Jay fait partie des douze adolescents choisis pour lancer la colonisation de Cor Serpentis, mais à son réveil au terme de cinq siècles d’hypersommeil, elle va de surprise en surprise. Ses compagnons ont disparu, un intrus se trouve à bord, et l’IA du vaisseau semble altérée. Qu’importe, rien ne peut l’écarter de la mission pour laquelle on la prépare depuis toujours. Pourtant, la planète est bien plus étrange et dangereuse que prévu, et ses épaisses forêts cachent une présence qui ne voit pas d’un bon œil l’arrivée des humains. Lui aurait-on menti sur la nature réelle de sa mission ?
Romain Benassaya est né à Nice en 1984. Après des études de linguistique menées à Paris, il enseigne le français à l’étranger, au Canada, en Ouganda et à Bangkok.
Avec Arca, il signe son premier roman aux éditions Critic et fait une entrée très remarquée dans le monde du space‑opera.
Il y a 6 mois, je découvrais que Romain Benassaya, probablement mon auteur français de SF préféré, était capable de m’émerveiller également avec des textes s’adressant à la jeunesse, grâce à l’extension de son univers de Pyramides dans Nébuleuse captive. En cette fin d’année, il nous fait cette fois le cadeau d’une aventure 100% inédite pour ce nouveau public.
Avec Cor Serpentis, il reprend le classique thème du groupe de jeunes Terriens envoyés sur une planète inconnue pour la coloniser puisque la Terre est fichue. Il en fait cependant une aventure prenante où l’on retrouve la même exigence et qualité d’écriture et mise en scène qu’on lui connaît, ce qui donne une lecture aventureuse avec des réflexions pertinentes sur le colonialisme et le rapport aux autres.
Ce que j’aime avec l’auteur, c’est que je sais à chaque fois que ce seront des aventures immersives. Ce fut le cas, dès les premières pages, où l’on va à la rencontre de Jay et Anya, deux jeunes filles, qui se réveille à bord du vaisseau où les membres de leur groupe, les Douze sont étrangement absents. L’IA commandant le vaisseau est incapable de les aider. Que s’est-il passer ? Le décor est de suite posé. Une écriture détaillée, riche, non avare en détails pour décrire leur environnement, est au rendez-vous pour plonger dans ces mystères. Jay et Anya, avec leurs camarades, étaient le fruit d’une expérience menée sur Terre. Douze jeunes élevés ensemble depuis l’enfance, conditionnés, pour partir en mission à bord de ce vaisseau afin d’aller coloniser Cor Serpentis, mais cela ne se passe pas comme prévu.
Le caillou dans la chaussure est double. Il y a d’abord un groupuscule d’individus qui n’a pas accepté que les grandes firmes envoient encore un groupe de Terriens avec la même mentalité colonialiste qu’eux pour tout détruire ailleurs encore une fois. Il y a ensuite sur Cor Serpentis, une autre espèce sentiente qui occupe l’espace (coucou Tchaikovsky) et ne compte pas se laisser déloger comme ça. Il en résulte une aventure prenante où certes l’auteur n’offre pas une science-fiction de haute volée, ardue et complexe, comme dans son cycle de Pyramides, mais où le dépaysement est quand même au rendez-vous à coup d’environnement à apprivoiser, de peuple avec qui tenter d’ouvrir le dialogue ou de dissensions au sein même du groupe des Douze car certains se défont de leur conditionnement alors que d’autres non, ce qui est passionnant à suivre.
La seule faiblesse, pour moi, de cette aventure est dans l’écriture des relations des membres entre eux, où l’auteur passe très vite, utilise de grosses ficelles et gros archétypes du genre, me donnant l’impression de me retrouver dans The 100, ce qui n’est pas la meilleure des références en matière d’écriture d’adolescents/adulescents. Mais ce n’est pas grave, on prend plaisir à ce récit sur une planète sauvage où l’espèce dominante crée des tensions avec les jeunes Terriens et leurs projets, créant des ouvertes dans l’histoire et des réflexions autour de l’écho de notre colonialisme même chez de jeunes sujets sur une autre planète. On prend plaisir également aux échanges qui se nouent grâce à ce robot, Spore, qui porte en lui l’IA du vaisseau et qui a la bonne idée de vite décrypter le langage des autres pour jouer les intermédiaires, donnant une jolie teinte Le Guin ainsi à ce volet du récit.
Ainsi malgré une approche plus simple et une écriture moins vertigineuse que ce à quoi il m’avait habitué dans Pyramides et ses suites, Romain Benassaya offre encore aux jeunes un récit de SF solide, empruntant aux codes classiques du planet opera tel qu’on le trouve chez Le Guin pour le moderniser afin que les lecteurs actuels aient également leur aventure permettant de réfléchir sur nos relations aux autres quand on arrive tel un colon. C’est passionnant, immersif et ça donne envie d’y revenir !
Très bonne surprise ! L'histoire était prenante, les thèmes hyper intéressants. Le style de l'auteur rendait le tout très agréable à lire. J'ai été assez surprise par la fin (dans le bon sens du terme). J'aurais peut-être apprécié un peu plus de profondeur sur les personnages, d'où ma note, mais le livre m'a convaincue de jeter un oeil aux autres livres de l'auteur qui m'intrigue depuis un moment :)