Quelques minutes avant le début de la représentation, j’entre discrètement dans la salle et je vais m’asseoir sur un banc réservé dans la première rangée. Certaines personnes me reconnaissent et sont gênées par mon arrivée; la plupart des gens ne prêtent pas attention et continuent de parler. Je salue mes voisins de siège et discute avec eux pour les mettre à l’aise. Je sais que ça les déstabilise : plusieurs ne comprennent pas ce que je fais là. Mais c’est important pour moi de commencer ce spectacle dans la salle. Parce que c’est toujours là que j’ai envie d’être. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, je n’ai jamais eu l’ambition de monter sur scène. Et pourtant, c’est ce que je m’apprête à faire.
Avec La suspension consentie de l’incrédulité, Émilie Perreault, spectatrice professionnelle autoproclamée, livre une lettre d’amour intime, drôle et émouvante aux arts de la scène et à leur rôle fondamental dans nos vies.
J'ai aimé des bons bouts, surtout que l'autrice joue avec l'objet livre par les notes de bas de page et des incises ici et là.
Cependant, je pensais, depuis mon passage à Il restera toujours de la culture et ma quatrième publication, connaître le milieu culturel et je me rends compte, en ne comprenant pas certaines références non-expliquer, que pentoute.
J'aime beaucoup la suspension d'incrédulité, c'est un point central de ma thèse en théorie de la fiction. Il y a tellement de potentiel créatif en littérature contemporaine ( entre autres sous les travaux de Françoise Lavocat), j'aurais donc aimé que ça revienne un peu plus au centre de l'oeuvre, car on délaisse un peu le sujet vers la fin de l'ouvrage. C'est un peu exploité de façon vieillotte ( bris du quaztrième mur, spectateur-oeuvre, etc), mais bon c'est pas grave.
Ah pis, on peut tu arrêter de donner de l'exposure à biz svp? Même une voix off c'est trop.
4.5 ☆ - Vraiment très bon et bien pensé. Je retire un demi-point parce qu’à mon sens, ça manque étrangement de mise en lumière analogue sur l’apport des femmes aux arts qui nous traversent et qui nous marquent (et que, très subjectivement, au moins deux des artistes relatés dans cette œuvre très utile me hérissent les poils des bras).
En tournant la dernière page, la vraie, celle qui clôt l’index des Livres de ta mère, j’ai néanmoins beaucoup souri - intérieurement - en voyant que Ici par hasard de Carolanne Foucher avait été publié juste avant La suspension consentie de l’incrédulité ; c’est l’œuvre qui a joué, dernièrement, le plus grand rôle dans ma vie. Si vous avez vu ou lu la pièce de Perreault, vous devinez sans doute que j'y ai interprété là un très beau signe de synchronicité (occurrence simultanée de deux événements ou faits qui n'ont aucun lien de causalité, mais qui prennent un sens pour la personne qui les perçoit) - sinon, empressez-vous de la découvrir.
Drôle et touchant, mais je crois que l’expérience du spectacle aurait été différente et pas mal plus riche, vu le thème. Les notes de bas de page m’ont fait sourire et ajoutaient un dialogue intéressant avec le lecteur.
J’ai vraiment beaucoup aimé. Je n’ai pas vu le spectacle, mais j’ai l’impression que les lecteurices sont VIP en ayant accès aux notes de bas de page et aux didascalies savoureuses! J’ai ri à voix haute toute seule (et on a 30 fois plus de chances de rire en groupe que seul•e!). Je suis vraiment public cible, mais les réflexions sur la posture de spectatrice, sur l’acte d’être sur scène et sur le pouvoir de l’art vivant m’ont réjouie.
Je voulais que ce petit livre dure plus longtemps, je voulais le déposer et m’en imprégner mais non je n’ai pas été capable de m’arrêter. Un moment de bonheur! J’entendais les voix comme si j’étais au théâtre puis je m’empressais de lire les petites notes en bas de page. Un beau mélange de deux arts.
Le concept est à la fois original et difficile à cerner. Ce n’est pas tout à fait un monologue, ni vraiment du théâtre. C’est une forme hybride, introspective et ludique où Perreault explore sa passion pour les arts de la scène. Elle s’interroge sur ce qui nous touche, ce qui nous transforme, et pourquoi nous choisissons, consciemment ou non, de croire à ce qu’on nous présente sur scène. C’est une réflexion méta sur le pouvoir de l’art et de la culture, livrée avec intelligence, sensibilité et humour.
Ce projet est, en quelque sorte, une déclaration d’amour à la scène, à ses artisans et à ses spectateurs. Et qui mieux qu’Émilie Perreault, spectatrice professionnelle autoproclamée, pouvait porter une telle réflexion avec autant de légitimité? À mon avis, personne.
Je n’ai pas encore vu le spectacle, mais le livre donne furieusement envie d’y assister. J’aime pouvoir lire une œuvre scénique à mon rythme, où et quand je veux, mais ici, on sent qu’il s’agit d’un événement culturel à ne pas manquer. Perreault touche des cordes rarement explorées, et elle le fait avec une finesse remarquable. Elle a trouvé une niche singulière et l’habite avec brio.
Dans un contexte où l’on entend souvent que l’art et la culture sont en crise, ce livre et ce spectacle sont une bouffée d’air frais. Émilie Perreault partage son enthousiasme avec générosité et conviction. Il nous faut plus d’Émilie Perreault. Il nous faut plus de suspension consentie de notre incrédulité.
Un véritable petit bijou, probablement aussi agréable en lecture qu’au théâtre, parce que lire dans un bain mousse est aussi bon pour suspendre son incrédulité!
Des réflexions pertinentes sur l’art du théâtre et les raisons de l’aimer. Un questionnement sur la place qu’on prend comme spectateur. Éducatif, drôle et franc :)
5 ⭐️: J’ai été touchée par cette pièce, qui nous fait réfléchir à notre posture de spectateur, de consommateur de littérature et sur notre émerveillement devant une oeuvre. On peut peut-être mettre ça sur le compte des hormones, mais j’ai eu le motton à la fin de ma lecture. J’ai ri, j’ai été émue, j’ai appris. C’est simple et poignant à la fois, une ode au plaisir de spectateur qu’on a à vivre une oeuvre. J’ai tout aimé et j’ai même surligné mes passages préférés. ❤️
Pourquoi on lit, rendu là, si c'est pas pour lire des choses comme ça ??? 6 sur 5 calisse... QUE LA PERSONNE QUI N'A PAS AIMÉ ÇA ME LANCE LA PREMIÈRE TOMATE (C'EST DU THÉÂTRE CRISS) SUR LA PETITE SCÈNE DE MES RECOMMANDATIONS LITTÉRAIRES !!!!
Lu d’une traite, encore mieux pour s’en imprégner comme un moment pour soi au théâtre. J’ai adoré, j’ai lu avec le sourire, j’ai ri à quelques endroits, les extraits « sonores » où j’avais l’impression d’entendre la voix de Marc Labrèche étaient délicieux. J’ai tout aimé!
J’ai aimé l’aspect meta de l’œuvre. Par contre j’ai trouvé qu’on laissait aucunement place à l’imaginaire ou l’intelligence du spectateur/lecteur. Je pense que cette œuvre s’adresse à des boomers, je ne me suis pas du tout sentie interpellée, malheureusement.
J'ai lu cette pièce que j'aurais donc aimé voir. Pour vivre ce moment théâtral et m'immerser dans le texte, les voix hors champ et la mise en scène qui me semble éclatée.
L'autrice met le doigt sur les états ressentis profondément qui poussent à faire de l'art et en consommer.
p.67 : Et si mon amour des arts me permettait de cultiver un sens de l'émerveillement? Si ça m'aidait à me tenir debout face au cynisme? Au risque, oui, d'aboir l'air "bienveillante"!