Sous la plume ardente de Romuald Gadegbeku, les femmes de chambre de l’hôtel Inside sortent des coulisses du monde. Rita, Aminata, Diva, Mariama et les autres travaillent à genoux dans les couloirs du luxe, effacent les traces des vies qu’elles ne mèneront jamais. Sous-payées, sous-traitées, épuisées, elles comptent le moindre sou pour nourrir leurs enfants et portent seules la charge des familles qu’elles tentent de maintenir à flot.
Puis un jour, une violence de trop vient briser l’ordre muet. Dix-sept femmes se lèvent, refusent d’obéir, de s’effacer. Leur grève devient un cri, un acte de survie et de dignité. Malgré les langues qui se heurtent, les croyances qui diffèrent, elles s’unissent dans une même colère, une même espérance et, sur le piquet, elles réapprennent à respirer ensemble.
L'auteur peint avec une justesse brûlante la précarité, le racisme ordinaire, les humiliations quotidiennes qui rongent les corps et les âmes. Ces femmes sont l’ombre qu’on ne voit pas, cette ombre indispensable qui soutient le monde sans jamais en recevoir la lumière. Leur combat fait éclater cette invisibilité et de cette obscurité surgit une force, une sororité forgée dans la sueur et la colère.
Les Gréveuses est un roman de chair et de lutte, un chant collectif où chaque douleur devient parole. Un texte vibrant, politiquement engagé, d’une humanité immense qui rappelle que la plus grande des révolutions commence par un simple refus de se taire. Sublime !
Bravo pour ce premier roman , une vraie pépite ! C’est un très beau roman , drôle , intelligent et plein d’humanité ! Il interroge sur les inégalités sociales, la Sororité… Il est très riche À lire d’urgence !