Joska, ancien militaire centenaire et idole d'un pays de l'Est jamais nommé, il est le Père patrie pour son pays et également père de Tibor, président totalitaire du pays.
Alors qu'il est au bout du chemin, Joska va se remémorer tous les instants mémorables de sa vie, comment il est devenu le héros de son pays, comment sa famille a quitté sa vie, son changement de carrière et comment il a vu son fils grandir, loin de lui, et devenir un président totalitaire au sein de ce pays de l'Est, petit frère de la grande Russie au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Thierry Beinstingel nous raconte l'histoire de ce papa et mari, qui a essayé et failli, de ce régime totalitaire où tout le monde est surveillé et qui rappelle un 1984 un peu plus romancé et moins impersonnel.
L'histoire de ce papa m'a beaucoup touché, on le voit être le spectateur de son existence remplie de regrets et on assiste lentement au moment de bascule où il réalise que le pays qu'il aime tant n'est pas ce qu'il croit et qu'il est trompé, comme tout le monde, par son propre fils. Son pays croit qu'il est un héros de guerre alors qu'il est un héros du quotidien parce qu'il se bat tous les jours contre ses démons.
Malheureusement et alors que tout le livre est un régal à lire, j'ai été déçu par la fin. Alors que le l'histoire de Joska s'entremêlait doucement avec celle de son aide Léna, forcément à celle de son fils Tibor, l'évolution de ces trois personnages semble se faire d'un coup à la toute fin du roman, de manière précipitée et trop manichéenne à mon goût.
C'est dommage car tout le livre mène à cet affrontement qui laisse plus de choses en suspens qu'il en résout... Pas la fin que j'attendais mais une fin cohérente avec son personnage tout de même.
Père Patrie nous livre la petite histoire dans la grande, l'aveuglement face à un mal qui monte lentement via un prisme d'Europe de l'Ouest et surtout par l'humanité de son personnage principal.
Merci à Netgalley et aux éditions Fayard pour la fourniture d'une édition numérique 🙏