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Très brève théorie de l'enfer

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Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d'un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d'Abu Dhabi et s'y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister. Expatrié, immigré – deux manières d'être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l'empathie ne saurait abattre. Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l'examen lucide de notre rapport à l'autre et livre un nouvel opus déchirant des Contes de l'indigène et du voyageur.

Le label « IH » (« Interprétation Humaine ») signifie que ce livre audio a été enregistré par un comédien ou une comédienne.

160 pages, Paperback

Published March 4, 2026

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About the author

Jérôme Ferrari

22 books149 followers
Jérôme Ferrari is a French writer and translator born in 1968 in Paris. He won the 2012 Prix Goncourt for his novel Le Sermon sur la chute de Rome ("The Sermon on the Fall of Rome").

Ferrari has lived in Corsica and taught philosophy at the lycée international Alexandre-Dumas in Algiers for several years, then at the Lycée Fesch of Ajaccio.
Currently, he is professor of philosophy at the French School of Abu Dhabi.

One work has been translated into English, Where I Left My Soul (2012), it "is set in the mid-1950s during the Algerian war, looking backwards to the second world war and the French defeat in Indochina, and forwards to the collapse in 1958 of the Fourth Republic.

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Displaying 1 - 20 of 20 reviews
Profile Image for Léa.
42 reviews
March 7, 2026
« - et rien n’est plus volatil que le parfum de l’exotisme qui finit toujours par devenir mortellement familier - »
Profile Image for Laila Ambrosino.
76 reviews8 followers
March 15, 2026
Jérôme Ferrari a su trouver les mots pour décrire ces cités de verre, odyssées ultimes du capitalisme roi, où le malheur individuel sert de combustible au grand récit collectif de l’avènement de la société de consommation . Tout est destructeur dans cette réalité où les illusions de réussite mettent à mal la famille, l’amour maternel, l’empathie et au final posent la limite de ce qu’est l’humanité. Les passages qui donnent une voix à Kaveesha constituent la meilleure partie de ce conte cruel qui donne une autre version de l’expatriation, comme une quête transformée en errance qui mène directement en enfer.
Profile Image for Mélanie.
928 reviews192 followers
March 14, 2026
« Combien de mondes se côtoient-ils [...] qui ne se rencontrent jamais ? »
Jérôme Ferrari continue de porter un regard sur ceux qui habitent des lieux qui ne leurs sont rien. Après le touriste, l'expatrié, et là encore il dit juste, sur ce sentiment de grandeur et parfois la suffisance de ceux que l'on accueille, face à ceux que l'on exploite au service de l'hospitalité des premiers. Mais est-on jamais chez soi dans ces lieux qui ne nous promettent rien, mais nous fond rêver tant ?
Avec sa plume unique, poétique et acérée, Ferrari vise au coeur, et dit les silences de ces mondes cartes postales.
65 reviews
March 15, 2026
Deux formes d'exil dans les Emirats sont ici racontées.
Exil d'une sri-lankaise venue gagner sa vie dans ces terres d'opulence tout en en abandonnant une autre, son fils, élevé par sa sœur.
Exil d'un professeur de philosophie avide de nouvelles expériences venu avec femme et enfant.
Ces exilés sont réunis, l'un au service de l'autre mais si leurs motivations à l'exil sont très éloignées, elles font surgir les mêmes questions existentielles et font émerger de chacune de leurs vies le manque de ce qui en fait l'essentiel : la relation humaine, l'amour, la vérité, l'attention à l'autre.
Sans "ces essentiels", la vie se révèle un jour un enfer.
La prise de conscience est, pour tous les personnages du livre, douloureuse et poignante. Ils en auront tous une expérience particulière et terrible.

Ferrari pose la question de la responsabilité de la faillite de ces vies et de leurs victimes. Fourvoiement de ces hommes et femmes, attirés qu'ils étaient, par l'espoir pour l'un de racheter l'abandon d'un fils par la construction d'une maison au pays, et pour l'autre par le divertissement et les mirages de l'exotisme.

Très belle écriture, parfois très dense et complexe.

A la dernière page, pourquoi Ferrari met en scène cette jeune femme au bord de la vaste demeure de l'enfer? est-elle coupable de refuser son amour et de manquer de miséricorde ??
Profile Image for Macqueron.
1,136 reviews22 followers
March 24, 2026
Jérôme Ferrari met en miroir deux modalités d’émigration: celle choisie et dorée d’un professeur en recherche d’un certain exotisme et celle subie et lugubre d’une sri-lankaise devenue nanny au détriment de sa propre vie. Mais aucun des deux personnages ne trouvera grâce et chacun passera en enfer.
Le propos est hautement politique: occidentalisation de l’orient (et du désert), emprise sociale et domination d’une classe par une autre (quiconque a mis un pied dans les Emirats ne pourra que confirmer ce sentiment), capitalisme à tout crin, etc.
Mais ce qui marque le plus est l’écriture de Ferrari. Ses phrases longues et labyrinthiques mais toujours faciles à suivre. Les mots choisis mais directs. Le caractère ténébreux et limite angoissant du texte prend aux tripes et ne lâche jamais le lecteur.
Une réussite totale!
Profile Image for Ludo.
98 reviews4 followers
March 24, 2026
Ma relation avec Jérôme Ferrari est variable : découvert en 2015 avec "Le principe", gros coup de coeur, j'avais enchainé avec le Goncourt "Le Sermon sur la chute de Rome" qui m'avait laissé plus circonspect. Nouveau coup de coeur en 2017 avec "Il se passe quelque chose…" avant d'attendre 2024 pour moins aimer "Nord Sentinelle" (notamment pour son écriture que j'appréciais d'habitude).
Avec "Très brève théorie de l’enfer", dès les premières pages, j’ai pris une claque.
L’écriture est tout simplement sublime. Dense, ample, traversée de phrases longues et parfaitement maîtrisées, elle déploie une pensée en mouvement qui capte immédiatement. À tel point que je me suis surpris à noter dans mon carnet : "il peut me raconter n’importe quoi s’il me le raconte comme ça".
Et c’est exactement ce qui se passe ici. Dans ce roman, le récit m’importe presque moins que la manière.
Certaines pages ne me semblent pas "nécessaires" au sens strict du récit (elles pourraient presque être retirées sans altérer la structure globale). Et pourtant, je n’aurais voulu en supprimer aucune. Parce que chaque phrase, chaque détour, chaque développement vaut pour lui-même. Parce que le plaisir est là : dans la langue, dans le rythme, dans cette capacité à dire le monde avec une précision et une intensité rares.
Cela ne veut pas dire que le fond ne m'a pas intéressé, loin de là. La réflexion sur l’exil, sur l’impossibilité de se situer pleinement dans un monde, sur ces existences parallèles qui ne se rencontrent jamais, est forte et souvent très juste. Mais elle passe presque au second plan face à la puissance de l’écriture.
Je retrouve ici ce que j’avais tant aimé dans Le Principe et Il se passe quelque chose…, et que je n’avais pas totalement retrouvé dans Nord Sentinelle : une langue qui porte tout, qui fait tout, qui suffit presque à elle seule.
Un livre qui, plus qu’il ne raconte, se déploie. Et une écriture qui, à elle seule, justifie la lecture... et même bien davantage.
Profile Image for Daniel KML.
124 reviews34 followers
March 27, 2026
What a bleak and beautifully written novel. A hopeless tale of two different kinds of exile.

Avant que le grand vent ne m’emporte, j’avais longtemps pensé que nous n’avions à répondre que de nos actes, non de ceux des autres, et encore moins de l’état du monde que nous n’avons pas choisi et ne pouvons pas changer. Je sais que je me trompais : nous devons répondre aussi de l’état de ce monde, même si nous ne l’avons pas choisi et ne pouvons le changer, parce que nous acceptons d’y vivre et lui donnons ainsi, à chaque battement de nos cœurs las, notre assentiment. Un tel savoir ne sert bien sûr strictement à rien si ce n’est peut-être qu’il préserve son détenteur des séductions de la bonne conscience. Mais la mauvaise conscience ne vaut, au fond, guère mieux que la bonne car elle permet seulement de faire, dans les affres délicieuses de la contrition, l’expérience réconfortante de la supériorité morale.

[Before the great wind carries me away, I had long thought that we were answerable only for our own acts, not for those of others, and still less for the state of a world we did not choose and cannot change. I know now that I was wrong: we must also answer for the state of this world, even if we did not choose it and cannot change it, because we agree to live within it and thus give it, with every beat of our weary hearts, our assent.

Such knowledge is, of course, of strictly no use, save perhaps that it preserves its possessor from the seductions of a good conscience. But a bad conscience is, in the end, hardly better than a good one, for it serves only to allow us—amidst the delicious throes of contrition—the comforting experience of moral superiority.]

94 reviews2 followers
March 30, 2026
Dans Très brève théorie de l’enfer, Jérôme Ferrari interroge l’idée que le voyage transforme. À Abou Dhabi, un professeur expatrié, venu pour de meilleures conditions de vie, se heurte à une réalité dure et cloisonnée.
Une simple réparation de voiture l’amène à découvrir, grâce à Kaveesha, domestique sri-lankaise, le monde invisible des immigrés exploités. Le contraste entre son confort d’expatrié et la survie des autres révèle un profond fossé moral.
Malgré sa curiosité et son empathie, il reste prisonnier de son regard occidental. Le roman, ironique et sombre, dénonce les rapports de pouvoir, l’incommunicabilité et les illusions de l’exotisme dans une société moderne mais profondément inégalitaire et violente au quotidien.
Chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...

8 reviews
March 14, 2026
Une écriture tendue, poétique, sans concession. J’ai beaucoup aimé ce livre ayant moi-même vécu en expatriation. Ferrari y fait preuve d’une lucidité troublante sur ce que cette expérience peut faire aux gens. Pas seulement aux employées domestiques en grande difficulté mais aussi à ceux qui accompagnent l’expatrié, souvent des femmes. La femme du narrateur a du mal à trouver sa place, elle n’arrive pas à donner du sens à cette expatriation. Elle se retire du monde petit à petit sans que personne ne le remarque vraiment.
4 reviews1 follower
April 11, 2026
Alors que je commençais à éprouver une aversion profonde pour le narrateur, les pages 127 à 130 sont arrivées et ont sauvé mon avis sur ce livre.

Oui c’est un livre sur l’expatriation, l’appartenance et les origines. Et comme toujours avec Jérôme Ferrari, ces thèmes sont très bien traités. Cependant, c’est aussi un livre sur un homme qui se regarde le nombril et qui est incapable de saisir les émotions et les envies de son entourage.

La lecture de ce livre ne peut pas nous laisser indifférent.
95 reviews
April 16, 2026


(Lu en audio)

Le riche vocabulaire de ce roman vous ravira ou au contraire, vous découragera.
Le début de l'histoire, qui est très noire, très dense, m'a déconcertée et probablement un peu déçue. Mais les trois personnages principaux et la densité de détails les entourant, m'ont ravie à un point tel que je me suis laissée emporter à découvrir leur sombre univers.

Bref, ce roman constitue pour moi une jolie découverte.
Profile Image for Nils Borkey.
117 reviews4 followers
April 14, 2026
6 eme livre de la sélection du prix inter !!!!
3 vois trois histoire
L’histoire d’un homme qui veux fuir mais qui n’arrive pas !!
Une employer de maison malmené mais qui ne lâche rien.
Et se conte sur des djinns


Profile Image for justine fourboul.
17 reviews
April 30, 2026
Intelligent, bien écrit, tragique, fiévreux comme un cauchemar. Questionne la morale et l’expatriation.
Laisse le silence où c’est nécessaire.
Scène à retenir : croiser un homme perdu comparé à un djinn. Multiples parallèles à l’enfer.
12 reviews
May 17, 2026
Combien de passages dignes de devenir des citations cyniques de notre temps présent ? Combien d'allégories et de métaphores nous évoquant l'hypocrisie ambiante de nos vies misérables ? Une œuvre entière où la justesse des mots fait trembler une réalité matérialiste et fausse.
Profile Image for Hannah.
53 reviews
March 20, 2026
Récit du malheur de l’expatriation et de l’immigration
1,377 reviews
April 13, 2026
L'intérêt majeur de ce livre est d'être très transportable ! Car, j'ai beau aimé Proust, les parenthèses de l'auteur sont d'une longueur ahurissante !
Profile Image for Noémie Gomez.
6 reviews1 follower
April 25, 2026
J’enlève 1 étoile pour l’écriture un peu énervante, mais j’ai beaucoup aimé lire ce livre.
Profile Image for Malo Bruzu.
39 reviews
April 13, 2026
Si j’ai bien retenue une chose de ce livre, c’est que l’expatriation ne peut mener qu’à une forme d’enfer. Ferrari écrit ici toujours avec son verbe poétique et quelque peu désespéré sur les différentes formes d’expatriation au travers de ces 2 personnages.
Le récit est quelque peu attendu dans son déroulé, je me suis quand même laissé prendre par l'écriture ainsi que par le personnage de Kaveesha. J’aime aussi la manière qu’il a de créer un rapport (pas extrêmement positif) entre son personnage de prof expat et les explorateurs aux accents orientalistes du 19eme siècle.
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