3 et demi
J’ai vraiment beaucoup aimé la première partie du livre, l’enfance et la jeunesse difficile de Lana, la découverte d’une poésie et d’une musique salvatrices, et ses échanges tâtonnants avec Joan Baez des années plus tard. J’ai peut-être moins aimé la deuxième partie qui est consacrée à ses débuts, puis sa consécration: les événements s’enchaînent un peu vite, perdent en épaisseur poétique par rapport à la première partie pour laisser place à une étrangeté « lynchéenne ».
Je ne savais pas que Lana del Rey se sentait proche de Lynch et qu’elle le citait régulièrement.
Malgré tout, même avec cette information, j’ai eu du mal avec les scènes qui retranscrivent pourtant à merveille cette ambiance propre à Lynch. Alors que chez le réalisateur, l’étrange est incorporé à la matière de ses films, ce n’est pas vraiment le cas dans le livre: ces scènes détonnent à mon avis avec le reste du récit, ne se fondent pas assez dedans.
Mais l’écriture de l’autrice, quant à elle, reste égale du début jusqu’à la fin et conserve toute sa beauté et ses accents poétiques, dont la mélodie m’a fait penser aux chansons de Lana del Rey. Les arrêts sur image sur la nature, la réflexion filée tout au long du roman sur l’art (la musique, la poésie, la peinture), ses potentialités, sa signification, sont magnifiques. C’est toute une atmosphère particulière, que l’on retrouve surtout dans les chapitres qui unissent les deux chanteuses, qui m’a marquée et m’a transportée. Il y a quelque chose qui se rapproche de la beauté, de l’acceptation et d’une blessure cicatrisée.