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Très brève théorie de l'enfer

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Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d'un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d'Abu Dhabi et s'y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister. Expatrié, immigré – deux manières d'être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l'empathie ne saurait abattre. Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l'examen lucide de notre rapport à l'autre et livre un nouvel opus déchirant des Contes de l'indigène et du voyageur.

Le label « IH » (« Interprétation Humaine ») signifie que ce livre audio a été enregistré par un comédien ou une comédienne.

160 pages, Paperback

Published March 4, 2026

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About the author

Jérôme Ferrari

23 books150 followers
Jérôme Ferrari is a French writer and translator born in 1968 in Paris. He won the 2012 Prix Goncourt for his novel Le Sermon sur la chute de Rome ("The Sermon on the Fall of Rome").

Ferrari has lived in Corsica and taught philosophy at the lycée international Alexandre-Dumas in Algiers for several years, then at the Lycée Fesch of Ajaccio.
Currently, he is professor of philosophy at the French School of Abu Dhabi.

One work has been translated into English, Where I Left My Soul (2012), it "is set in the mid-1950s during the Algerian war, looking backwards to the second world war and the French defeat in Indochina, and forwards to the collapse in 1958 of the Fourth Republic.

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4 (2%)
1 star
3 (1%)
Displaying 1 - 30 of 34 reviews
Profile Image for Abeer.
792 reviews48 followers
July 5, 2026
**نظرية موجزة جدًا عن الجحيم – Très brève théorie de l'enfer**

رواية عن الغربة، لكن ليس بالمعنى المعتاد.

هي رواية عن ذلك الشعور الثقيل الذي يلازم الإنسان عندما يصبح غريبًا عن المكان، وعن الناس، وأحيانًا عن نفسه. رواية جعلتني أفكر أن الإحساس بالاغتراب هو الجحيم بعينه؛ فمهما كانت جنسيتك أو لغتك أو طبقتك الاجتماعية، يبقى الشعور بالوحدة وعدم الانتماء قادرًا على استنزاف روح الإنسان ببطء.

من خلال شخصيات تنتمي إلى جنسيات وطبقات اجتماعية مختلفة، يرسم الكاتب صورة لعالم يجتمع فيه أشخاص كثيرون تحت السماء نفسها، لكن كل واحد منهم يعيش وحدته الخاصة.

لدينا الأستاذ الفرنسي ذو الأصول الكورسيكية الذي غادر الجزائر إلى أبوظبي باحثًا عن حياة أكثر استقرارًا ورفاهية، متخيلًا أنه وجد أخيرًا الجنة التي كان يبحث عنها. وفي المقابل هناك كافيشا، المرأة السريلانكية التي تقضي سنوات طويلة بعيدًا عن أسرتها، تعمل بلا توقف على أمل أن تمنح أبنها مستقبلًا أفضل.

ورغم التباعد الهائل بين الشخصيتين اجتماعيًا واقتصاديًا، فإن ما يجمعهما أكبر مما يفرقهما: الشعور بالغربة.

لكن الشخصية التي أثرت فيّ أكثر من غيرها كانت **نرجس**. شعرت أن اغترابها كان من أكثر أنواع الاغتراب قسوة. فهي ليست فقط بعيدة عن وطنها وأهلها بعد حرب أهلية، بل تعيش أيضًا عزلة من نوع آخر؛ عزلة داخل حياتها اليومية. تنتقل إلى بلد جديد على أمل بداية مختلفة، ثم تجد نفسها وحيدة لساعات طويلة، بينما ينشغل زوجها بعمله وعالمه الخاص. كان الملل والوحدة يتسللان إليها ببطء، حتى بدت وكأنها غريبة ليس فقط عن المكان، بل عن الحياة التي اختارتها هي نفسها. وقد جعلتني شخصيتها أفكر في أن الإنسان قد يشعر بالوحدة حتى وهو يعيش مع من يحب.

كما تطرح الرواية قضية التفاوت الطبقي بشكل لافت، خاصة فيما يتعلق بالعمالة المهاجرة التي تترك أوطانها هربًا من الفقر أو بحثًا عن فرصة أفضل، لتجد نفسها أحيانًا في مواجهة أشكال مختلفة من الاستغلال أو التهميش. ورغم اختلاف الظروف بين الشخصيات، فإن الجميع يبدو وكأنه يسعى وراء الوعد نفسه: حياة أفضل، أو جنة متخيلة، لا تتحقق دائمًا بالطريقة التي تصورها بل فد يتحول الحلم إلى كابوس.

رغم إعجابي الكبير بالرواية، فقد ضايقني أحد المقاطع التي تناول فيها الكاتب المصريين بصورة شعرت أنها غير منصفة، وكأن النقد تجاوز بعض الشخصيات ليطال مصر نفسها، وهو أمر لم أتفق معه وأفسد عليّ جزءًا من متعة القراءة.

الرواية قصيرة، لكن أثرها أكبر من حجمها بكثير. مليئة بالمشاعر والأسئلة والتفاصيل الإنسانية التي تجعل القارئ يتوقف أكثر من مرة ليفكر في معنى الانتماء، وفي الثمن الذي قد يدفعه الإنسان عندما يترك كل شيء خلفه بحثًا عن حياة أخرى.

وأخيرًا، أشكر الصديق عبد الناصر على ترشيح هذه الرواية وإتاحتها لي. والذى لولاه لم أكن سأقرأها ولا استمتع بقراءتها بهذا الشكل.

شكرا عَبدُ النَّاصِر وَادْفَل
Profile Image for Léa.
42 reviews
March 7, 2026
« - et rien n’est plus volatil que le parfum de l’exotisme qui finit toujours par devenir mortellement familier - »
Profile Image for Laila Ambrosino.
78 reviews8 followers
March 15, 2026
Jérôme Ferrari a su trouver les mots pour décrire ces cités de verre, odyssées ultimes du capitalisme roi, où le malheur individuel sert de combustible au grand récit collectif de l’avènement de la société de consommation . Tout est destructeur dans cette réalité où les illusions de réussite mettent à mal la famille, l’amour maternel, l’empathie et au final posent la limite de ce qu’est l’humanité. Les passages qui donnent une voix à Kaveesha constituent la meilleure partie de ce conte cruel qui donne une autre version de l’expatriation, comme une quête transformée en errance qui mène directement en enfer.
1,461 reviews61 followers
June 30, 2026
J’ai été un peu agacée par l’incipit : O Roi…. je l’ai trouvé un peu grandiloquent pour un roman si court. Bon, j’ai continué ma lecture.J’ai souri chaque fois que le narrateur parle des touristes en Corse qu’il cherche à fuir : d’abord en allant enseigner à Alger où il rencontre sa femme ; ensuite à Abu Dhabi où sa femme dépérit.

J’ai aimé découvrir leur nounou Kaveesha, qui a quitté l’île des feuilles de thé et de la sépulture des tigres pour s’installer dans la ville de verre et d’acier multicolore qui ne cesse de croitre et de s’étendre au bord de la mer brûlante (p.72)

J’ai eu de la peine pour cette jeune femme qui n’était pas aimé de sa famille, dont le mari est décédé prématurément et dont le fils ne la reconnait pas. J’ai lu ses déboires lorsqu’elle est employée de maison, mais j’ai aimé sa persévérance.

Bien sûr, je n’ai pas découvert avec cette lecture l’exploitation des travailleurs étrangers, mais j’ai découvert un pays où tout est régie par des lois, y compris pour faire réparer sa voiture.

J’ai souri lorsque les expatriés français peuvent se rendre à l’Ambassade française des Émirats pour enfin pouvoir boire de l’alcool et manger de la charcuterie pour un an.

J’ai découvert l’écrivain britannique Wilfred Thesiger, connu pour ses descriptions des peuples nomades d’Afrique et d’Asie.

J’ai découvert le très beau poème Afsaneh de Nîma Youshîdj.

Une lecture comme une petite descente en enfer, dans un pays brûlant qui hotte tout espoir aux expatriés, qui exploite la misère du monde et qui n’apporte pas de bases solides sur lesquels construire une vie ni même une relation.

Quelques citations :

– car une des peines de l’enfer consiste à faire croire aux damnés qu’ils ont pu s’en échapper afin de leur laisser faire l’horrible découverte qu’aucun chemin ne mène hors de l’enfer et qu »ils sont les débiteurs éternels d’une créance infinie – (p.55)

… afin de se livrer, dans l’intimité de leur chambre, à la consommation compulsive de mets impurs, illustrant à merveille la façon dont la sévérité implacable de l’interdit transforme un vice inoffensif en obsession perverse et des fonctionnaires consciencieux en crétins monomaniaques. (p.78)

L’image que je retiendrai :

Celle de la mangrove que regarde la femme du narrateur, Nardjess, depuis le balcon de la tour d’habitation de l’appartement de 200m2.

https://www.alexmotamots.fr/tres-brev...
Profile Image for Mélanie.
931 reviews196 followers
March 14, 2026
« Combien de mondes se côtoient-ils [...] qui ne se rencontrent jamais ? »
Jérôme Ferrari continue de porter un regard sur ceux qui habitent des lieux qui ne leurs sont rien. Après le touriste, l'expatrié, et là encore il dit juste, sur ce sentiment de grandeur et parfois la suffisance de ceux que l'on accueille, face à ceux que l'on exploite au service de l'hospitalité des premiers. Mais est-on jamais chez soi dans ces lieux qui ne nous promettent rien, mais nous fond rêver tant ?
Avec sa plume unique, poétique et acérée, Ferrari vise au coeur, et dit les silences de ces mondes cartes postales.
72 reviews
March 15, 2026
Deux formes d'exil dans les Emirats sont ici racontées.
Exil d'une sri-lankaise venue gagner sa vie dans ces terres d'opulence tout en en abandonnant une autre, son fils, élevé par sa sœur.
Exil d'un professeur de philosophie avide de nouvelles expériences venu avec femme et enfant.
Ces exilés sont réunis, l'un au service de l'autre mais si leurs motivations à l'exil sont très éloignées, elles font surgir les mêmes questions existentielles et font émerger de chacune de leurs vies le manque de ce qui en fait l'essentiel : la relation humaine, l'amour, la vérité, l'attention à l'autre.
Sans "ces essentiels", la vie se révèle un jour un enfer.
La prise de conscience est, pour tous les personnages du livre, douloureuse et poignante. Ils en auront tous une expérience particulière et terrible.

Ferrari pose la question de la responsabilité de la faillite de ces vies et de leurs victimes. Fourvoiement de ces hommes et femmes, attirés qu'ils étaient, par l'espoir pour l'un de racheter l'abandon d'un fils par la construction d'une maison au pays, et pour l'autre par le divertissement et les mirages de l'exotisme.

Très belle écriture, parfois très dense et complexe.

A la dernière page, pourquoi Ferrari met en scène cette jeune femme au bord de la vaste demeure de l'enfer? est-elle coupable de refuser son amour et de manquer de miséricorde ??
Profile Image for Macqueron.
1,181 reviews24 followers
March 24, 2026
Jérôme Ferrari met en miroir deux modalités d’émigration: celle choisie et dorée d’un professeur en recherche d’un certain exotisme et celle subie et lugubre d’une sri-lankaise devenue nanny au détriment de sa propre vie. Mais aucun des deux personnages ne trouvera grâce et chacun passera en enfer.
Le propos est hautement politique: occidentalisation de l’orient (et du désert), emprise sociale et domination d’une classe par une autre (quiconque a mis un pied dans les Emirats ne pourra que confirmer ce sentiment), capitalisme à tout crin, etc.
Mais ce qui marque le plus est l’écriture de Ferrari. Ses phrases longues et labyrinthiques mais toujours faciles à suivre. Les mots choisis mais directs. Le caractère ténébreux et limite angoissant du texte prend aux tripes et ne lâche jamais le lecteur.
Une réussite totale!
5 reviews1 follower
April 11, 2026
Alors que je commençais à éprouver une aversion profonde pour le narrateur, les pages 127 à 130 sont arrivées et ont sauvé mon avis sur ce livre.

Oui c’est un livre sur l’expatriation, l’appartenance et les origines. Et comme toujours avec Jérôme Ferrari, ces thèmes sont très bien traités. Cependant, c’est aussi un livre sur un homme qui se regarde le nombril et qui est incapable de saisir les émotions et les envies de son entourage.

La lecture de ce livre ne peut pas nous laisser indifférent.
Profile Image for Ludo.
100 reviews4 followers
March 24, 2026
Ma relation avec Jérôme Ferrari est variable : découvert en 2015 avec "Le principe", gros coup de coeur, j'avais enchainé avec le Goncourt "Le Sermon sur la chute de Rome" qui m'avait laissé plus circonspect. Nouveau coup de coeur en 2017 avec "Il se passe quelque chose…" avant d'attendre 2024 pour moins aimer "Nord Sentinelle" (notamment pour son écriture que j'appréciais d'habitude).
Avec "Très brève théorie de l’enfer", dès les premières pages, j’ai pris une claque.
L’écriture est tout simplement sublime. Dense, ample, traversée de phrases longues et parfaitement maîtrisées, elle déploie une pensée en mouvement qui capte immédiatement. À tel point que je me suis surpris à noter dans mon carnet : "il peut me raconter n’importe quoi s’il me le raconte comme ça".
Et c’est exactement ce qui se passe ici. Dans ce roman, le récit m’importe presque moins que la manière.
Certaines pages ne me semblent pas "nécessaires" au sens strict du récit (elles pourraient presque être retirées sans altérer la structure globale). Et pourtant, je n’aurais voulu en supprimer aucune. Parce que chaque phrase, chaque détour, chaque développement vaut pour lui-même. Parce que le plaisir est là : dans la langue, dans le rythme, dans cette capacité à dire le monde avec une précision et une intensité rares.
Cela ne veut pas dire que le fond ne m'a pas intéressé, loin de là. La réflexion sur l’exil, sur l’impossibilité de se situer pleinement dans un monde, sur ces existences parallèles qui ne se rencontrent jamais, est forte et souvent très juste. Mais elle passe presque au second plan face à la puissance de l’écriture.
Je retrouve ici ce que j’avais tant aimé dans Le Principe et Il se passe quelque chose…, et que je n’avais pas totalement retrouvé dans Nord Sentinelle : une langue qui porte tout, qui fait tout, qui suffit presque à elle seule.
Un livre qui, plus qu’il ne raconte, se déploie. Et une écriture qui, à elle seule, justifie la lecture... et même bien davantage.
Profile Image for Daniel KML.
124 reviews36 followers
March 27, 2026
What a bleak and beautifully written novel. A hopeless tale of two different kinds of exile.

Avant que le grand vent ne m’emporte, j’avais longtemps pensé que nous n’avions à répondre que de nos actes, non de ceux des autres, et encore moins de l’état du monde que nous n’avons pas choisi et ne pouvons pas changer. Je sais que je me trompais : nous devons répondre aussi de l’état de ce monde, même si nous ne l’avons pas choisi et ne pouvons le changer, parce que nous acceptons d’y vivre et lui donnons ainsi, à chaque battement de nos cœurs las, notre assentiment. Un tel savoir ne sert bien sûr strictement à rien si ce n’est peut-être qu’il préserve son détenteur des séductions de la bonne conscience. Mais la mauvaise conscience ne vaut, au fond, guère mieux que la bonne car elle permet seulement de faire, dans les affres délicieuses de la contrition, l’expérience réconfortante de la supériorité morale.

[Before the great wind carries me away, I had long thought that we were answerable only for our own acts, not for those of others, and still less for the state of a world we did not choose and cannot change. I know now that I was wrong: we must also answer for the state of this world, even if we did not choose it and cannot change it, because we agree to live within it and thus give it, with every beat of our weary hearts, our assent.

Such knowledge is, of course, of strictly no use, save perhaps that it preserves its possessor from the seductions of a good conscience. But a bad conscience is, in the end, hardly better than a good one, for it serves only to allow us—amidst the delicious throes of contrition—the comforting experience of moral superiority.]

Profile Image for Fanny Vals.
66 reviews
May 28, 2026
Très brève théorie de l’enfer de Jérôme Ferrari est un roman court, dense et profondément mélancolique, que j’ai lu d’une traite, captivée dès les premières pages. Sous une apparente simplicité, l’écriture de Ferrari possède une précision remarquable : elle est sobre sans sécheresse, élégante sans affectation. Chaque phrase semble porter en elle une forme de nostalgie lucide.

J’ai été particulièrement touchée par la manière dont l’auteur décrit le monde des expatriés. Jamais caricatural, jamais cynique, ce regard est au contraire d’une grande justesse humaine. Ferrari saisit avec finesse les ambiguïtés de l’exil : celui que l’on subit et celui que l’on choisit par désir d’ailleurs, vanité ou fuite de soi. Il montre des êtres déracinés, suspendus entre plusieurs mondes, incapables parfois d’habiter pleinement le réel. Une pointe d’humour traverse le récit, discrète, savamment dosée, face à la gravité des existences décrites.

Les personnages m’ont bouleversée. Ils portent tous une fragilité silencieuse, une fatigue du monde, mais aussi une forme d’espérance obstinée. Le roman parle magnifiquement de la fuite : fuite géographique, fuite intime, fuite devant le temps qui passe et les vies que l’on n’a pas su vivre.

Et puis il y a cette fin, profondément émouvante, qui laisse longtemps le lecteur dans un état de suspension. Ferrari écrit admirablement les souvenirs et la nostalgie, cette manière qu’ont certains lieux et certains êtres de continuer à vivre en nous malgré leur disparition. Cette phrase résume pour moi toute la beauté du livre : « Elles demeurent à nos côtés comme des fragments de passé enveloppés dans les replis secrets du présent. »

Un récit touchant, subtil et profondément humain.
Profile Image for Sigo.
65 reviews
May 23, 2026
Le roman raconte l'histoire d'un professeur français qui s'est expatrié à Abu Dhabi en compagnie de sa femme et de sa petite fille pour enseigner au Lycée Français. Il se confronte à la difficulté de s'intégrer et à l'inégalité extrême entre sa situation d'expatrié et celle d'autres exilés, les immigrés pakistanais et sri lankais corvéables à merci, souvent pris dans des réseaux de traite d'être humain, sans ressources et souvent sans papiers.
Du fait de cette inégalité et de cette exploitation des domestiques, la relation avec les domestiques ne peut être authentique. Pour le protagoniste, elle est teintée d'un malaise et d'une forte culpabilité. Pour d'autres expatriés aisés, elle peut basculer dans la traite d'être humains.
Je n'ai pas beaucoup eu d'empathie pour ce protagoniste que j'ai trouvé très naïf et surtout très passif. A la différence des immigrés sri lankais comme Kaveesha, il a des ressources, un passeport. Pourquoi accepte t il de vivre dans ce pays où les rapports humains sont si inégalitaires ? Comment a t-il pu être aussi passif et indifférent face à la détresse de sa femme et de sa fille ?
Profile Image for Victoria.
471 reviews1 follower
June 14, 2026
Ce roman explore deux enfers, deux réalités qui coexistent sans jamais vraiment se rencontrer. Celui de Kaveesha, qui a tout abandonné au Sri Lanka, jusqu’à son propre fils, pour partir à Abou Dabi s’occuper des enfants des autres. Son passeport confisqué, son salaire impayé, elle subit tous les abus qui peuvent être infligés à ces employés domestiques invisibles. L’autre enfer est celui du narrateur, de sa femme et de sa fille, expatriés par choix dans un pays où, selon les standards locaux, ils appartiennent juste à la classe moyenne. Ils ont néanmoins le confort, la sécurité, les biens matériels. Mais il leur manque peut-être l’essentiel : des liens familiaux profonds, de véritables amitiés, un sentiment d’appartenance. L’écriture de ce roman est magnifique, d’une grande poésie, avec des phrases qui semblent parfois sorties d’un conte des Mille et une nuits. Une lecture envoûtante : impossible de refermer le livre avant d’en avoir tourné la dernière page.

https://redheadwithabrain.ch/index.ph...
115 reviews2 followers
March 30, 2026
Dans Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari interroge l’idée que le voyage transforme. À Abou Dhabi, un professeur expatrié, venu pour de meilleures conditions de vie, se heurte à une réalité dure et cloisonnée.
Une simple réparation de voiture l’amène à découvrir, grâce à Kaveesha, domestique sri-lankaise, le monde invisible des immigrés exploités. Le contraste entre son confort d’expatrié et la survie des autres révèle un profond fossé moral.
Malgré sa curiosité et son empathie, il reste prisonnier de son regard occidental. Le roman, ironique et sombre, dénonce les rapports de pouvoir, l’incommunicabilité et les illusions de l’exotisme dans une société moderne mais profondément inégalitaire et violente au quotidien.
Chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...

2 reviews
June 8, 2026


« Avant que le grand vent ne m’emporte, j'avais longtemps pensé que nous n'avions à répondre que de nos actes, non de ceux des autres, et encore moins de l'état du monde que nous navons pas choisi et ne pouvons pas changer. Je sais queje me trompais : nous devons répondre aussi de l'état de ce monde, même si nous ne l'avons pas choisi et ne pouvons le changer, parce que nous acceptons d'y vivre et lui donnons ainsi, à chaque battement de nos cœurs las, notre assentiment. Un tel savoir ne sert bien sûr strictement à rien si ce n'est peut-être qu'il préserve son détenteur des séductions de la bonne conscience. Mais la mauvaise conscience ne vaut, au fond, guère mieux que la bonne car elle permet seulement de faire, dans les affres délicieuses de la contrition, l'expérience réconfortante de la supériorité morale. »
8 reviews
March 14, 2026
Une écriture tendue, poétique, sans concession. J’ai beaucoup aimé ce livre ayant moi-même vécu en expatriation. Ferrari y fait preuve d’une lucidité troublante sur ce que cette expérience peut faire aux gens. Pas seulement aux employées domestiques en grande difficulté mais aussi à ceux qui accompagnent l’expatrié, souvent des femmes. La femme du narrateur a du mal à trouver sa place, elle n’arrive pas à donner du sens à cette expatriation. Elle se retire du monde petit à petit sans que personne ne le remarque vraiment.
Profile Image for NoID.
1,680 reviews13 followers
June 12, 2026
Lire Jérome Ferrari est une expérience multiple. La forme est peut-être ce qui impressionne le plus avec un style travaillé et une écriture sublime. Le fond ensuite, avec ici une histoire d'expatriés et d'émigrés, de mélange de cultures et de coexistence de différentes origines sociales qui ne se mélangent pas toujours.

Mais finalement, ce sont les émotions qui emportent tout dans ce drame qui se joue ailleurs, un ailleurs qui ne sera jamais chez soi

https://www.noid.ch/tres-breve-theori...
103 reviews
April 16, 2026


(Lu en audio)

Le riche vocabulaire de ce roman vous ravira ou au contraire, vous découragera.
Le début de l'histoire, qui est très noire, très dense, m'a déconcertée et probablement un peu déçue. Mais les trois personnages principaux et la densité de détails les entourant, m'ont ravie à un point tel que je me suis laissée emporter à découvrir leur sombre univers.

Bref, ce roman constitue pour moi une jolie découverte.
47 reviews1 follower
June 19, 2026
Je n’ai vraiment pas aimé ce livre pour plusieurs raisons :
Le style, avec :
- des grandes phrases qui ne se terminent jamais, pour tenir jusqu’à une page
- des hallucinations et des tirades à n’en plus finir, issues de recueils religieux par ex.

Seul le fond de l’histoire me touche, le contraste des civilisations, et ce qui déchire cet homme.
Mais le texte est tellement alambiqué et ténébreux qu’il lui enlève tout l’intérêt
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Nils Borkey.
128 reviews4 followers
April 14, 2026
6 eme livre de la sélection du prix inter !!!!
3 vois trois histoire
L’histoire d’un homme qui veux fuir mais qui n’arrive pas !!
Une employer de maison malmené mais qui ne lâche rien.
Et se conte sur des djinns


Profile Image for justine fourboul.
24 reviews
April 30, 2026
Intelligent, bien écrit, tragique, fiévreux comme un cauchemar. Questionne la morale et l’expatriation.
Laisse le silence où c’est nécessaire.
Scène à retenir : croiser un homme perdu comparé à un djinn. Multiples parallèles à l’enfer.
12 reviews
May 17, 2026
Combien de passages dignes de devenir des citations cyniques de notre temps présent ? Combien d'allégories et de métaphores nous évoquant l'hypocrisie ambiante de nos vies misérables ? Une œuvre entière où la justesse des mots fait trembler une réalité matérialiste et fausse.
9 reviews
June 7, 2026
Quelle est notre destinée en fonction du pays où l'on nait , dans quelle famille .
Une histoire de vies parallèles et mêlées sur fond d'un pays émergeant au milieu du désert .
Écriture très développée, de longues phrases élaborées.
Profile Image for Hannah.
54 reviews
March 20, 2026
Récit du malheur de l’expatriation et de l’immigration
Profile Image for Noémie Gomez.
6 reviews1 follower
April 25, 2026
J’enlève 1 étoile pour l’écriture un peu énervante, mais j’ai beaucoup aimé lire ce livre.
Profile Image for Brigitte Irion.
138 reviews5 followers
May 21, 2026
Un grand écrivain, un grand livre (bien que tout petit en apparence)
38 reviews1 follower
May 22, 2026
Vision cauchemardesque de l’expatriation en particulier vers les pays du golfe !
Profile Image for Anne.
121 reviews5 followers
May 26, 2026
Écriture magnifique comme toujours et point de vue singulier et humaniste
Décrit parfaitement bien la vie d’expatriation
Displaying 1 - 30 of 34 reviews