En tant que Québécoise née en Roumanie, je me suis retrouvée émue du début à la fin, comme si l’histoire m’était racontée par mes propres parents. Ma mère et mon père ont d’ailleurs très hâte de lire 1989z
Étant issue de la diaspora roumaine avec mes parents qui ont immigré au Canada au début des années 1990, j’ai passé l’ensemble de ma vie à entendre leurs anecdotes et autres histoires sur le régime Ceaușescu. Mais à aucun moment je ne dirai non à d’autres traces de ce qui correspond à notre passé commun, alors avec ce livre, j’étais plus que partante pour en voir d’autres.
Au sein de ce livre autobiographique, l’auteur nous emmène dans les derniers mois du régime et dans les premiers mois une fois celui-ci terminé. Depuis Iași, il nous emmène avec lui au sein de cette période pleine de changements.
Je commence par soulever l’importance d’un ouvrage de ce genre, notamment pour la préservation de la mémoire collective, mais surtout pour permettre aux personnes qui ne connaissent rien de ces années d’avoir une idée de ce qui se tramait réellement en Roumanie jusqu’à la fameuse exécution des Ceaușescu. Ce livre est court, se lit facilement et comporte de nombreuses facettes entre les perceptions de l’époque et les faits plus avérés, notamment les textes tirés d’archives.
En ce qui me concerne, pour ma part, je dois avouer que ma lecture ne m’a pas particulièrement impacté d’une part parce que ce que raconte l’auteur correspond en tous points à ce que mes parents ont un jour pu me témoigner (avec quelques nuances près puisque les miens n’ont pas grandi dans la même ville), mais aussi parce qu’avec cet aspect, il m’a manqué quelque chose de crucial : les sentiments. À quelques reprises par exemple, quand le jeune Bogdan soulève le ridicule derrière certaines actions, il s’insurge avec un « tout le monde le sait, mais personne ne fait rien »… sans plus. J’aurais voulu creuser davantage dans ce genre d’instance, parce que là, ça n’a créé qu’un énième regard de spectateur plutôt qu’un œil immersif tel que le veut l’intention de l’ouvrage.
Ce que j’ai par contre su apprécier, c’est le regard actuel qu’il arrive à poser sur ces événements. Avec ses nouvelles expériences, ses échanges avec d’autres peuples et ses contacts, il parvient tout de même à relativiser et à nuancer ce qu’il a subi. Ce sont ses passages que j’ai trouvé intéressants, et surtout parce que dans mon expérience personnelle avec mon entourage roumanophone, je n’ai presque vu personne le faire/y arriver.
C’est ce qui me pousse à dire que cette lecture reste importante à faire et que j’encourage les gens qui le peuvent/veulent à se procurer ce livre. Le travail de mémoire est si important, et par cet ouvrage, on solidifie un peu plus ce mur qui n’est pas assez haut dans la sphère francophone.