Amine Kessaci écrit sur les lieux où il est né, a grandi et vit aujourd'hui : les quartiers nord de Marseille. Dans une narration à la fois intime et politique, il donne une voix à celles et ceux que la République regarde à peine. " Tu es mort d'avoir cru à un rêve pourri, vendu au détail dans les cages d'escalier. Et si je parle aujourd'hui, c'est pour en finir avec ça. "
Brûlé dans une voiture. C'est ainsi qu'est mort Brahim, le frère d'Amine Kessaci. Une exécution aussi brutale que préméditée. En attendant le procès de ceux qui ont tué son frère, Amine prend la plume et entame un dialogue posthume avec Brahim. Il lui écrit une longue lettre d'amour, de douleur, de révolte, pour rétablir le lien qu'on leur a arraché. Amine refuse que son frère ne soit qu'une statistique, un fait-divers de plus. Il brosse le portrait d'un homme à la trajectoire brisée. Il raconte une vie maudite. Mais Amine Kessaci ne s'arrête pas là. Il interroge.
Comment en est-on arrivé là ? Comment le trafic de drogue a-t-il pu prendre une telle place dans les vies et les imaginaires des habitants de nos quartiers ? En faisant entendre des histoires tues, Amine Kessaci montre la complexité des existences prises dans un engrenage qui les broie. Surtout, il raconte les résistances de celles et ceux qui chaque jour refusent de baisser les bras. Car vivre en terre de narcotrafic, c'est parfois mourir, mais c'est toujours lutter pour affirmer que la vie ici vaut autant qu'ailleurs.
Amine Kessaci s’est encore trouvé dans la lumière, ces dernières semaines. L’occasion pour moi de me plonger dans son récit paru le 2 octobre ! Il y a deux mois ! Leurs réalités dépassent nos fictions. Amine Kessaci commence son récit par dénoncer notre culte de la violence et notre amour du pouvoir puissant dans les films, les séries, qui inondent notre imaginaire. Leurs réalités dépassent toutes nos fictions. « Marseille, essuie tes larmes » rend également hommage aux mères, cette génération féminine déjà entrevue dans l’œuvre de Ramsès Kefi « Quatre jours sans ma mère » ! Des femmes en « colère et douceur ». « Rage et souvenir ». « Fatalisme et révolte« . Et puis, tout au long de ce cri littéraire qui rappelle dignité et solidarité dans la vie, vient la pensée incessante de ce nouveau meurtre qui frappe cette famille et qui atteint Amine Kessaci au niveau de la culpabilité de sa responsabilité. Ce petit frère a été assassiné, justement, pour le faire taire. Alors, s’il nous reste un peu d’humanité, reprenons ce récit et ne cessons d’en parler, encore et encore, pour que, peut-être, juste un peu, les choses bougent, juste peut-être un peu… Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Tout au long de la lecture, on écoute la voix d’Amine qui s’adresse aux protagonistes de sa vie: son frère Brahim, Marseille et ses bourreaux internes. Je me demande pourquoi ce livre n’a que très peu d’avis? Pourquoi on ne l’impose pas à lire à tous ceux qui étudie la littérature (Marseillaise)? Ce récit est poignant, émouvant et digne. Il dénonce cette gangrène qu’est le Narcotrafique et la guette fratricide et souterraine qu’il a engendré à Marseille. Trésor beau constat poétique de l’état des quartiers marseillais. Il nous manque énormément de choses à Marseille. Il nous manque les mots, les moyens, la sécurité et tant de choses. Mais nos mères restent dignes et solidaires. Merci de n’avoir oublié personne dans ton livre Amine.