Comme d’habitude, Sylvain Tesson n’offre pas seulement des impressions raffinées de ses voyages, mais des reconstructions personnelles poétiques d’une grande beauté autour du passé rejoignant le présent.
Navigation à voile, le long des côtes : Galice, Bretagne, Angleterre, Pays de Galles, Irlande Écosse. Plus le retour. À la recherche des Celtes et du celtisme, par le biais des lectures, de la contemplation et des rencontres avec les gens des lieux : tel est, à première vue, le périple proposé par Sylvain Tesson.
En réalité, il s’agit de beaucoup plus. Sans aucune prétention d’écrire l’histoire des Celtes et du celtisme ! Personnellement, ce n’est pas pour cela que j’ai lu ce livre, mais pour le charme des réflexions de Tesson.
« Accompagné » par Hugo, Chateaubriand, Bachelard, Héraclite, Goethe, Aragon, Breton et tant d’autres, Sylvain Tesson dessine un itinéraire dans lequel l’histoire, les légendes, la littérature, la géographie, la géologie, la politique communiquent de manière subtile. Avec les fées.
« Est féerique ce qui demeure dans ce qui n’est pas encore. »
« Je me résumai en rejoignant le bord : est merveilleux ce qui suffit. Devient surnaturel ce qui n’a pas suffi. »
« L’homme, lui, est stupidement construit. Il rêve de la mer en haut de la falaise et regrette sa clairière quand il a pris le large. Pour se consoler, il donne le nom d’« espoir » à sa déception. »
« Parfois, un cercle de pierres dressées. Le mégalithe était une réponse à la météorologie atlantique. »
« L’espace, c’était le diable. Dieu, c’était le temps. Plein nord, c’était Iona. »
« Le relief est la mémoire d’un ordre ancien. »