"Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus." Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
Delphine de Vigan is an award-winning French novelist. She has published several novels for adults. Her breakthrough work was the book No et moi (No and Me) that was awarded the Prix des Libraires (The Booksellers' Prize) in France in 2008.
In 2011, she published a novel Rien ne s'oppose a la nuit (Nothing holds back the night) that deals with a family coping with their mother's bipolar disorder. In her native France, the novel brought her a set of awards, including the prix du roman Fnac (the prize given by the Fnac bookstores) and the prix Renaudot des lycéens.
ce livre restera à jamais dans mon âme comme l'ouvrage où il est écrit dans le plus immense des premiers degrés, à une fin qui est clairement d'émouvoir le lecteur : "tu files vers le sud et je file un mauvais coton". un roman qui nous apprend que les téléphones c'est très mal. un texte pourvu des plus grands plot holes de l'histoire et de sublimes armures en scénario armé. "wow c'est fou elle a enregistré toutes ses séances de psy sur son téléphone et Thomas découvre tout dans l'exact bon ordre qui fait monter le peu de tension dramatique à son artificiel maximum !!!" élu personnage féminin trentenaire le moins crédible de la décennie.
J’ai été déçue par la platitude du style et le côté très banal de cette histoire. La trace numérique laissée par nos vies est un sujet intéressant mais le traitement qui en est fait est trop naïf et premier degré à mon sens. On a l’impression que l’autrice elle-même écrit des phrases un peu mécaniques, très convenues, formatées pour un certain goût sans doute. On retrouve de temps en temps la finesse et la bienveillance habituelles de Delphine de Vigan mais je suis restée sur ma faim, attendant en vain un rebondissement qui aurait « sauvé » ce livre à mes yeux.
J’avais du mal au début avec la narration, que je trouvais un peu fausse et superficielle et finalement ben il faut donner sa chance à ce roman.
C’est finalement une très belle fenêtre sur une génération en mal être, lié à la violence et au chagrin du monde. Très existentialiste, ce livre fait réfléchir et étrangement on s’´identifie . C’est aussi un entremêlement intergénérationnel touchant, remplir d’empathie, de compassion avec la simple envie de comprendre l’autre. Plus que les destins des personnages de Romane ou Pauline, l’intérêt c’est le regard de Thomas, qui veut juste comprendre et se projette sur son propre mal-être et histoire.
BREF
Ne vous laissez pas avoir par les 100 premières pages qui font un peu Foenkinos, la profondeur progressive du récit vaut le coup
Delphine de Vigan nous tend un miroir où nous lisons : Je suis Romane Monnier.
Elle revient avec un roman qui marque les esprits de par son écriture (toujours), son style audacieux et les questionnements qu'il soulève : réseaux sociaux, intelligence artificielle, solitude moderne... Véritable chronique de l'ère post-vérité, on est touché par la justesse du fond et l'authenticité de ses personnages. Un incontournable de cette rentrée d'hiver 2026.
Retour de Delphine de Vigan à ses thèmes de prédilection : la psychologie, la fragilité psychique et l’intime. Avec ce roman, elle nous offre une histoire troublante qui entremêle deux destins à travers un objet du quotidien : le smartphone. Thomas, la cinquantaine, père solo, élève seul sa fille Léo depuis son plus jeune âge. La mère de Léo, Pauline, a disparu brutalement sans explication (et sans même l’avoir vraiment averti de sa paternité au départ), le laissant assumer seul toutes les difficultés de l’éducation. Il a traversé les années compliquées de l’enfance et de l’adolescence de Léo, les questionnements, les reproches et la culpabilité de lui avoir transmis un « ADN malchanceux », comme il le ressent parfois. Thomas entretient une amitié précieuse avec ses voisins (ou amis proches) Nathan et Nour, un couple serviable, diplômé de grandes écoles, qui a lui aussi connu des difficultés pour avoir des enfants. Un soir, dans un bar parisien (La Malice), une jeune femme inconnue, Romane Monnier, glisse discrètement son téléphone portable dans la poche du manteau de Thomas avant de disparaître volontairement. Elle lui laisse ainsi accès à toute sa vie numérique : photos, notes, messages, enregistrements, fragments intimes. À travers ce téléphone, Thomas va peu à peu décortiquer l’existence de Romane, une femme qu’il ne connaît pas, et plonger dans ses fragilités, ses questionnements existentiels, sa quête d’authenticité et sa décision radicale de tout quitter. Cette immersion fait écho à sa propre histoire de disparition, d’abandon et de solitude. Le roman explore avec finesse nos traces numériques, la construction (et la disparition) de l’identité à l’ère du smartphone, la souffrance psychique et le poids de la famille. 4 ⭐️
I was really excited to read this and was worried, after a few pages, that I was about to get disappointed. Thankfully, the story/writing kept getting better and better. By the end, I was hooked. Something about this book hits very (too) close to home. And it’s not just because her last name is Monnier, that her friend is called Garance, that some of the passages and memories felt very similar to personal experiences... It did something to me and I was in tears by the end.
Ne pas se reconnaître dans notre époque, un sentiment répandu dans l'art depuis la nuit des temps. Depuis "Les enfants sont rois", Delphine de Vigan en a fait un thème obsessionnel, qui est exploré ici avec beaucoup de sensibilité.
Un soir dans un bar, Vincent quitte avec un téléphone cellulaire qui ne lui appartient pas. La femme qui en est propriétaire disparaît, mais juste avant elle lui laisse ses accès. Il enquête donc sur sa vie à travers les informations que recèlent ses applications mobiles, une démarche aussi fascinante qu'intime.
Delphine se désole elle aussi de la prolifération de zombies fonctionnels, dont le regard demeure en tout temps scotché à l'écran de leur cellulaire. Sans être une invitation à revenir à l'analogue, ce captivant roman nous incite à réfléchir sur nos priorités et nos modes de vie hyperconnectés.
Dans « Les enfants sont rois », publié en 2012, Delphine de Vigan interrogeait notre rapport aux réseaux sociaux. Dans « Je suis Romane Monnier », elle met à nu notre rapport au téléphone portable.
Lors d’une soirée dans un bar, Romane Monnier échange son téléphone avec un inconnu et disparaît. Thomas, à qui ce téléphone est confié, en reçoit le code lors de la récupération de son propre téléphone.
Romane, elle, ne souhaite pas récupérer le sien. Elle laisse derrière elle ce prolongement quasi organique de son existence et tout ce qu’il contient.
En s’y plongeant, Thomas espère en apprendre plus sur cette femme au comportement bien étrange… Abandonner son téléphone, quelle drôle d’idée !
Delphine de Vigan utilise toute la matière que renferme cet appareil pour dessiner le portrait de Romane, puis laisser entrevoir quelques instants épars de son existence. Messages, vocaux, notes griffonnées à trois heures du matin, statistiques de sommeil qui dessinent l’insomnie, toutes les applications présentes dans le téléphone permettent de recréer un puzzle et d’entrevoir celle qui revendique « Je suis Romane Monnier ».
Le texte n’est pas construit de manière linéaire, il se nourrit par petites touches, une sorte de juxtapositions d’éclats, de ruptures, et de contradictions. Il fait cohabiter l’essentiel et l’anecdotique, les cris de désespoir et les confidences chuchotées.
Comme Romane, le lecteur baigne dans un océan d’informations fragmentées où le sens peine à émerger. Romane incarne une forme de noyade, d’asphyxie par saturation, comme si chaque notification ajoutait une gorgée d’eau.
Pourtant, il n’y a pas chez Romane de drame identifiable, de trauma explicite ou de catastrophe fondatrice qui permette de comprendre don geste. Le lecteur ressent simplement une énorme fatigue qui s’installe jusqu’à ensevelir toute envie de continuer. Son téléphone, qui parle pour elle, dit un décalage avec le monde, montre une incapacité à « jouer le jeu » en faisant semblant que tout va bien. Cette impression d’être constamment en représentation, d’ajuster sans cesse le masque social emporte jusqu’au vertige.
Ainsi, dans « Je suis Romane Monnier », ce réflexe est devenu presque automatique, se montrer, se raconter, lisser ce qui dépasse. On publie, on répond, on réagit, parfois sans même savoir pourquoi.
Les réseaux sociaux, nous somment de mettre en scène nos réussites, de documenter nos bonheurs, de prouver que nous existons. Alors, que faire lorsque le désir de jouer se retire ? Lorsque la simple idée de continuer à alimenter cette machine narrative devient insupportable ? Romane incarne ce point de rupture où l’injonction à être visible devient une violence.
Autour de Romane gravitent des amis bienveillants et inquiets. Sa souffrance dérange et fatigue.
« Je suis Romane Monnier » met le doigt sur une vraie difficulté sociale… Nous savons accompagner les drames lisibles ou les maladies identifiées, mais face à quelqu’un qui s’éteint sans raison claire, nous sommes démunis.
Delphine de Vigan met ici en lumière l’une des grandes solitudes d’aujourd’hui : hyperconnectés, nous restons désespérément seuls. Certes, les outils de connexion se multiplient, mais l’isolement gagne du terrain.
Romane devient le symbole de tous ceux qui glissent entre les mailles du filet social, qui ne rentrent pas dans les cases prévues par nos protocoles d’empathie.
L’histoire d’amour vécue avec Loïk fonctionne d’ailleurs comme un révélateur. À l’ivresse de la rencontre, à l’illusion d’être enfin comprise succèdent des silences qui s’étirent et des messages qui restent sans réponse.
Cette asymétrie du désir creuse un abîme qui permet à l’autrice de s’y engouffrer pour explorer cette violence sans éclat : les mots deviennent des armes, les silences, les moments où le « vu » sans réponse devient torture.
Nos modes de communication contemporains laissent entrevoir le paradoxe de nos relations. Tout en étant hyperconnectés, nous sommes réellement inaccessibles.
« Je suis Romane Monnier » pose une question essentielle : avons-nous encore le droit de nous retirer de l’espace numérique ? À force d’être attendus partout, tout le temps, la présence continue laisse-t-elle encore une place au silence, à la disparition choisie ? Romane y répond en abandonnant cet objet qui dicte nos vies, en se soustrayant à cette injonction. Dans une société où chaque instant peut être documenté, partagé, commenté, choisir de ne plus alimenter la machine devient un acte de résistance et un geste presque politique.
La relation qui se tisse entre Romane et Thomas est la grande subtilité du roman. En se plongeant dans son téléphone, Thomas se confronte en réalité à ses propres failles, et à son existence tout entière.
Ainsi, Delphine de Vigan tisse un double portrait en miroir, où celui qui cherche à comprendre découvre qu’il est, lui aussi, un mystère pour lui-même. En effet, Thomas porte ses propres zones d’ombre et ses blessures.
En reconstituant le parcours de Romane, il exhume ses propres fantômes, ses relations avortées, ses occasions manquées. Cette quête devient progressivement une exploration de soi.
Chaque découverte dans le t��léphone de Romane exhume quelque chose d’enfoui en lui et le force à s’interroger sur sa propre manière d’être au monde, sa capacité à être présent ou à vraiment voir les autres.
Si Romane et Thomas ne se ressemblent pas, ils partagent cette même difficulté à habiter pleinement leur vie et ce décalage avec le réel. En cela, ils incarnent une condition plus universelle : celle de tous ces êtres qui traversent l’existence avec une impression de non-coïncidence avec eux-mêmes.
Cette construction en double fait toute la richesse de « Je suis Romane Monnier ». À divers degrés, nous sommes tous des Romane en puissance, traversés par des moments où tenir debout devient un effort.
En cela, le roman accomplit un geste profondément empathique. Il place Romane au centre d’une humanité partagée, où chacun porte ses zones d’ombre, ses moments de retrait, ses tentations de disparition.
Thomas devient le témoin de cette vérité inconfortable : nous sommes tous, parfois, au bord de ne plus pouvoir continuer. Cette reconnaissance d’une fragilité commune laisse entrevoir la possibilité d’un lien véritable.
« Je suis Romane Monnier » ouvre une brèche de ce qu’on fait semblant de maîtriser au quotidien : répondre, tenir, assurer, rester fonctionnels.
Delphine de Vigan pose un diagnostic sans concession de cette vie branchée sur secteur : être joignable, disponible, performant. Les applis comptent nos pas, nos heures, nos cycles, et nous, on finit par se regarder vivre à travers des courbes.
La société accumule des données sur nous à l’infini et archive chacun de nos mouvements numériques avec notre accord. Nous sommes devenus des banques de données ambulantes vidées de substance, en quête de sens.
Cependant, sous le vernis de l’hyperconnexion, sous l’illusion de la proximité permanente, des êtres s’éteignent dans l’indifférence la plus totale. En réalité, « Je suis Romane Monnier » montre la face cachée du progrès technique : la souffrance psychique et la santé mentale.
Le texte dit aussi la violence invisible de notre époque. Il n’y a plus besoin de coup ni de cri pour détruire quelqu’un. Il suffit de silences répétés, de messages sans réponse, de promesses qui s’évaporent, d’attentes déçues en boucle. Cette violence-là ne laisse pas de traces visibles. Elle n’est pas reconnue socialement. Pourtant, elle use.
Enfin, l’écrivaine questionne notre identité numérique. Qui sommes-nous à travers nos téléphones ? Ces archives de SMS, de photos, de recherches Google, de playlists, etc., composent-elles vraiment notre vérité ?
En fouillant le téléphone de Romane, Thomas découvre des milliers de données, mais ne la comprend pas davantage. C’est peut-être là le paradoxe central : on laisse partout des miettes de soi, et pourtant, on n’a jamais été aussi difficiles à connaître vraiment.
« Je suis Romane Monnier » devient ainsi un miroir tendu à nos vies saturées d’écrans. Il nous montre que derrière l’accumulation technologique, derrière cette frénésie de communication, se cachent des solitudes abyssales.
Peut-être que le véritable enjeu de notre époque consisterait à réapprendre l’écoute et l’empathie. Précisément cette part d’ombre qui nous rend humains.
Roman reçu en service de presse — Chronique non rémunérée
Qu’est ce que c’était boumer. Et plutôt bâclé aussi c’est dommage parce que le portrait en creux de ces femmes auraient pu être captivants — d’ailleurs c’est ce qui sauve le livre !
Très déçue par ce livre. Idée interessante que celle du téléphone qui peut nous définir, en partie. Mais il s’agit aussi du thème de la disparition, qui peut ne pas être réjouissante si on n’est pas prévenu. Par ailleurs, je n’ai malheureusement pas du tout retrouvé le style de Delphine. Je suis d’accord avec certaines autres critiques. On est loin de la profondeur des « enfants sont rois » ou des « loyautés. »
Je n’étais clairement pas la cible 💁♀️ On nous fait miroiter un suspense qui ne mène à rien, pour faire passer de pseudo réflexions sur la technologie et la jeunesse qui sont sans nuance et boomeuses (certains dialogues font hurler)………….. C’est vraiment long pour pas grand chose, ça tourne en rond tres vite, rester focus sur Thomas aurait été bien plus intéressant.
En abandonnant son téléphone entre les mains de Thomas - un inconnu à côté de qui elle était assise au bar La Malice - Romane Monnier a fait de lui le dépositaire de sa vie passée : ses photos, ses vidéos, ses échanges sur les réseaux, ses enregistrements de consultations chez son psy,... Mais pourquoi se débarrasser de son téléphone ? Qui aurait l'idée de faire cela aujourd'hui, de se dire que finalement, il ou elle va s'en passer ? Après les réseaux sociaux, Delphine de Vigan s'attaque à nouveau à un sujet au cœur de nos vies : notre rapport au smartphone, la place qu'il occupe dans notre quotidien, le temps qu'il nous grignote... ou dévore. L'angle choisi par la romancière est aussi intriguant que captivant : Thomas s'immisce dans le téléphone de cette inconnue, et mû par la curiosité, il va chercher à comprendre qui elle est et pourquoi elle a choisi de se séparer de cet objet devenu incontournable dans nos vies. J'ai adoré ce récit émouvant qui offre une réflexion profonde sur les relations humaines et le poids vertigineux de notre empreinte numérique. Comme dans chaque roman de Delphine de Vigan, j'ai été emportée par son écriture si juste et ses personnages attachants.
Je retiens ce passage du journal de Romane Monnier : "Les gens que je côtoie, pour la plupart, ne se séparent jamais de leur smartphone. Nous ne pouvons plus renoncer à cette possibilité d'être là, quel que soit le lieu, et d'échanger avec ceux qui n'y sont pas... illusoire don d'ubiquité. Dangereux sentiment de toute-puissance. Car il nous faut désormais conjuguer plusieurs réalités : celle où nous sommes, mais aussi celle que nous partageons avec une multiplicité de contacts, d'amis, plus ou moins lointains, qui composent cette constellation réelle et virtuelle que je ne parviens même plus à me représenter. Je n'arrive plus à être ici et ailleurs en même temps. A mener de front toutes ces conversations. Cela m'épuise et me disperse."
J'ai adoré ce nouveau roman de Delphine de Vigan, très actuel et qui nous fait réfléchir à notre rapport au smartphone.
Car c'est bien ce petit objet devenu nécessaire et indispensable qui est le personnage principal de ce roman. C'est par lui que se rencontrent Thomas et Romane, c'est par lui que Thomas réfléchit à sa vie et replonge dans son passé, quand Pauline a disparu du jour au lendemain, quand il a appris quelques années plus tard qu'il avait une fille et que toute sa vie allait changer. Son incursion dans la vie de Romane soulève le rideau de sa propre mémoire.
Au travers des applications installées sur le smartphone de Romane, des divers messages et données enregistrées au gré des mois, Thomas retrace sa vie et ses habitudes pour essayer de comprendre qui elle est et pourquoi elle a fait ce qu'elle a fait.
Un roman qui questionne nos habitudes, l'authenticité de nos liens sociaux, la vérité de notre personnalité. Comment sait-on qui on est vraiment, comment savoir si l'on joue un rôle ?
"Comment résister à l'époque quand celle-ci nous submerge d'émotions, de sensations, qu'elle nous gave de fake news et d'amis virtuels ? Quand elle a rendu le mensonge si semblable à la vérité ?"
Je l’ai acheté parce que c’est Delphine de Vigan, évidemment, et parce que ça parle de vérité.
Je l’ai approché un peu perplexe parce que j’accroche moins avec Delphine de Vigan quand c’est trop ancré dans le contemporain et que c’est de la fiction (même si il y a toujours de l’inspiration du réel et je commence à reconnaître certains thèmes récurrents). Finalement j’ai été agréablement surprise.
Encore une fois un livre compilation de formats (extraits d’enregistrements audios, messages, notes) — c’est vraiment le truc du moment de casser les formes du récit — mais finalement ici ça se prête bien à l’histoire, comme si nous étions en immersion nous même dans le téléphone.
Et puis il y a de bons questionnements sur notre époque, notre rapport à la technologie, à la solitude, et sur la disparition de la vérité (même si ce thème l’a je l’ai trouvé un peu forcé et répétitif). Rien de vraiment révolutionnaire mais c’est bien formulé, on s’y retrouve, et ça fait une piqûre de rappel.
Je retiendrai ceci de cette très belle lecture : "Il arrivera un moment où nous n'en pourrons plus de nos photos de profil, de nos selfies à bout de bras, de nos commentaires à bout de souffle, de nos amis imaginaires, où nous n'en pourrons plus d'avancer ainsi, nus, surexposés, avec toutes nos données dehors, débraillées, livrées en pâture avec ou sans consentement, sur une toile illisible, truffée de pièges. "
jamais déçue et sans doute peu objective avec Delphine De Vigan, ce livre ne va pas effacer mon amour pour cette actrice. agacée au départ par la fin, le talent de De Vigan opère si bien que je l'ai trouvé parfaite dès le lendemain de la lecture
j’ai beaucoup aimé la narration autour du personnage de thomas et de son entourage en revanche j’ai moins apprécié les parties imitant les éléments du téléphone que j’ai trouvé moins crédibles
Le cheminement de pensées est un peu flou au début … Pour exploser à la fin et je suis poser ce questionnement incessant: que restera-t-il de nous ? Quelle trace laissons nous ? Est-ce que les relations amicales/amoureuses existent toujours réellement ou sont-elles devenus existantes au travers des réseaux et d’un écran ?
Pourquoi plaçons nous notre téléphone au centre de notre vie ?
Qu’est-ce qui nous permet de délier le vrai du faux sur les réseaux ?
J’ai le cerveau qui va exploser, mais désolée: je pars vivre ma meilleure vie loin de ce monde imaginaire qu’est le virtuel
J’ai bien aimé, mais je ne pense pas que c’est une lecture qui va m’habiter longtemps. Il y a beaucoup de thèmes intéressants (réseaux sociaux, Internet, solitude, mal-être), mais qui sont, pour moi, un peu laissés en surface, sans réel approfondissement. C’était, en général, bien, je pense que le livre fait réfléchir sur notre rapport aux réseaux sociaux (et au rapport intergénérationnel).
Avec son roman, Delphine de Vigan nous offre comme d’habitude un regard sur nous-mêmes, sur nos fragilités et celles de notre société…J’aime son style simple, lucide et percutant et c’est toujours un plaisir de se plonger dans son univers. J’avoue que cette histoire de téléphones échangés m’a bien accrochée dès le début ! Thomas, jeune père célibataire, se retrouve en possession du smartphone d’une certaine Romane Monnier qui ne semble pas si pressée de retrouver « ce partenaire de vie » devenu si indispensable pour beaucoup. Malgré les efforts de Thomas pour retrouver son propre smartphone, Romane semble s’être évaporée… jusqu’au jour où il comprend que ce n’est pas un hasard. Commence alors pour lui le rituel d’exploration des données de cette mystérieuse Romane Monnier. Confronté au « syndrome du nid vide » depuis l’envol de sa fille Cléo, il semble subir l’attraction du téléphone abandonné pour tenter d’expliquer le geste de sa propriétaire. De notre côté, nous découvrons deux personnalités, un peu malmenées par la vie, dont les vies semblent se répondre en écho et adoptons un regard distancié sur nos propres habitudes avec le smartphone. « La joie qu'il ressent en retrouvant l'appareil le surprend lui-même d'une seconde à l'autre, il respire mieux, il se sent enfin relié à l'extérieur, il n'est plus seul, il envisage l'avenir avec sérénité. Voilà heureux et soulagé comme il ne l'a pas été depuis longtemps. On lui aurait rétabli l'électricité et l'eau courante, sa joie n'aurait pas été beaucoup plus grande. Il songe un instant à cette aliénation insensée qui s'est insinuée dans sa vie comme dans celle de la plupart des gens qu'il connaît, il suffit de regarder autour de soi : des dizaines de visages pensés sur leurs écrans dans le métro, dans la rue, qui ne se regardent plus, ne regardent plus le ciel, ne regardent plus leurs enfants, mais continuent d'avancer ainsi, tête baissée, aveugles au monde auquel ils se croient reliés. » J’ai bien aimé le sujet et le personnage de Thomas qui scrute la vie de Romane en relisant la sienne. Par contre, plus j’avançais dans le roman, moins j’adhérais au personnage de Romane, complètement désincarné…C’est certainement le but de D. de Vigan mais j’avoue avoir éprouvé la sensation de lire parfois un essai -très intéressant toutefois- plus qu’un roman. Un petit regret donc pour finir.
Depuis cinq ans, Delphine de Vigan s’était tue, littérairement parlant. Ce mois de janvier voit la publication de « Je suis Romane Monnier« . Un samedi soir dans un bar de mars 2025, Thomas retrouve son copain, Nathan pour ensemble refaire le monde une énième fois. Au matin, il constate que le téléphone qu’il a en main, n’est pas le sien. Au lieu de récupérer le sien, la jeune femme lui abandonne le sien avec le code. Va suivre une véritable enquête pour déterminer qui est Romane Monnier, pourquoi un tel geste et quels en sont les objectifs. Ce roman soulève la question lancinante de l’héritage laissé par ceux qui s’en vont et, par extension, des empreintes que nous-mêmes voulons laisser derrière nous lorsque la mort nous emportera. Il y a dans « Je suis Romane Monnier » une mélancolie à laquelle Delphine de Vigan ne nous avait pas habitués. Heureusement, le final emporte le lecteur vers un apaisement, une sorte de renaissance appréciée. Mêlant, comme toujours, l’intime avec l’universel, Delphine de Vigan réussit à capter l’air du temps en incluant nos interrogations sur nos traces que le téléphone enregistre à notre insu à une fiction sur la disparition, volontaire ou non. Du bel ouvrage ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
J’ai refermé ce roman avec un sentiment mitigé. Le postulat de départ est pourtant très fort : un téléphone échangé par erreur, et la possibilité de découvrir une inconnue à travers ses messages, ses notes, ses enregistrements. L’idée est intrigante, presque fascinante, et donne immédiatement envie d’avancer.
J’ai apprécié la construction du récit, les différentes formes narratives, ainsi que le parallèle entre la vie de Romane et celle de l’homme qui se retrouve en possession de son téléphone. L’ensemble est fluide, bien mené, et je suis restée impliquée dans l’histoire.
Mais la fin m’a laissée sur ma faim. Malgré l’accès aux pensées les plus intimes de Romane, j’ai eu le sentiment de ne jamais vraiment la connaître. Comme si, paradoxalement, cette accumulation de traces ne permettait pas d’atteindre une véritable profondeur émotionnelle. J’ai eu l’impression de rester en surface, là où j’attendais une révélation plus forte.
Ce roman reste intéressant par sa réflexion sur l’intime, l’exposition de soi et ce que nos données racontent (ou non) de nous. Toutefois, ce n’est pas le livre de Delphine de Vigan que je recommanderais en priorité. Pour découvrir ou redécouvrir l’autrice, Les enfants sont rois me semble bien plus marquant.
24 mars 2026. Justesse des mots, charge émotionnelle des phrases qui nous touchent en plein cœur, apparente simplicité, ça semble léger, aérien. Roman où deux solitudes se télescopent, deux destins cabossés s’entrecroisent. La plume de Delphine de Vigan est sobre, son regard lucide sonde avec acuité les pratiques de notre société, son aliénation au monde virtuel. Et puis l’interrogation autour du droit à disparaître volontairement, d’organiser son effacement social, partir dans la réalité et suspendre toute activité numérique. C’est l’histoire de deux êtres, seuls, angoissés à la recherche de d’authenticité et de vérité, deux êtres qui se sont presque rencontrés. Delphine de Vigan a un don, celui de tirer en plein coeur ! « Je suis Romane Monnier ». Delphine de Vigan. Gallimard. Paris.2026.
"Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus." Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
A mobile phone, once belonging, becomes territory: territory to mirror experience. It has become the nec plus ultra. Without it we are searching for a complement to our lives. With it we are enslaved. Can we do without? What does it bring that the gifts we have from Nature haven’t already endowed us? At the present time, the issue of limiting use, imposing restrictions has become central to concerns about healthy living. This novel is topical, it has an urgency about it. It echoes, hauntingly, much that we encounter : what we choose to encounter and what chooses us… The book has a dark appeal and as we turn its pages we become enveloped in a horror story that is inseparable from our own persons….
Il y a l'histoire de Romane Monnier que nous découvrons en parallèle de celle de Thomas, doucement au fil des pages. Des histoires de vie crédibles, bien racontées par fragments. Mais ce sont de belles réflexions sur plusieurs sujets qui m'ont surtont interpellée ; la parentalité, la vérité, l'authenticité, les liens sincères ou non entre les gens, l'égocentrisme, le je-m-en-foutisme et l'aquoibonisme de tant de personnes, l'effacement, les écueils du numérique, l'omniprésence dans nos vies des téléphones intelligents qui contiennent un condensé de nous (photos, échanges avec les autres, documents, applications, suivis de toute sorte, etc.).
J’aime beaucoup de Vigan. Je trouve qu’elle excelle à raconter la vie ordinaire.
Je me suis beaucoup attachée à Thomas et à son histoire personnelle. J’ai aimé le découvrir, suivre son parcours atypique quant à sa paternité. Un père monoparental c’est quand même pas si présent dans la littérature.
Le filon de Romane Monnier ne doit pas être pris comme une enquête. Cela sert à faire avancer le personnage de Thomas et non à trouver des réponses. Soyez prévenu ça pourrait être décevant.
Les réflexions m’ont remué. Toutes les réflexions sur la vérité et les différentes versions des gens en fonction de nos mémoires défaillantes et de nos interprétations des situations. Tout ce qui relève du vrai et du faux en dans une ère de RS et encore plus avec l’IA.
j'ai trouvé que malheureusement Delphine De Vigan ne sort pas vraiment du cadre de son roman précédent.. notre dépendance à nos portables, l'impact de ces appareils sur notre quotidien... la fenêtre trouvée ici pour changer de vie aurait pu être différente.. disparaître ou changer d'identité peut se faire autrement...
#Les disparus du Japon.
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3.5 ? Par moment le discours sur les téléphones et algorithmes est un peu boomer et redondant et j'ai un léger goût d'inachevé en terminant ma lecture Mais sinon j'ai été happée ! C'est fluide, j'ai aimé découvrir les personnages et nous aussi on a envie d'en savoir plus sur Romane Monnier