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العيش في مكتبة العالم

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« Notre amour historiquement situé de la littérature nous impose paradoxalement, comme premier devoir, de nous arracher à l’historicité de cette même littérature. C’est au nom de la littérature que nous devons nous détacher de celle-ci. Voilà pourquoi il nous faut d’un seul mouvement construire et explorer la bibliothèque mondiale ou totale – et je dis bien bibliothèque mondiale, et non pas littérature mondiale. On lit la littérature mondiale, mais on lit dans la bibliothèque mondiale, on vit dans la bibliothèque du monde : deux attitudes radicalement différentes. »

Ancien élève de l’École normale supérieure et agrégé de lettres classiques, William Marx est philologue, historien et critique de la littérature. Il a été professeur de littérature comparée à l’université Paris Nanterre. Ses derniers ouvrages parus sont La Haine de la littérature et Un savoir gai (Minuit, 2015 et 2018). Depuis octobre  2019, il est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Littératures comparées.

Unknown Binding

Published January 1, 2024

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William Marx

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William Marx is Professor of Comparative Literature at the University of Paris Nanterre.

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Profile Image for Etienne Mahieux.
547 reviews
December 5, 2020
Juste avant l'épidémie, William Marx a donné sa leçon inaugurale à la chaire Littératures Comparées du Collège de France, et le texte, comme il est maintenant de bonne tradition, en a été publié dans la foulée. L'intelligence et la malice de la pensée, l'habileté de l'orateur, tout ici porte la marque de l'auteur de la "Vie du lettré". Les auditeurs du Collège de France vont se régaler. Quand il rouvrira (*).
Quand j'étais à la Sorbonne, nous devions choisir en licence un cours de littérature générale OU de littérature comparée. Le propos de William Marx est de montrer que c'est la même chose. Dans la tradition des leçons inaugurales, il fait l'histoire de sa chaire et de la discipline qui lui correspond. C'est une histoire assez rapide car celle-ci s'est imposée de façon relativement récente et si l'intitulé en est assez figé, le contenu ne lui correspond pas toujours et "on a parfois l'impression, dans les congrès comparatistes, que la littérature comparée n'aurait d'autre objet que de réfléchir à sa propre essence, à ses buts, à sa mission et à sa méthode" (j'ai eu la même impression de la géographie en contemplant certaines bibliographies de première année, et il n'est pas impossible que cela découle naturellement de la difficulté de penser les différences à l'échelle mondiale).
William Marx profite de cette indétermination pour affirmer qu'au bout du compte la littérature comparée a pour champ de recherches toute la littérature, et renverse malicieusement l'exigence en suggérant que ce serait bien plutôt aux cours réservés à un domaine linguistique de justifier de la restriction qu'ils apportent à une discipline plus générale. Il ouvre sa leçon sur le fameux sonnet "Comme un vol de gerfauts…" par lequel Heredia évoque de manière ambiguë explorateurs et conquérants, et remarque que Heredia, poète parnassien attaché à l'usage formellement parfait de la langue française, n'était lui-même pas français. Il y voit la preuve que dans chaque domaine réservé l'Autre et l'Ailleurs sont déjà là, présents. Il reprend les remarques de Milan Kundera sur les perspectives qui s'ouvrent et les interprétations nouvelles qui surgissent lorsqu'on sort une oeuvre du contexte de la tradition nationale pour la confronter avec ce qui existe ailleurs. Et comme la notion même de littérature est historiquement et géographiquement située, il invite à sortir du paradigme littéraire pour découvrir d'autres manières de recevoir les textes.
Ce faisant Marx ne dessine pas son programme de recherche personnel pour les années à venir, il appelle à une étude libre et universelle de la littérature qui ne peut être qu'une oeuvre collective. La dernière partie de sa leçon va au bout de la démarche en proposant de substituer à la littérature, entendue comme canon, comme ensemble de textes qu'un consensus juge dignes d'être étudiés, la bibliothèque, une bibliothèque absolue, intégrale, idéale, qui est la mémoire universelle du monde. Cette bibliothèque n'empêche pas la sélection, geste critique nécessaire et geste pragmatique inévitable puisque nous ne sommes pas immortels, mais qui est le lieu intellectuel, assemblage d'une "myriade de bibliothèques hétérogènes", où ces multiples sélections peuvent dialoguer. Enfin définitivement dépassés par l'immensité de la tâche, nous pouvons nous y mettre !

(*) Il est très actif en ligne.
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