Derrière les punchlines et le panache des rappeurs, on découvre grâce à cette enquête les enjeux colossaux liés au capitalisme du rap et à tous les maux que cela peut engendrer, à commencer par l’extrême violence. Le livre est super intéressant sur l’industrie de la musique et le renversement du rapport de force entre les rappeurs et les labels : j’ai lu avec beaucoup d’intérêt le passage sur les frères PNL et la manière dont ils ont imposé aux labels un nouveau modèle extrêmement favorable à l’artiste. Ce qui m’a aussi frappée, c’est une sorte de renversement de l’ordre du monde, où la France n’est plus qu’une étoile bien pâle, une terre presque provinciale compte tenu de l’océan d’opportunités qui tend les bras à ces rappeurs entrepreneurs dont la plupart préparent l’après en se diversifiant dans l’immobilier ou d’autres domaines.
Bien qu'il soit très interessant parce qu'il met en lumière des rouages et des histoires qui sont pour le moment très niches, j'ai du mal à comprendre où on veut en venir. Il n'y a pas vraiment d'analyse de ces rouages (pour moi il manque foncièrement une analyse sociologique et politique profonde). Il y a des petits moments où les auteur.ices se permettent de d’aller plus loin que de la simple narration, mais ça reste trop peu à mon goût.
Aussi, je trouve que le fil rouge est très superficiel, donc ça aide pas à continuer la lecture. Et la fin du livre arrive assez soudainement parce qu’on a pas l’impression qu’on arrive à une conclusion. C’est comme une liste de faits sans liens profonds les uns avec les autres.
Je déplore également la non présence de femmes dans l’ouvrage. Bien qu’elles ne soient pas en majorité (pas du tout) dans cette industrie, elles existent et de ne même pas avoir fait mention du fait qu’elles sont ou pas pas dans cet « Empire », me laisse un goût amer.
Cela dit j’ai bien aimé le ton du livre, et il reste très instructif parce que j’avais l’impression de - presque - tout découvrir.
Génial d’en apprendre autant sur la face cachée du rap (que ce soit les histoires de mafieux de la première partie ou le côté plus pouvoir/entrepreneurial de la deuxième partie)
Un peu gêné par le style par moments : se prend un peu trop au sérieux par moments pour les acronymes/explications des termes et parfois pas du tout. Faut être cohérent. Le côté semi dénonciateur du système an la fin de chaque chapitre n’apporte pas grand chose et devient redondant après quelques chapitres. Manque peut être aussi d’une conclusion analyse.
Je critique à balle là mais en vrai j’ai dévoré le livre et ne peux que le recommander, aussi bien pour le côté envers du décor que l’industrie en termes de chiffres bruts que pour les enjeux de pouvoir
Une enquête passionnante et extrêmement bien documentée, qui a dû être vraiment difficile à mener tellement le milieu du rap est un milieu opaque et fermé (et visiblement dangereux). Les auteurs sont vraiment allés au fond du sujet, citent des dizaines et des dizaines d’exemples, et abordent même des sujets plus politiques qu’on n’attend pas forcément ici, comme l’instrumentalisation politique des rappeurs en tant que soft-power auprès des nations africaines. On écoute très souvent innocemment notre rap, en kiffant les paroles, mais ne pense jamais à l’impact de notre consommation (de rap) et où va l’argent qu’on donne à ces artistes. Ce livre nous permet de ne plus agir innocemment.
Mitigé, on apprend beaucoup de choses, la partie sur les liens géopolitiques avec l’Afrique notamment est très enrichissante. elle apporte du sens et même de la culture.
Les histoires mafieuses sont aussi prenantes mais on s’attend peut être à plus finalement. On reste un peu sur notre fin sans comprendre l’intérêt réel du livre. Pourquoi pas plus d’engagement ? D’analyse et conclusions ?
Une enquête sur l'économie parallèle créer par le Rappeurs français qui génèrent des milliards d'euros. La mafia et le grand banditisme voient une opportunité d'investissements et surtout de blanchiment.
L’enquête est vraiment bien écrite, elle est agréable à découvrir. À mon goût beaucoup de gossips dans la longueur au début du livre, qui pourraient laisser place à plus d’analyses économiques, géopolitiques et culturelles comme sur la fin.