête d’absolu. L’auteur ne l’excuse jamais, mais il le rend crédible, complexe, dérangeant. Face à lui, William Toulouze et Rachel Kuklinski apportent un contraste saisissant. William est méthodique, un peu désabusé, mais profondément humain. Rachel, elle, est plus impulsive, plus instinctive, parfois fragile, mais toujours déterminée. Elle m’a bien fait rire par moments d’ailleurs. Leur duo fonctionne à merveille, plein de tension et d’équilibre. On sent qu’ils se battent non seulement contre un criminel, mais aussi contre la pression médiatique, la peur du ridicule, la déformation de leur travail par les caméras. Et puis, il y a Rita Chandler, la présentatrice vedette. C’est à travers elle que le roman explore le cynisme du monde télévisuel. Elle incarne cette machine à image qui transforme la douleur en audience. Son évolution dans l’histoire est particulièrement marquante et son sort, bouleversant. Elle représente le prix à payer quand on vit pour le regard des autres. Chaque personnage, même secondaire, est travaillé avec soin. Olivier Bocquet ne tombe jamais dans la caricature : il leur donne à tous une part d’ombre, une part de vérité.
Omnivore est plus qu’un thriller : c’est une autopsie sociale, une fable moderne sur la faim insatiable du public pour le scandale et la violence. Olivier Bocquet signe un roman d’une intelligence rare, qui interroge sans jamais moraliser, qui effraie sans jamais tomber dans le gore gratuit. Il nous pousse à réfléchir sur ce qu’on regarde, sur ce qu’on consomme, pas seulement dans nos assiettes, mais aussi dans nos écrans. On en ressort secoué, mal à l’aise, mais aussi admiratif. Parce que malgré la noirceur du propos, Omnivore reste une œuvre d’une grande maîtrise, portée par une plume tranchante et un propos profondément humain. C’est un roman qui griffe, qui blesse, mais qui reste longtemps en tête. Si vous aimez les thrillers intelligents, les récits qui vont au-delà de la simple enquête pour explorer les dérives de notre monde moderne, alors c’est une lecture à ne pas manquer. Vous n’ouvrirez plus jamais un plateau télé ou un menu gastronomique du même œil.
Voici un polar ultra rythmé qui se situe à Fontainebleau (ville assez proche de mon lieu de travail). Une présentatrice de télé réalité, dont l'émission consiste à visiter en direct, les cuisines des restaurants, découvre avec dégoût et effarement la cuisine d'un restau étoilé bellifontain, et pour cause, la viande préparé et servie est de la viande humaine. S'ensuit une chasse à l'homme pour arrêter le chef, lui-même cannibale, mais tout n'est pas si simple pour lui mettre la main dessus. L'équipe qui est sur l'affaire coupe courts aux clichés de la police qu'on croise trop souvent dans les romans policiers, surtout les 2 enquêteurs principaux qui sortent assez de l'ordinaire (je vous laisse les découvrir). Nus avons d'ailleurs plusieurs points de vue et plusieurs types de narration, ce qui dynamise encore plus l'intrigue au rythme déjà soutenu. On y trouve aussi une bonne dose d'humour (grâce aux personnages et à leurs répliques) ainsi qu'un peu de gore, forcément, puisque ça parle de cannibalisme... Ce roman est aussi un questionnement satirique sur la perversité humaine : il explore « l'âme » humaine si particulière et si complexe du XXIe siècle...
Lu avec plaisir ce thriller noir : une documentariste filme en direct pour une chaîne de télé grand public, dans les cuisines d'un restaurant étoilé de Fontainebleau (ville chère à l'auteur), une scène de cannibalisme en cuisine. Le cuisinier, découvert et arrêté, échappe à la police en prenant des otages. L'enquête est menée tambour battant par deux équipes de police concurrentes, dont une composée d'une femme enceinte, d'un flic boiteux qui s'est cassé la cheville, d'un débutant acnéique, tous trois dirigés par une commissaire sur la touche, proche de la retraite. Au fil de la narration parsemée de remarques hilarantes, et de quelques analogies entre viandes d'animaux anthropologiquement et culturellement considérées comme consommables, et viande humaine, donc cannibalisme qui frappent d'horreur, on finit par se demander si ce roman n'est pas crypto-végétarien ! L'auteur, dans les remerciements à la fin de l'ouvrage, révèle avoir écrit le scénario d'un court-métrage intitulé 'Le foie gras de connard'. Si ce n'est pas un indice, ça... ! Très divertissant sans se prendre au sérieux.
Je commence l’année avec un coup de cœur ! ❤️🔥 Ce livre est captivant, aussi bien par son sujet que par sa narration. L’écriture est incroyablement dynamique : on ne s’ennuie pas une seule seconde. Les pages s’enchaînent si vite qu’on ne voit plus le temps passer et qu’il est impossible de décrocher. Pour moi, c’est la recette d’un livre réussi.
Mention spéciale pour le personnage de Rachel, qui casse les codes du personnage féminin par son franc-parler et son caractère bien trempé. Foncez !
Gros coup de coeur de mon côté ! je ne savais pas trop a quoi m'attendre et je n'ai pas été déçue! c'est original mais tellement réel et possible à la fois... puis vraiment la manière d'écrire, les points de vues différents... ça rend la lecture très dynamique et perso je l'ai dévoré 🤭 même si je suis restée un peu sur ma faim... 😂
Je viens juste de terminer ce livre. J’ai beaucoup aimé! J’ai trouvé ce livre dans une vente de livres usagés, choisi tout à fait au hasard et contre toute attente, après moins de 10 pages j’étais accro! Mais attention, il faut avoir le cœur bien solide, certains passages sont difficiles. J’ai apprécié l’aspect psychologique/déontologique que ça soulève.
Roman captivant jusqu'au bout. Mais il y avait quelques détails bizarres et (pourquoi l'histoire du slip?? peut-être métafophor pour l'impuissance de Toulouze, alors c'est un peu trop.. littéral??). Et quelques fils qui sont jamais résolus. Au total c'était beaucoup de fun quand même
Excellent ! J'ai adoré l'intrigue, les débats moraux, mais surtout la touche d'humour! J'ai ri fort a certaines analogies et me suis attachée aux différents personnages!
Prenez de la chair fraîche humaine, appelez un cuisinier fou, émincez quelques oignons, ajoutez un soupçon d’humour noir, et vous obtiendrez un polar hyper original et addictif !