Si nous sommes beaucoup à nous sentir épuisé·es, à ressentir le besoin de ralentir sans jamais y parvenir, c'est peut-être parce que nous sommes encombré·es : d'objets, d'injonctions, d'urgences, d'informations, de bruits, de choses à faire... Cette accumulation nous étouffe.
Face à cet encombrement, aussi bien matériel que psychique, les méthodes de rangement ne suffisent pas. Car elles n'en interrogent pas les causes profondes, inscrites dans une culture qui valorise la consommation, l'accélération et la performance permanente.
Avec Faire de la place, Karine Sahler nous montre comment enfin ouvrir un espace dans nos têtes et dans nos vies.
Agrégée de géographie et diplômée du Master d'Expérimentation en Arts Politiques dirigé par Bruno Latour, Karine Sahler a enseigné une dizaine d'années avant de co-fonder une compagnie théâtrale où elle s'est investie dans des créations qui questionnent la société, la violence et l'environnement. Artiste féministe et engagée, elle développe aujourd'hui de nombreux projets mêlant art, réflexion sociale et sensibilisation aux grands enjeux actuels, comme les crises environnementales et sociales.
Faire de la place, c'est un passage par la matérialité de nos vies, pour comprendre leur importance et mieux être au monde.
Ce livre rassure et dérange car il nous met face à nos contradictions écologiques et éthiques. Il nous rappelle que la recherche de solutions individuelles à un problème systémique ne suffit pas et nous en apprend davantage sur ce système qui nous tient sous son emprise.
L'autrice nous amène à reconsidérer notre rapport à la vie matérielle et quotidienne, et par là à davantage prendre soin de nos objets, de nous, de celleux à qui on tient. Elle ne l'avance pas comme une injonction ou une tâche de plus à ajouter à notre to do list mais comme une invitation à faire de la place pour ce qui compte vraiment.
Ce n'est pas un livre de développement personnel, c'est un essai politique, un moyen de faire émerger les consciences et un rappel qu'user de la force du collectif pour réinventer nos imaginaires et reconstruire une société plus heureuse est possible.
Face à la prolifération des objets, l'accumulation des choses et des contenus, nous avons de plus en plus de mal à respirer. Que dit de nous cette incapacité à nous désencombrer ? Pourquoi ressentons-nous ce besoin de posséder et de rentabiliser (des choses, notre temps et nos relations) ? Une réflexion passionnante et utile, à mettre entre toutes les mains !
en même temps, il y a des réflexions que j’ai trouvées très intéressantes autour de la matérialité, de l’écologie, de notre rapport au temps, au monde, à l’accumulation.
autant j’ai été moins sensible aux petites réflexions sur la méditation et la pleine conscience, qui me semblent souvent être des courants philosophiques/spirituels déconnectés de la réalité.
en dehors de ça, moi ça me parle parce que je suis blanche, aisée (enfin précaire maintenant, mais mon capital culturel et économique familial est important, breeeef), que j’ai pu choisir de faire ce que j’aime et que mon rapport au vivant existe… et oui, souvent le livre rappelle bien les privilèges et la domination… et oui, le capitalisme, c’est la domination des corps, ce sont les inégalités qui se maintiennent, c’est l’exploitation, c’est le maintien des privilèges, et si ça changeait alors on aurait tous plus de temps, de place, et la possibilité de vivre le monde autrement. mais, ok, le livre le dit. or, globalement, le propos de ce livre, c’est aussi de se dire : malgré ça, comment je peux faire aujourd’hui pour m’en échapper, moi (et faire mieux, ok, mais bon), et ça, ça ne s’adresse pas à tout le monde.
ce n’est pas nécessairement un problème, parce que oui, il y a des inégalités et oui, ce livre parle à ceux qui ont le privilège de pouvoir. c’était juste ma petite réflexion, voilà.
Voilà un essai qui me réconcilie avec le genre ! Concret, accessible, direct, pratique, il brosse le thème de départ mais arrive rapidement avec des conseils et pistes concrets pour dépasser ce problème de base. Ici il est question d’encombrement tant physique, par nos objets, les choses qu’on achète sans cesse, que mental, les contenus, les pensées, la course de la vie, la productivité. L’autrice dresse d’abord le constat avec déjà quelques conseils pour éviter l’encombrement. Ensuite elle en explique les raisons, la peur de la mort, la société de surconsommation et de productivité. Pour enfin nous apporter des pistes de compréhension et de réflexion pour aller au-delà de cet encombrement, pour reprendre la main sur nos vie, pour SOUFFLER. Pas de recette miracle, juste réincarner nos existences pour arrêter de courir et de passer à côté des moments précieux qui comptent vraiment dans une vie. Un gros coup de cœur qui me donne envie d’explorer les autres titres de cette collection !
Ceci est un livre qui peut changer votre vie ! J'ai adoré le lire. L'autrice nous parle de notre encombrement matériel et psychique moderne. On comprend mieux pourquoi on manque tout le temps de temps et pourquoi on est constamment épuisés. Evidemment, le système, les pouvoirs et décisions politiques en sont la cause. Et la réponse se situe aussi à ce niveau là mais.... En se basant sur la théorie du féminisme de subsistance, elle propose de réfléchir sur nos manières de refuser ce mode de vie que nous subissons. Sortir du système accumulation-négligence et repenser nos quotidiens. Faire l'attention du geste, valoriser le fait de prendre soin, se réapproprier le travail de subsistance qui est relégué/délégué aujourd'hui, redonner de l'épaisseur au temps, nous reposer et in fine, construire notre liberté ! Le texte donne de l'agentivité et traite le sujet dans la perspective des inégalités sociales/raciales évidemment. J'ai versé une larme à la fin, tellement ça m'a parlé et surtout m'a donné envie de continuer à organiser ma vie autour de ce qu'elle propose (et aussi un peu (beaucoup) trier mes placards !) ! Lecture incroyable, vraiment !