RENTRÉE LITTÉRAIRE - SÉLECTION PRIX DU PREMIER ROMAN Un premier roman qui retrace une amitié féminine tourmentée, dans une France de hameaux et de brume, où les émotions ont un goût parfois vertigineux... Constance doit rentrer dans son bourg natal en Isère ; sa grand-mère s'en est allée. Présentatrice télé à Paris, elle appréhende de retourner d'où elle vient – et de croiser Jess. Cette presque soeur de l'adolescence. Celle qu'elle a quittée, aussi, sans se retourner, à dix-huit ans. Jess, elle, n'est jamais partie du Valfroid. Elle aime ses lieux-dits brouillardeux, ses paysages rudes et puissants, parcourus à bord de son car scolaire. Les deux jeunes femmes pourront-elles se retrouver et encore se comprendre ? Ou se sont-elles engagées sur des pentes trop contraires ? Dans ce premier roman où les émotions deviennent vertigineuses, Camille Bordenet donne la voix à toute une génération et dépeint les contours des campagnes d'aujourd'hui, serrant les rangs à la salle des fêtes, tandis que se profilent les élections municipales.
Constance et Jessica étaient comme les doigts de la main durant leur enfance. L'une habitait le Gros Mollard, l'autre le Petit Mollard, deux maisons voisines en bordure d'une petite commune de l’Isère. Inséparables malgré des milieux culturels bien différents, elles ont tout vécu ensemble : les débuts à l'école, l'amitié, la famille, la période de l'adolescence et ses complexes, les premiers amours... Mais les études supérieures marquent un tournant pour Jessica qui voit partir Constance. Depuis, cette dernière ne répond plus à ses messages et ne donne plus jamais signe de vie car poussée par l'ambition, elle s'est approchée des hautes sphères. Elle anime désormais une émission TV à Paris, elle vit à 100 à l'heure et ne prend même plus le temps de venir voir Simone, sa grand-mère restée très proche de Jessica. C'est à l'occasion de son décès que la vie va les remettre sur le chemin l'une de l'autre mais peuvent-elles encore retrouver cette belle amitié qui les unissait ? Tout les sépare désormais : les études, la famille, les milieux fréquentés et ces années de silence inexpliqué ! Leurs retrouvailles sont, pour nous, lecteurs, une belle occasion de comprendre ce qui les sépare désormais : Constance passe pour une transfuge de classe dans le village. Victime d'une sorte de burn-out, elle fait le point sur sa propre existence guidée par les likes, les cocktails, les débats d'idées. Elle a l'impression de "se réveiller un peu plus à côté de sa peau, de ne pas retrouver son corps là où elle pensait l’avoir laissé" et s’accorde une pause dans son village natal où elle renoue peu à peu avec ses racines. Au travers du récit de leurs échanges, Camille Bordenet analyse les points de vue de chacune et met en lumière la richesse d'une vie ancrée dans un territoire, certes isolé et méprisé par la capitale mais où les êtres semblent pleinement exister aux yeux de Constance. Jessica, trahie et victime de l'abandon de son amie, peine à retrouver l'intimité initiale puisqu'elle aussi voit Constance à travers le filtre de sa propre vie, Constance est devenue une "néo-rurale" emballée par ses projets en décalage avec son territoire. A travers ses personnages et son intrigue, on sent que l’auteure se passionne pour les questions de géographie et d'espaces ruraux. J'ai apprécié le sujet même si souvent l'analyse des psychologies semble un peu schématique voire tomber dans les clichés. Par ailleurs, j'ai apprécié le style de Camille Bordenet et l'alternance des points de vue qui permet de mieux cerner les problématiques de la répartition des populations en France. Merci aux éditions Robert L'affront pour l'envoi de ce roman lu dans le cadre d'une masse critique privilégiée.
Jess et Constance se sont séparées il y a quelques années. Leur amitié adolescente a volé en éclat lorsque la fille de prof est partie faire carrière à la télévision, à Paris, en coupant brusquement les ponts. Jess est restée dans leur terroir rural : maman conductrice de car scolaire et monitrice auto-école. Elle y a construit sa vie, en regrettant l'absence de son amie, et en s'occupant de Simone, la grand-mère de Constance. Lorsque "la Parisienne de la télé" doit revenir passer quelques mois au Valfroid, c'est tout leur passé commun qui resurgit brutalement pour elles. C'est aussi l'occasion de décrire les rapports parfois conflictuels entre "celleux des villes et celleux de la campagne".
J'ai passé un très bon moment auprès de Jess, Constance, Simone et les autres figures du Valfroid, en Isère. Je suis rentrée immédiatement dans l'histoire et me suis attachée aux deux héroïnes sans difficultés. J'ai aussi eu le plaisir de replonger dans une partie de mon adolescence à travers les références culturelles et artistiques des années 1990 et 2000. Cette madeleine de Proust m'a parfois émue et souvent attendrie. D'autant que je partage quelques points communs avec les deux héroïnes (surtout la vision qu'a Constance de la conduite automobile !!!) La mise en perspective que Camille Bordenet propose dans ce roman social et territorial est vraiment très enrichissante. Au lieu de se passer de parti pris, elle tente au contraire de présenter les points de vue parfois antinomiques des populations urbaines et des populations rurales. Venant elle-même de la "province" et travaillant à présent pour un grand journal national sis à Paris, l'autre semble connaître le sujet sur le bout des doigts. Elle porte un regard qu'il m'a semblé très pertinent et rarement trop consensuel.
Le style de Camille Bordenet s'adapte aux personnages mis en lumière. Tandis que le langage de Constance est plus soutenu, celui de Jess, Mick ou Samira est plus familier. Cela m'a paru un peu caricatural au début, puis je m'y suis faite. Les changements de point de vue ne sont marqués ni par des chapitres ni par la mise en page et pourtant les transitions sont très claires, fluides et réussies. L'autrice utilise la troisième personne du singulier, pourtant, son style est souvent très oral, créant ainsi une belle proximité avec les personnages. En revanche, je déplore quelques tournures malheureuses et inégalités d'écriture... Certains passages sont excellents, mais trop exceptionnels à mon goût. L'ouvrage est tout de même bien écrit dans l'ensemble - surtout pour un premier roman ! D'autant que j'ai beaucoup aimé l'humour de l'autrice, que ce soit dans le comique de situation ou dans ses drôles d'envolées (!). Certaines citations sont absolument succulentes ! "La cellulite, c’est comme les emmerdes : tout en même temps, au même endroit."
Le tout dernier chapitre m'a un peu laissée sur ma faim, mais c'est peut-être mieux de ne conclure que sur l'essentiel, à savoir : l'amitié.
Avec Sous leurs pas, les années, Camille Bordenet signe un premier roman qui se voulait une fresque sensible sur la ruralité française, mais qui peine à convaincre. L’histoire suit Constance Debord, présentatrice télé parisienne, rappelée dans son village natal de Valfroid, en Isère, pour l’enterrement de sa grand-mère. Dix-huit ans plus tôt, elle avait quitté sans un mot son amie d’enfance, Jess, restée au pays et ballottée entre des petits boulots précaires. Leurs retrouvailles devaient offrir la matière d’un récit intime et social, autour du fossé entre ceux qui partent et ceux qui restent, entre Paris et la province. Le projet de départ est louable : donner une voix aux oubliés des campagnes, témoigner de la désertification des services publics, des désillusions qui mènent parfois vers le vote protestataire. Mais le résultat s’avère décevant. Dès les premières pages, le ton revendiqué comme “populaire” sonne artificiel. Les dialogues, saturés de dictons et d’argot forcé, manquent de naturel. L’usage excessif de listes de marques, chanteurs, voitures, finit par ressembler à un tic d’écriture, alourdissant le récit sans le nourrir. Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages, tant leurs voix paraissaient fabriquées. Constance, double littéraire évident de l’autrice, ne parvient pas à susciter l’empathie. Son “nous” inclusif, censé rétablir un lien avec le monde rural, semble au contraire maladroit. Quant aux oppositions binaires “prolos-ploucs-fachos-barbecue” contre “bobos-écolos-tofu, elles enferment les personnages dans des clichés fatigants. Ce qui aurait pu être une chronique sociale nuancée se transforme trop souvent en caricature. Pourtant, quelques passages plus justes émergent, notamment lors de la réconciliation tardive entre Constance et Jess, autour du deuil de la grand-mère Simone. Là, j’ai enfin senti une émotion sincère, fragile, mais présente. Elle arrive cependant trop tard, et reste prisonnière d’un style trop affecté pour convaincre. En refermant le livre, demeure le sentiment d’un acte manqué : un sujet essentiel, un regard journalistique pertinent, mais une exécution romanesque fragile, qui confond parfois intention et littérature.
Découverte lors d’une émission de la Grande Librairie, Camille Bordenet m’avait impressionnée par sa présence et ses réflexions. Découvrir « Sous les pas, les années » devenait une évidence. Et, puis, elle parlait si chaleureusement de Marie-Hélène Lafon, comme d’une guide, que je ne pouvais que la lire. Cette fiction est un premier roman qui dès les premières pages sonne juste ! Jess est conductrice de car scolaire à certaines heures du jour, puis à d’autres, monitrice d’auto-école. Son compagnon est artisan, apprécié de tous, mais pas encore à son compte. Ils sont asphyxiés au niveau budget. Alors, pourquoi pas répondre à la proposition de Simone, la grand-mère de Constance de reprendre le premier étage de sa maison. D’ailleurs, ce serait aussi pour être proche d’elle, car depuis quelque temps, elle oublie quand même beaucoup. Constance lui téléphone de temps en temps, toujours pressée, entre deux émissions. Depuis de nombreuses années, elle anime des débats télévisés et semble avoir oublié d’où elle vient. Sous son maquillage, ça commence à craqueler, son ambition tout autant que son couple avec Solal, théâtreux aux mots ciselés. Et un jour, Jess doit composer le numéro de Constance. Valfroid est le bourg près du Petit-Mollard, un lieu-dit avec deux maisons. « Cul et chemises« , disait Simone pour désigner Constance et Jess durant leur jeunesse ou « Chaussettes dépareillées« . Journaliste au Monde, Camille Bordenet a décrypté la politique intérieure. Avec son premier roman Sous les pas, les années, elle propose une fiction très réussie qui explique la fracture qui existe avec les Français et leurs élites. Son ton sarcastique est plaisant et rend sa lecture très plaisante ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Jess et Constance, c’est un peu Thelma et Louise, Monica et Rachel, Serena et Blair… Des amies d’enfance, soudées à la vie à la mort. Sauf qu’à 17 ans, Constance, son bac en poche, a filé à Paris en laissant Jess, Valfroid et toute l’Isère derrière elle. Le genre de trahison difficile à pardonner, d’autant plus que Constance est devenue une de ces Parisiennes qui croit tout savoir et disserte sur “La France d’en bas” à la télé. Quand elle débarque au pays, des années plus tard, ça grince au “Bar des Sports” et Jess n’est pas décidée à lui dérouler le tapis rouge. Les rancunes sont tenaces, surtout quand elles se mêlent à la fierté locale et aux souvenirs d’une amitié brisée.
On parle beaucoup d’amour mais on parle assez peu d’amitié finalement, sauf David et Jonathan - mais je m’interroge, parlaient-ils vraiment d’amitié? Peut-être est-ce justement ce vide que l’autrice a voulu combler dans “Sous leurs pas, les années”? Elle y explore aussi le déterminisme social et cette France oubliée : celle des campagnes et des petites villes, celle à laquelle on promet des projets innovants et redynamisants, mais à qui l’on oublie de demander son avis. Cette France souvent moquée, caricaturée, qui finit par se laisser séduire par un populisme qui leur parle davantage.
Si Camille Bordenet n’évite pas les stéréotypes - mais avec sujet pareil comment ne pas? - elle réussit à dépeindre avec justesse les lieux, les ressentis et les petites absurdités de la vie. Ce réalisme un peu grinçant m’a rappelé “Le lotissement” de Claire Vesin, coup de coeur du mois d’août, ce qui est vraiment un très bon signe ! Un premier roman réussi et une très belle lecture pour moi !
On rencontre Constance et Jessica, deux anciennes meilleures amis issus de milieu rural qui ont été séparé par la vie. L’une est devenue présentatrice télé en région parisienne et l’autre est resté « au pays » conduit le bus scolaire du coin à test monitrice d’auto école. Au fil des pages, on assiste à leurs « retrouvailles », leurs deux réalités bien différentes et à leurs souvenirs communs.
J’avais hâte de lire ce livre et je dois dire que je ne suis pas déçue ! Malgré certains propos très clichés je dois dire que j’ai trouvé ça très proche de la réalité. Je ne connais pas ce coin de la France mais par chez moi c’est un peu pareil. J’ai retrouvé plein de similitudes !! J’ai passé un très bon moments. À la fin j’étais presque déçue que ça s’arrête si vite et puis finalement je trouve que ça s’arrête sur l’important !! Le reste on peut l’imaginer :)
Un livre qui trace le portrait de la société actuelle et ses disparités. Une enfant du pays qui après un exode dans la capitale revient sur les terres de son enfance, de quoi s’identifier rapidement au personnage. Un livre très descriptif, voir un peu trop, qui nous peint une société de province que l’on connaît bien à présent. Il amène à réfléchir sur ce que vivent différentes personnes, un chemin de vie très différent dans un même pays, une même région, un même village. Je recommande à des personnes n’ayant pas cette vision des campagnes française où la vie est bien différente des grandes métropoles.
une écriture molle et des clichés des personnages caricaturaux on ne fait que survoler tout ça pendant la lecture et on en perd nos émotions c’est dommage parce que ça aurait pu être un bon roman s’il avait été plus étayé.
Dans ce premier roman à l’ambiance rurale, Camille Bordenet nous raconte une histoire d’amitié entre deux jeunes filles. Constance et Jess se connaissent depuis toujours, elles habitent le hameau de Valfroid dans les terres froides de l’Isère. Mais la vie les a séparées, Constance est partie sans un mot, faire ses études à Paris et est devenue une une animatrice à succès. Tandis que Jess est restée et galère entre un job de conductrice de cars scolaires et un autre de monitrice d’auto-école. Mais à la suite du décès de sa grand-mère, Constance est de retour au village. À partir d’une histoire, somme toute banale, l’autrice, journaliste en charge de la rubrique ruralité au Monde, décrit la campagne avec réalisme. C’est là toute la force du roman, nous raconter par de petits détails l’expérience de la vie dans ce territoire isolé. Camille Bordenet connaît sur le bout des doigts les enjeux qui traversent aujourd’hui les campagnes et les intègrent avec brio à cette histoire.