L'édition avec jaspage est une édition limitée. Après épuisement des stocks avec jaspage, le livre sera édité en version classique avec tranche blanche.
Leur passé est un secret. Leur avenir, une guerre. Leur amour, une arme. Nina, princesse impériale de l'empire du Jour, vit dans un monde où seuls des sacrifices humains permettent de repousser la nuit ensorcelée, une malédiction imposée par l'empire de la Nuit. Cependant, Nina est déterminée à réussir là où son père a échoué et mettre un terme à cette punition sanguinaire... Quitte à bafouer la volonté des dieux et franchir la montagne-frontière dans le but de s'offrir elle-même en sacrifice à l'empereur ennemi. Mais face à Bregov, le souverain impitoyable de la Nuit, les règles du jeu changent. Car leurs destins sont liés par un passé qu'aucun d'eux n'a oublié. Trahison, passion, magie et vengeance se mêlent dans une bataille où chaque décision pourrait briser un empire... ou un cœur.
Une romantasy séduisante… mais dont le monde reste un décor
J’aime la romantasy. Vraiment. Mais pas quand le monde n’est qu’un prétexte.
Dans La Nuit des sacrifices, l’univers annoncé semblait intéressant(empires, magie, nuit ensorcelée) mais il reste malheureusement creux. Les informations essentielles manquent, et à force de zones floues, le décor cesse d’exister autrement que comme toile de fond à une relation. En vérité, le monde est là pour servir l’histoire d’amour, pas pour exister par lui-même.
1 - Des incohérences de worldbuilding difficiles à ignorer
Durant ma lecture, je me suis posée énormément de questions. - Comment l’Empire de la Nuit se nourrit-il sans soleil ? Agriculture, cycles biologiques : rien n’est exploré. - Dans l’Empire du jour, le temps s’écoule deux fois plus vite sous la nuit ensorcelée : comment évolue un fœtus ? Qu’en est-il des femmes enceintes, des nourrissons qui doivent jeûner pendant 20h ? - Le monde semble se réduire à trois empires ennemis, sans périphérie, sans peuples secondaires. C’est difficile à concevoir. Difficile de vivre en autarcie.
Ces manques donnent l’impression d’un univers non pensé jusqu’au bout, alors qu’il aurait mérité profondeur et cohérence.
2- La sexualisation permanente
La vulgarité n’est pas un problème en soi. Mais je trouve que ça revient trop souvent en Romantasy pour créer un effet sexy ou badass… sauf que je trouve ça ni sexy ni badass.
Une critique que j’ai lu trop tard évoquait une première scène de sexe « presque pornographique ». J’irais plus loin : elles le sont toutes.
Le système de notation évoque deux flammes sur trois. On est en droit de se demander : qu’est-ce que trois flammes, alors ?
3- Une obsession du physique qui appauvrit les personnages
Les personnages sont constamment décrits comme beaux, magnifiques, désirables.
À force : - la beauté devient un tic d’écriture, - l’attirance se limite au physique, - la profondeur émotionnelle s’efface.
C’est dommage, car cela enferme les personnages dans une surface, là où la romantasy gagne justement à explorer désir, conflit intérieur, valeurs et contradictions.
4-Des passages politiques peu crédibles
Le fait que les Empereurs se fassent appeler par leur prénom par strictement tout le monde, ça n’invite pas au respect. On peine à comprendre les pouvoirs réels, ou même la logique interne du régime.
Il y a un segment aussi impliquant une conversation avec le gouvernement de l’Empire du Jour qui frôle l’absurde.
Et la conversation que les deux empereurs ont juste avant tourne en rond ( comme d’autres conversations):
« Pourquoi tu n’es pas inquiet ? » « Parce que c’est ton gouvernement. » « Ce n’est pas une dictature. Je n’ai pas les pleins pouvoirs. » Bla bla bla. « Tu es inquiète ? » « Non, je suis l’impératrice, bordel… » Et tout ça sur une seule page ! Faut savoir!
5-Problèmes de langue et de construction
On relève : - des fautes de typographie (cheveux / chevaux, morts / mots), - des soucis de concordance des temps, - des dialogues qui stagnent sans faire avancer ni l’intrigue ni les personnages. - des problèmes stylistiques. Exemple : l’utilisation de « alors que ». « Alors que » appelle normalement : une opposition claire, ou une simultanéité précise. Ici, il est souvent utilisé de manière orpheline : sans proposition à laquelle s’opposer, sans ancrage temporel.
Exemple symptomatique :
« Alors que les fondations de mes croyances sur l’absence de magie au sein de l’empire du jour se sont effondrées. »
Le lecteur attend : - par opposition à quoi ? - en même temps que quoi ?
À force, cela crée une sensation de phrases en suspension, mal arrimées au texte.
6-Une fin qui laisse un goût amer
Au final, l’impression dominante est celle de deux personnages profondément égoïstes, dont les choix semblent davantage dictés par la volonté de prolonger le récit que par une nécessité narrative réelle.
En conclusion
La Nuit des sacrifices possède une promesse forte et un potentiel évident.
Mais entre : - un worldbuilding insuffisant, - une sexualisation omniprésente, - des incohérences politiques, - et des fragilités stylistiques,
le roman peine à dépasser le stade de la romantasy de surface.
Une lecture qui peut plaire à celles et ceux qui cherchent avant tout l’intensité charnelle, mais qui laissera sur sa faim les lecteurs comme moi, en quête d’espace, de souffle, et d’un monde qui tient debout.
C’est mon mega coup de coeur ! J’adore les autres livre mais lui… omg trop bien je bosse mais je l’ai fini bcp plus vite que normalement ! Go go go foncez !!!