Petite, avec son œil bizarre, sa mère saoule et ses robes de seconde main, Alex ne se reconnaissait nulle part. À l’orée de la vingtaine, elle semble avoir trouvé sa place : entassée dans un petit 3 ½ à Victoriaville avec son meilleur ami et son chum, un adepte de la loi de l’attraction qui l’a convaincue de mettre de côté ses rêves. Il faudra un coup de poing sur le nez pour que dévie sa trajectoire.. Alex part pour Montréal avec son meilleur ami, Ben, et leurs deux chats. Ici, ils recréent le cocon de leur famille choisie. L’appartement se remplit de livres et de notes de cours : elle s’est inscrite à l’université en histoire, lui en littérature. Pendant que Ben noue des liens avec un groupe de skins antifascistes, Alex, elle, s’entiche d’une jeune femme qui l’initie au BDSM. Bientôt, elle apprend les rouages du métier de dominatrice. Elle connaissait la violence qu’on subit, et qui isole; elle découvre celle qu’on choisit, par laquelle on se rapproche et on prend soin de l’autre.. L’écriture limpide d’Alice Rivard se colle aux textures de la réalité : sang essuyé du revers de la main, latex luisant, colère qui monte dans la gorge. Et le rire, le rire qui éclate et ravit lorsque la confiance s’installe..
Ce premier roman de Alice Rivard nous amène dans les interdits, les secrets mais aussi la chasteté, où tout obstacle possible semble présent. Conjuguant la vie étudiante, le BDSM et les amitiés chaotiques, Alice Rivard nous plonge dans un récit de quête d’identité de soi, de résilience et de bienveillance. Dans cet univers codifié de la BDSM où le cuir règne en maître, l’autrice transmet ce désir de prendre soin de l’autre, accaparer une intimité tout en mettant en valeur le consentement et se retrouver en confiance. Truffée de références musicales gothiques et punk, cette esthétique sonore rajoute une belle énergie à un monde vivace et secret. La plume et l'histoire de Alice Rivard se révèlent facile à suivre et nous font suivre différents personnages vivants et qui montrent une certaine défiance envers un ordre établi. Dans toute cette période chaotique et de doute, se cache un récit d’apprentissage où l’amour de soi et de l’autre éclore. Ce roman à aspect autobiographique, trempé dans l’huile enrobée de latex et empilée de fouets, démontre un véritable maelstrom d’empathie et de douceur.
Dans Dévotion, on suit Alex, une jeune femme qui s’installe à Montréal avec son meilleur ami Ben, après avoir mis fin à une relation toxique. Rapidement, elle se lie d’amitié avec Delphine qui l’initie à l’univers du BDSM. De cette relation ambiguë naîtront la découverte, la manipulation… mais surtout une version d’elle-même plus forte et plus assumée.
Comme j’ai aimé Alex.
J’ai aimé la suivre dans ce flot de questions qui l’accompagnent alors qu’elle explore ce nouvel univers. Ses nouvelles pratiques amènent des réflexions pertinentes. On ne manque pas de voir son authenticité, son respect et son soucie de l’autre.
En restant fidèle à elle-même, elle trouve sa place et gagne le respect de ceux qui l’entourent. Le roman montre à quel point la communication et la confiance sont essentielles dans un milieu où tout peut facilement basculer.
Mais l’histoire d’Alex, ce n’est pas que ça. C’est aussi et surtout, une histoire de guérison, d’amitié et de reconstruction.
L’autrice met en lumière la reprise de pouvoir ! Cette force intérieure qu’on puise au plus profond de soi pour s’émanciper des blessures du passé et se reconstruire. La guérison peut prendre diverses formes. Pour Alex, c’est choisir au lieu de subir. Elle se donne le droit d’exister. C’est beau.
C’est aussi un bel hommage à la famille qu’on se choisit.. celle qui nous permet de nous épanouir et de nous élever. Alex et Ben forment un duo poqué, mais incroyablement solide.
« Chaque fois qu'on était ensemble, je me rappelais qu'il était la seule personne que je tenais à emporter dans toutes mes vies. »
J’ai adoré !! Un livre que je vais recommander encore et encore.
À lire si tu souhaites plonger dans un univers hors du commun. 🖤
Une prose simple et sincère qui va droit au coeur. Un roman d'apprentissage aux accents nostalgiques. Une réflexion profonde sur les tentacules du cycle de violence qu'on voit et celles qu'on a tendance à ignorer même si elles nous étranglent.
Beaucoup à aimer à propos de ce roman d'Alice Rivard. Tous les enfants de région qui sont sauvés pour vivre une meilleure vie dans la grande ville vont se retrouver dans Dévotion, ne serait-ce qu'un peu. J'y ai vu quelques discrets échos au Plongeur de Stéphane Larue. Tout ceux et celles qui ont vécu de la violence physique, verbale, psychologique, émotionnelle ou sexuelle aussi. Alice Rivard y déconstruit habilement la confusion, les schémas auto-destructeurs et la prise de conscience que font éventuellement les victimes qui gagnent la bataille sur leur trauma.
Dévotion est arrivé à une drôle de période dans ma vie, mais son timing ne pouvait pas être plus parfait. Je l'ai peut-être aimé plus que j'aurais dû, mais le propos sur la résilience, le parcours de guérison et la famille de choix m'ont touché là où c'est sensible. Une magnifique surprise en fin d'année.
Un roman qui commence dans le vif du sujet, intrigant et sombre, mais qui devient de plus en plus lumineux. Une évolution de personnage vraiment intéressante à travers un angle méconnu et surprenant!
Le livre est vraiment bien écrit. J’ai ressentie plusieurs émotions. L’autrice met en lumière la reconstruction, la reprise de pouvoir et l’importance d’avoir un cercle de soutien pour s’épanouir. J’ai été surprise de constater que l’univers du BDSM était exploité dans les moindres détails. J’avoue que le thème m’interpellait moins.
Alice Rivard signe ici un récit de (re)construction de soi traversé par des réflexions sur le care, la solidarité et les rapports de pouvoir. Le BDSM y est abordé à un bras de distance des clichés : il est présenté à mon grand bonheur non pas comme une perversité ou une déchéance, mais comme un espace d’empowerment, de consentement et de filiation, où la confiance se réapprend et se construit (ou se détruit!). Ça fait écho à ma propre expérience où mon identité de jeune queer s'est construite main dans la main avec le milieu kinky, entouré de kinksters tous plus humains les uns que les autres (which means qu'ils se situaient sur un continuum allant de *criss de trou de cul* à *adorables êtres doux et caring*) 🫶🏼
En croisant douleur et désir, isolement et communauté, en quelques phrases, l'autrice esquisse des personnages tantôt attachants, tantôt détestables, mais toujours finement définis.
Si les chapitres un peu trop courts donnent parfois une impression de précipitation et que certains dialogues sonnent moins juste, l’ensemble demeure fascinant : un premier roman sensible et politiquement lucide, où l’intime devient une manière de repenser le vivre-ensemble.
Un premier roman réussi qui impressionne par la tendresse insoupçonnée qu’il fait éclore dans un milieu davantage reconnu pour sa férocité. L’histoire donne un beau câlin aux outsiders en mal d’ancrage et au yang de leur excentricité qu’ils exhibent au Yin du conformisme. Mme. Rivard rend hommage à un esprit de communauté qui fleurit dans d’étonnants recoins et offre un rempart contre la violence qui éduque certains individus, peu importe sa forme.
5 ⭐️ | « Pourquoi est-ce que Je peux dominer quelqu’un dans un donjon, mais qu’en dehors du donjon, J’ai aucune confiance en moi? Peut-être parce que, dans le donjon, Vous Vous sentez en sécurité. Vous êtes Vous-même. Vous avez le contrôle. Vous le voyez, que Vos soumis Vous aiment. Y a bien des gens qui auraient peur de faire ce que Vous faites… ce qu’on fait, de se laisser aller comme on fait. Mais Vous pis moi, on sait que l’extérieur du donjon est ben plus épeurant. On n’est pas souvent nous-mêmes, dehors ».
Un vrai bijou. J’ai complètement adoré. Je recommande !
Ouf, toute une première lecture pour 2026! (Ma tendance à ne pas lire la quatrième de couverture avant de me lancer m’a joué un solide tour cette fois-ci.)
J’ai vécu de grands malaises, une curiosité intéressée, de la colère, de la pitié et beaucoup d’empathie pour cette autofiction d’Alice Rivard. Je salue l’audace, l’authenticité et la résilience de l’autrice, qui a su me captiver par un univers dont les limites dépassent grandement celles qui me sont confortables.
Un livre bien écrit, surprenant et sensible. J’ai aimé suivre l’évolution du personnage d’Alex, sa reprise de pouvoir sur elle-même, sur ses choix. Même si je n’avais aucune référence sur la musique, sur l’univers gothique ou sur le sujet du BDSM, c’était vraiment agréable et curieux de plonger dans cet univers. J’ai aussi aimé le regard posé sur la marginalité, sans jugement, qui amène à réfléchir autrement.
Un livre sur la domination, sans plus. Honnêtement, je sais même pas pourquoi j’ai acheté ce livre. Je comprends que le petit côté sexy-kinky du livre peut attirer certaines personnes à le lire, mais ça ne m’a pas rejoint.
Intéressant. Mais porte essentiellement sur l'univers BDSM. Faut être curieux(se) de cet univers pour aimer. Mais si la curiosité est présente, vous serez servi! J'ai bien aimé revivre des éléments de l'époque de nos adolescences. Bien écrit!