À cette voix qui témoigne « Tous les silences ne font pas le même bruit », je veux dire que le cœur d’un homme renferme bien des douleurs et des secrets.
Cher Baptiste, tu permettras que je te tutoie, car régulièrement, tu entres dans nos vies par la grande porte des réseaux en livrant les injustices constatées au quotidien, et les histoires des âmes qui souffrent. Sous ta blouse de médecin généraliste, tu constates tous les jours ce que l’homme fait de pire et meilleur. Nous, « tes frangines » sommes si reconnaissantes de t’avoir à nos côtés dans cette lutte permanente de la charge mentale, des agressions, des blessures et des orages qui tonnent dans nos existences. Pour nous aussi, « Tous les silences ne font pas le même bruit » et tu es désormais notre voix.
À cette voix qui clame, « Tous les silences ne font pas le même bruit », je veux mettre la lumière sur cette plume courageuse, décidée à ne plus se taire, qui saisit l’âme et l’esprit. Tu ouvres une brèche dans le mur des ignorances et des préjugés, révélant ce que tant de voix n’osent pas dire et tu nous fais le cadeau de l’amour sous toutes ses formes. Grâce à tes mots, tu nous forces à affronter des réalités invisibles, celles que la société choisit d’ignorer. Tu nous rappelles à quel point nous sommes responsables, individuellement et collectivement, de la souffrance des autres.
À la lecture de « Tous les silences ne font pas le même bruit », j’ai été saisie par la manière dont tu parviens à capturer l’essence des silences, ces moments où les mots restent coincés dans la gorge, incapables de franchir la barrière du non-dit. Ton écriture est à la fois sensible et authentique, un miroir tendu vers ton passé, mais aussi vers chacun de nous, lecteurs, qui avons, d’une manière ou d’une autre, ressenti ces silences pesants.
En te lisant, j’ai eu la sensation d’avoir une conversation intime, une forme de dialogue entre toi et moi, entre cet enfant que tu étais et celle que j’étais, cherchant chacun des réponses à des questions enfouies dans les recoins de nos mémoires. Chaque souvenir résonne comme un écho, celui des silences que tu explores, des silences qui, pour toi, ont résonné plus fort que les mots eux-mêmes, et qui m’ont placée, moi, face aux incompréhensions de notre monde.
Dans ton livre, tu nous éclaires, tu nous forces à regarder au creux de nous-mêmes, tu nous obliges à analyser nos actes et nos réactions, tu nous soumets à la réflexion. « Tous les silences ne font pas le même bruit », manifeste contre l’homophobie, ambitionne d’éclairer les consciences. J’ai été, moi aussi, cette petite fille en pyjama à rire devant le film du dimanche soir, j’ai été cette collégienne à affirmer en meute « on n’est quand même pas des lopettes » sans jamais vraiment comprendre la portée d’une telle phrase.
Ton regard s’attarde sur les violences invisibles, ces micro-agressions qui hantent le quotidien des personnes LGBTQ+. Tu exposes cette douleur qui finit par se normaliser, par devenir un arrière-plan constant. Tu racontes l’homophobie ordinaire, celle qui réside dans les regards de travers, dans les gestes anodins qu’on refuse aux homosexuels, et dans les silences complices qui légitiment ces discriminations. À travers tes exemples de lesbiennes privées de soins médicaux adaptés, ou de ces hommes aimants qui doivent cacher leur amour pour échapper à la réprobation sociale, tu dénonces une société encore largement régie par l’hétéronormativité. Ce qui paraît simple pour un couple hétérosexuel – se tenir la main, s’embrasser, parler de son conjoint – devient un acte de bravoure pour un couple homosexuel.
« Quand tu es gay, lesbienne, bisexuel ou trans, tu évolues dans une dystopie permanente. » Une DYSTOPIE PERMANENTE… une société imaginaire « dont les dirigeants peuvent exercer un pouvoir généralement sans contraintes sur des citoyens qui ne peuvent pas atteindre le bonheur. » Tu ajoutes : « Tu as plusieurs fois employé le mot “étrange”, et tu ignores comment faire toucher du doigt aux lecteurs hétérosexuels cette dystopie dans laquelle tu vis, ce pays qu’on appelle “l’existence” où ton homosexualité ne compte pas pour toi, mais est un crachat dans l’oeil des autres. » Je me souviens de ton post durant la cérémonie d’ouverture des JO où tu disais en substance « Ça a l’air bien ce pays de tolérance, c’est où ? »
Dans « Tous les silences ne font pas le même bruit », tu décryptes les « privilèges ». Le privilège hétérosexuel n’est jamais évoqué de front dans les conversations, mais tu le mets en lumière avec force. Tu nous rappelles que ce privilège réside dans l’insouciance : l’insouciance de ne pas devoir justifier ses gestes d’amour, de ne pas avoir à cacher qui l’on est, de ne pas craindre de se montrer vulnérable. Pour les couples hétérosexuels, l’amour est un droit inaliénable, une évidence que personne ne questionne. Mais pour les couples homosexuels, aimer devient une revendication, un acte potentiellement subversif. Il suffit de marcher main dans la main avec son conjoint, et soudain, tout devient politique. L’amour devient un champ de bataille, et cela, tu le dénonces avec force. Tu rappelles que l’hétéronormativité n’est pas seulement une norme sociale : c’est une arme silencieuse qui blesse chaque jour les personnes LGBTQ+.
Récemment, tu es devenu papa. Et avec ce rôle de père, tu te dois d’ouvrir le débat sur la parentalité, là encore pour éveiller les consciences. En France, malgré des avancées légales, les familles homoparentales continuent d’être perçues comme « moins naturelles », moins légitimes que les familles hétérosexuelles. Tu remets en question cette hiérarchie arbitraire qui valorise un modèle unique de famille et tu défends avec passion l’idée que l’amour, la stabilité et le soin d’un enfant ne dépendent pas du genre des parents.
« L’homme que tu es aujourd’hui serait bien en peine de définir ce qu’est l’homophobie. Et pour une bonne raison. C’est que tu serais bien en peine de définir l’homosexualité, et, plus exactement, ton homosexualité. Tu ne te sens pas homosexuel. Tu te lèves le matin, tu vas au travail, tu aimes, tu désires, parfois tu t’engueules avec la personne qui partage ta vie, vous vous déchirez, vous vous réconciliez, mais à aucun moment de cette vie-là tu ne te sens intrinsèquement homosexuel. Tu es quelqu’un qui aime quelqu’un, l’homosexualité ne définit pas ton existence. Elle est une chose politique que tes yeux voient 99 % du temps comme un non-événement qui naviguerait en périphérie de ton quotidien. Ton homosexualité n’existe pas pour toi. Elle n’est rien pour toi. »
Ta plume dénonce avec clarté l’effacement des minorités dans les récits culturels. Tu nous rappelles à quel point la représentation est essentielle pour ceux qui grandissent dans un monde qui les exclut. Les séries, les films, les livres que tu cites sont des miroirs déformants où les personnes LGBTQ+ sont soit absentes, soit présentées sous des traits caricaturaux ou négatifs. Tu décryptes ces récits où les héros hétérosexuels sont omniprésents, où les gestes d’amour entre hommes et femmes sont montrés sans questionnement, mais où les personnages homosexuels restent en marge, relégués à des rôles secondaires ou grotesques. En nous montrant combien cette absence de représentation est douloureuse, tu nous appelles à repenser nos récits collectifs pour qu’ils incluent enfin tous les amours. « Tous les silences ne font pas le même bruit » est aussi un hommage aux enfants qui grandissent dans une société qui ne leur offre aucun modèle de vie qui leur ressemble.
Tu expliques avec une sensibilité rare à quel point grandir LGBTQ+ revient à composer en permanence avec la honte, la dissimulation, et parfois l’autonégation. Tu nous fais comprendre que l’homosexualité ne devrait pas définir une personne plus que l’hétérosexualité ne définit un hétérosexuel. Pourtant, la société transforme ce qui devrait être un non-événement en une affaire politique et identitaire. Les homosexuels sont contraints de justifier leur existence, de se positionner dans un cadre qui n’a pas été conçu pour eux. Tu dénonces cette réduction de l’individualité à une orientation sexuelle, et tu défends avec conviction l’idée que chaque personne est bien plus que cela.
Dans ton manifeste, tu fais preuve d’une profonde empathie envers les femmes et leur condition. Tu décodes la charge mentale qu’elles portent, ce poids invisible qui s’accumule dans leurs esprits et leurs corps à travers la gestion des tâches quotidiennes, des émotions familiales, et des responsabilités sociales. Ta plume, ici, devient une voix féministe qui appelle à la reconnaissance des injustices faites aux femmes, en particulier aux mères lesbiennes, qui doivent jongler avec la parentalité, les préjugés et la double discrimination liée à leur orientation sexuelle et à leur genre. Tu relis leur combat à celui des personnes LGBTQ+, insistant sur la nécessité d’une solidarité intersectionnelle pour parvenir à une égalité réelle.
Ton regard de médecin est précieux. Tu es témoin des discriminations que subissent les personnes LGBTQ+ dans le système de santé. Ces hommes et ces femmes, notamment les personnes trans, qui hésitent à consulter par peur d’être jugés ou moqués. Tu expliques avec clarté comment la méconnaissance des professionnels de santé, couplée à leurs préjugés, peut conduire à des erreurs médicales graves. Tu fais état de ces femmes lesbiennes à qui l’on refuse systématiquement des frottis parce qu’on suppose qu’elles n’en ont pas besoin, de ces hommes trans qui ne reçoivent pas les soins qu’ils méritent. Et tu appelles de tes vœux une meilleure formation des médecins et des professionnels de santé pour que la dignité de chacun soit respectée. Dans le domaine médical aussi, « Tous les silences ne font pas le même bruit »…
Tu nous encourages à ne pas baisser la garde. Si des victoires importantes ont été remportées, comme le mariage pour tous ou la légalisation de la PMA pour les couples de femmes, tu nous rappelles que le combat contre l’homophobie, les discriminations, et les inégalités n’est pas fini. Tu soulignes que des mentalités archaïques continuent de prospérer et que les discours homophobes, racistes, ou sexistes se banalisent dans certaines sphères. À travers « Tous les silences ne font pas le même bruit », tu montres qu’il ne s’agit pas seulement d’une bataille législative, mais d’un combat pour transformer les cœurs et les esprits.
Baptiste, tu ne te contentes pas de dénoncer les injustices. Tu proposes une voie vers la réconciliation. Tu insistes sur l’importance du pardon, non seulement pour ceux qui ont souffert de l’homophobie, mais aussi pour ceux qui, souvent inconsciemment, l’ont perpétuée. Le pardon est une étape nécessaire à la guérison, mais il n’est jamais facile. Tu montres que pour avancer, il faut que les deux parties reconnaissent la souffrance de l’autre, qu’elles fassent un pas vers la compréhension mutuelle. Tu crois en la capacité des êtres humains à changer, à se pardonner, à guérir ensemble.
Dans « Tous les silences ne font pas le même bruit », l’amour est omniprésent. Il s’étend bien au-delà des frontières de l’orientation sexuelle ou du genre. C’est un amour universel, celui que tu défends avec passion et conviction. Tu nous rappelles que l’amour est la force la plus puissante pour transformer le monde. Ton appel à l’amour résonne comme une invitation à embrasser la différence, à chérir chaque relation humaine dans toute sa diversité. Tu nous fais comprendre que l’amour, sous toutes ses formes, mérite d’être respecté, protégé et célébré. L’amour peut être fragile, il est souvent mis à l’épreuve, mais il est aussi résilient. Par tes mots, tu offres une vision du monde où chacun peut aimer librement, sans peur ni honte. Ce que tu nous donnes, c’est un espoir : celui d’une société où l’amour ne sera plus jamais un acte de résistance, mais simplement une expression de la plus belle humanité.
« Tous les silences ne font pas le même bruit » est une lumière qui nous guide à travers l’obscurité des préjugés et des discriminations. Tu prouves que les silences, même ceux qui paraissent insignifiants, font du bruit. Tu nous encourages à les écouter, à les comprendre, et à agir. Grâce à toi, nous prenons conscience de la violence invisible qui existe autour de nous, mais aussi de notre pouvoir à changer les choses. Tu nous appelles à un effort collectif, à un engagement pour une société plus juste, plus humaine.
Merci pour ton courage, ta tendresse, et tes convictions. Merci d’éclairer nos consciences et de nous rappeler que la lutte pour l’égalité, la dignité, et l’amour est un chemin que nous devons tous emprunter. Tu nous encourages à devenir meilleurs, à être plus attentifs, à écouter ces silences qui, sous ta plume, se transforment en un cri d’humanité. « On a deux yeux pour voir », il serait grand temps de les ouvrir, car « Tous les gens sont beaux ».