Elle était née en 1918 à la veille d’une mauvaise victoire et elle s’était mariée en 1939, quelques mois avant que son mari ne parte à la guerre pour être retenu prisonnier pendant cinq ans. Elle était jolie, élégante, et intelligente. Elle était appréciée, mais, comme on disait, elle avait eu des malheurs. Un matin splendide du printemps 1982, elle décida d’en finir avec ce corps dont elle n’avait plus d’image. Je suis sa fille, et à moi il reste quantité d’images, et je fais avec.
Catherine Millet (b. 1948) is a French writer, art critic, curator, and founder and editor of the magazine Art Press, which focuses on modern art and contemporary art.
2-3 passages très bien écrits; le reste ne parle absolument pas de sa mère mais de son ami médecin, son ami avocat, son amie qui lui prête une maison de vacances, son ami artiste, ...
Je n’avais encore jamais lu d’ouvrage de Catherine Millet. Et bien que certains affirment que Simone Émonet est la porte d’entrée idéale dans l’autofiction narrative qui compose son œuvre, je reste perplexe. Les critiques m’avaient présenté ce livre comme une quête identitaire, un récit bouleversant sur la difficulté du deuil après le suicide d’un proche, avec pour toile de fond le Paris du siècle dernier. L’écriture, d’une qualité exceptionnelle, m’a immédiatement séduite. En revanche, je me suis profondément ennuyée face aux longs apartés sur la scène artistique, les voyages ou les amis. Ces pages donnaient parfois l’impression de lire un documentaire, et ces digressions m’éloignaient de la trame centrale du récit. En ouvrant ce livre, je voulais apprendre à connaître Simone, suivre son parcours, et surtout ressentir la douleur de Catherine Millet face à la disparition de son frère, de son père, puis au suicide de sa mère. Mais, au final, j’ai éprouvé bien peu d’émotion — comme si la distance narrative constituait pour l’autrice un bouclier contre la souffrance.
Catherine Millet possède une plume brillante et c’est avec tout son talent qu’elle rend ici hommage à sa mère. C’est bien construit - trop bien peut-être - mais c’est triste. C’est triste car au travers de ces lignes pleine d’intelligence littéraire, au travers de ces chapitres bien titrés dont l’enfilement est finement tracé, on décèle malgré tout une vie détruite par le deuil puis les soins psychiatriques.
En 1982, après des années de depression la mère de C. Millet s'est suicidé. Dans ce magnifique texte, elle part a la rencontre de sa mère, replonge dans leur relation, la maladie, les incomprehensions. Sans pathos, ce deuil différé est bouleversant
Catherine Millet (célèbre pour 'La vie sexuelle de Catherine M') livre ici un portrait fragmentaire de sa génitrice, plus de quarante ans après son suicide.