Fruit d’une thèse de doctorat, j’ai acheté ce livre les yeux fermés dès que j’ai vu qu’elle avait été dirigés par Philippe Vallin, avec qui j’ai eu la chance de passer plusieurs examens à la faculté de théologie de Strasbourg. À la fois savant et pastoral, cet ouvrage propose une lecture assez exigeante. L’auteur y reprend et commente la pensée de saint Thomas d’Aquin sur le sujet, avec une exploration à la fois théologique et philosophique, originale et profonde. Il offre aussi un tour d’horizon critique des œuvres contemporaines – témoignages d’exorcistes, études sur le diable ou « manuels » de délivrance. Intéressantes sont les passerelles qu’il établit entre vie spirituelle et psychisme, notamment dans une section importante consacrée à la psychologie cognitive. Le raisonnement, structuré et précis, s’appuie sur une bibliographie remarquable. L’un des grands mérites de l’ouvrage réside dans sa capacité à analyser avec clarté et rigueur les ruses du Malin, pour nous aider à nous en prémunir.