Olivier Bourdeaut explore son enfance, marquée par un père tyrannique. Longtemps, il a intégré coups et humiliations, transformant la violence en mode de vie. Pour lui, il n'a jamais eu le sentiment d'être une victime : tout relevait de la normale. Au centre du livre, Pierre Bourdeaut, notaire ruiné, figure autoritaire, cruelle et imprévisible, règne sur sa famille comme un despote. Chaque éclat de joie d'Olivier devient prétexte à punition : gifles, humiliations, isolement. Noël passé au coin, vacances transformées en supplices, interdiction de sortir : l'enfant vit sous la menace constante. Sa sœur Anne subit aussi ces châtiments, enfermée jusqu'à l'évanouissement. Leur mère, résignée, s'efface. Tout le monde développe ses propres stratégies de survie. Entre admiration et haine, entre filiation et révolte, Olivier interroge l'héritage et la peur de reproduire ce qu'on a subi. Stéphane Ronchewski offre une lecture juste et sensible de ce témoignage douloureux et bouleversant.
Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. L’Education Nationale, refusant de comprendre ce qu’il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l’absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément. Durant dix ans il travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres. Il a toujours voulu écrire, En attendant Bojangles en est la première preuve disponible.
ne vous arrêtez pas aux premières pages, aussi pataudes que le reste est traversé de lumière, de pertinence et de sagesse. c'est tellement tenu et sincère qu'on pardonne aussi sans aucun mal les quelques punchlines absconses et attendues qui émaillent le texte. je comprends : quand on sait écrire on a envie de faire des jeux de mots nazes et des associations d'idées qui ont l'air cool et pertinentes si on n'y regarde pas de trop près. mais j'arrête de faire le mauvais lutin. je dis juste cela par exigence d'exhaustivité et parce que vous savez que j'adore relever les mauvaises punchlines car c'est tout simplement aussi mon défaut d'écriture, pour lequel j'ai donc une intransigeance toute humiliée. tout cela pour dire : livre saisissant. la preuve que ce n'est pas "les livres sur le père de l'auteur" le problème, mais "la plupart des auteurs sont des flemmards narcissiques et aussi incapables de recul sur eux-mêmes que le kangourou. (vérifiez, cet animal ne sait pas reculer. l'émeu non plus, mais c'est moins frappant visuellement.)
- Est ce un très très bon livre? Non - Est ce un auteur extrêmement attachant? Est ce un plaisir de le retrouver si léger et si grave? Est ce que cette mise à nu est l’occasion pour les fans de tracer les lignes entre ses romans et sa vie? De comprendre ses inspirations ? Oui. Absolument. - Est ce qu’il arrive à montrer comment on peut aimer sincèrement une personne monstrueuse et à montrer les cinquante nuances de gris d’une famille dysfonctionnelle? Pas toujours mais c’est bien essayé
Si le but était de nous faire aimer un véritable salopard, c'est raté en ce qui me concerne. Je reste plutôt interloquée, dubitative et mitigée en refermant ce livre. Mais Bourdeaut demeure un auteur attachant.
Olivier Bourdeaut nous livre un témoignage sur son paternel et comment cet homme plein d’amour et de violence a influencé son futur rôle de père. Un texte poignant que l’auteur décrit comme pour mettre « un point final aux sacrifices ».