Simone Weil est une philosophe hors du commun ! Enseignante, elle se met en disponibilité pour aller travailler à l’usine !
En décembre 1934 elle se fait embaucher chez Alsthom comme découpeuse de tôle. Elle met à l’épreuve ses réflexions, théoriques, sur le travail ouvrier. Elle va découvrir un monde d’automatisme individuel, perpétuellement à la recherche de la productivité, au dépend de l’être humain ! Elle se fera licencier pour défaut de productivité, sa condition physique et sa santé ne lui permettant pas de produire plus alors que les ouvriers sont payés à la pièce.
Elle démontre et explique tous les dégâts causés à l’Homme, plutôt au mental, alors qu’il est soumis à des gestes répétés tout le jour, à des ordres, parfois iniques, sans possibilité de penser et réellement participer à la création de l’objet.
Je connaissais peu Simone Weil, la philosophie et moi ne sommes pas très proches, mais sa démarche, qui m’a rappelé les prêtres ouvriers, absolument inédite démontre qu’on ne peut bien s’exprimer que sur ce que l’on connaît intimement !
Elle en ressortira torturée mais consciente que la condition ouvrière est un esclavage sans chaîne auquel on se soumet volontairement et qui enlève toute estime de soi.
Les correspondances et les réflexions présentes dans ce recueil sont vraiment une image de sa pensée et de ses recherches mais je les ai trouvées très douloureuses à lire avec le désespoir en arrière-plan de quelqu’un de conscient mais qui ne peut rien faire !
Un petit livre à lire car il témoigne de choses vécues et non pas d’observations alors que ses études lui permettent de les exprimer de façon claire et d’en analyser le résultat.
#experiencedelaviedusine #servicepresse