Que faire de la littérature ? est une véritable traversée de l’histoire littéraire et une réflexion sur les impensés de cette histoire. À travers les notions de « confrontation » et d’« intimisme », Édouard Louis tente de dépasser les oppositions classiques entre littérature politique et littérature formelle, parole et écrit, récits intimes et œuvres de combat. Il nous offre, dans ces entretiens avec Mary Kairidi, un grand manifeste pour une nouvelle littérature, radicalement contemporaine, lyrique et révolutionnaire.
Édouard Louis is a French writer born October 30, 1992. Édouard Louis, born Eddy Bellegueule, grew up in Hallencourt (Somme) before entering theater class at the Lycée Madeleine Michelis in Amiens. From 2008 to 2010 he was a delegate of the Amiens Academy to the National Council for High School Life, then studied history at the University of Picardy.
From 2011, he is pursuing sociology studies at the ENS in the rue d'Ulm. In 2013, he obtained a name change and became Édouard Louis.
The same year, he directed the collective work Pierre Bourdieu. Insubordination as a legacy to the PUF, a work in which Bourdieu's influence on critical thinking and on emancipation policies is analyzed. In March 2014, he announced that he would direct a collection, "Des mots", devoted to transcripts of conferences, interviews and short texts, for this publisher.
In February 2014, at the age of 21, he published En finir avec Eddy Bellegueule, a novel with a strong autobiographical influence. Very commented on in the media, and widely praised for its qualities, the book also gives rise to several controversies, notably on the way in which it depicts his family and his social background.
After the publication of the book, the themes it addresses are worth to Edouard Louis to receive in March 2014 the Pierre Guénin price against homophobia and for equal rights: the press release from the SOS homophobia association notes that “Édouard Louis makes you aware of the impregnation of homophobia in the daily lives of LGBT people.
Dans ce livre d'entretien avec Mary Kairidi, l'écrivain Édouard Louis évoque son oeuvre littéraire, la littérature en général, les rapports entre littérature et politique, ainsi que son intérêt pour le théâtre. Le coeur du propos est un plaidoyer pour ce qu'Édouard Louis appelle une littérature de confrontation dont le but serait de confronter le lecteur à ce qu'il ne veut pas voir.
Face aux accusations de voyeurisme, de misérabilisme, de sensationnalisme, il revendique au contraire d'écrire une littérature de l'intime qui donne à voir et à ressentir le réel, en contradiction avec les prescriptions de la littérature bourgeoise qui refuse et méprise l'explicite au profit de l'implicite, du non-dit, et qui concrètement cache ce qu'elle ne veut pas voir ou qu'elle ne veut pas affronter en face.
L'entretien qui sert de fil rouge au livre m'a semblé bien mené par Mary Kairidi et le propos est souvent très intéressant. J'ai d'ailleurs surligné de très nombreux et longs passages sur ma liseuse, preuve que le texte m'a semblé digne d'intérêt.
Un des meilleurs livre de l'année. C'est du pur Édouard Louis (et comme il dit lui même dans ce livre, les gens comme lui soit on aime soit on déteste): poignant, révolutionnaire, douloureux, mouvant, agité, vif, pure et viscéral. On peut ne pas être d'accord avec ses propos et je trouve que ce n'est pas cela qu'il cherche. Mais nous ne pouvons pas restés indifférents à ses idées et ses propositions. Cela nous fait forcement quelque chose. En lisant ce livre j'étais traversée par des multiples questionnements qui débordent au-delà de la littérature. Ses mots ont approfondi mes questionnements sur mon éthique professionnelle et la place que j'occupe (ou que je souhaite occuper) dans le monde. Et je trouve que c'est cela le rôle propre de la littérature: apporter du mouvement, de l'agitation et de nous faire sortir de notre place habituelle. Ne pas être indifférent.
« Nietzsche avait une expression célèbre : faire de la philosophie à coups de marteau. Il faudrait faire de la littérature à coups de marteau : frapper ses vieilles idéologies, ses vieilles idoles pour voir ce qu’il y a en elles, pour voir si elles ne sonnent pas un peu creux, finalement. Les briser une par une pour voir comment pourraient alors apparaître d’autres vies, d’autres corps, d’autres voix, d’autres visages que la littérature, en tant qu’institution, rendait invisibles. »
Édouard Louis est un auteur qui me touche par ses thèmes, la clarté de son écriture pour traiter de sujets complexes. Parfois il m’a semblé qu’il cherchait un peu trop à théoriser la qualité ou l’intérêt de ses propres romans, mais la réflexion est novatrice et subtile. J’ai beaucoup aimé la fin : « Ce qu’il faut garder en littérature, c’est l’interrogation de ses normes, de ses impensés, c’est le mouvement. J’en propose un, on peut en proposer d’autres. C’est la critique qui importe, la remise en question, le refus de rester sur place. Ce qui compte avant tout, c’est se déplacer. Se déplacer toujours. » Cela s’applique à la littérature mais à beaucoup d’autres domaines aussi, et même à la vie elle-même, non?
Heel verhelderend boek, waar Louis in de vorm van een interview zijn literatuuropvatting uiteenzet. Ik neem aan dat het een zwaar geredigeerd interview betreft: de interviewer (haar naam wordt genoemd, maar ze wordt geen persoon) lijkt meer een soort aangever die L. de gelegenheid geeft om in de vorm van mini-essays zijn opvattingen uit te werken. De centrale stelling is dat de heersende literatuuropvatting een uitdrukking is van de visie, zo niet de belangen, van de bourgeoisie. Alles wat de burgerlijke critici afkeuren (sterke emoties, autobiografie, politieke stellingnames, alles wat expliciet is) is voor L. juist wenselijk: de traditionele literatuur is bedoeld om mensen die het beter hebben dan rechtvaardig is geen slecht gevoel te geven. Louis wil juist de onrechtvaardige manier waarop de samenleving is ingericht aan de kaak stellen; hij wil de lezer confronteren met dat onrecht, en daarom is hij uit op een confrontatie met de lezer, die liever zou wegkijken. Het betekent trouwens niet dat Louis geen aandacht voor de vorm van de literatuur heeft: juist de formele vernieuwing is bij hem een vereiste om die confrontatie met de lezer aan te gaan. Overigens is Louis niet eenkennig. Ook schrijvers met een andere visie op literatuur kan hij zeer waarderen. Fijn aan dit boek is ook dat Louis andere schrijvers enorm kan bewonderen. Als je dit boek gelezen hebt, heb je heel aantal schrijvers en boeken aan je to-read lijst kunnen toevoegen. (Als die nog niet lang genoeg was.)
Édouard Louis explicite dans cette conversation sa vision de la littérature comme lutte, pour résumer, contre les normes qui enferment et font souffrir les individus. Ce qui rend cette lecture de classe intéressante, c’est que les références d’E. Louis, les grandes oeuvres qui l’animent, ne sont pas tant à chercher du côté de la sociologie, que de la littérature, avec quelques noms souvent cités. Les réflexions autour du genre autobiographique qui, méprisé par un certain public, permet la mise au jour des normes bourgeoises de ce public (valorisation de la pudeur, maîtrise des émotions…), ou autour de la forme théâtrale comme modèle de confrontation avec le public, éclairent à la fois l’oeuvre d’E. Louis et les auteurs cités. Le titre de cet essai est trompeur, car on en ressort encore plus persuadé de l’intérêt social, politique, humain de la littérature.
Pierwsze spotkanie z Louisem od czasu obrony magisterki i zachwyciły mnie niektóre jego rozważania, szczególnie te dotyczące literatury konfrontacyjnej („littérature de confrontation”). Sporo kwestii dzięki temu mi się rozjaśniło; pamiętam, że nie do końca doceniłam „Kto zabił mojego ojca”, wydawało mi się, że pod koniec książka przechodzi w dość nachalny manifest polityczny i wywołało to u mnie pewnego rodzaju dyskomfort - a po lekturze „Que faire de la littérature” zrozumiałam, że w zasadzie taki był cel Louisa, wywołanie tego dyskomfortu u czytelnika jest immanentną częścią jego projektu literackiego. Nadal jednak mam problem z określaniem tych tekstów jako „powieści”, wydaje mi się, że jego książki wymykają się tradycyjnym ramom powieściowym, o czym zresztą sam mówi, dyskutując z paktem autobiograficznym Lejeune’a. Bardzo doceniam szczególnie te fragmenty eseju/rozmowy, w których Louis mówi o związkach literatury i polityki - trochę mniej te, w których rozwodzi się nad swoim planem dnia, główna oś krytyki kapitalizmu krystalizuje się wokół wczesnoporannych pobudek i miałam poczucie, że jednak jest to mocno spłycone spojrzenie
I could feel my brain growing with each page, gaining not only insight into Louis’s œuvre and his own writing philosophy, but also a new appreciation and passion for Literature. His thoughts on moving from a littérature engagée to a littérature de confrontation feel life changing: literature as a bludgeon against the ruling class, a lever for the disadvantaged, life force for the weary.
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Est-ce qu’il n’y aurait pas un intérêt de classe objectif dans le fait de ne pas dire le monde, et donc, pour les dominants, de ne pas se confronter au monde, et de ne pas voir la place qu'on occupe dans ce monde, la responsabilité qu’on porte dans la laideur et l’injustice de ce monde ?
On peut observer autour de nous, au quotidien, une lutte permanente des individus pour ne-pas-voir le monde.