Russell Banks was a member of the International Parliament of Writers and a member of the American Academy of Arts and Letters. His work has been translated into twenty languages and has received numerous international prizes and awards. He has written fiction, and more recently, non-fiction, with Dreaming up America. His main works include the novels Continental Drift, Rule of the Bone, Cloudsplitter, The Sweet Hereafter, and Affliction. The latter two novels were each made into feature films in 1997.
Mon premier Russell Banks. La réputation de l'auteur me faisait un peu peur. J'avais lu des critiques de Oh Canada! qui m'avaient découragé. Alors que là, trois nouvelles, c'est moins intimidant. Les trois histoires se passent dans un village dans l'état de New-York : Sam Dent. Un nom de village improbable qui ressemble à un nom de personne. Les personnages ont presque tous voté pour Trump (première présidence), ce ne sont pas des idiots, il y a pas mal de nuances chez eux. Intéressant, vu de France, où nous avons un discours plutôt manichéen avec un certain surplomb de supériorité morale sur la politique étasunienne. Ce qui m'a plu c'est comment l'auteur parvient à capter rapidement mon attention. Les deux premiers récits relatent des problèmes de voisinage qui dégénèrent. Pour le dernier récit, c'est une histoire de famille qui dégénère. Mais les trois histoires racontent un emballement vers quelque chose de sauvage, de violent. A l'image des Etats-Unis aujourd'hui. Il n'y a pas de jugement moral, ce n'est ni bien ni mal, c'est juste inéluctable. En termes de plaisir de lecture, j'ai suivi le rythme, la cavalcade, des deux premières histoires et j'ai été emporté, ravi. C'est moins le cas pour la troisième, où je suis sorti de ma lecture avec un peu d'écœurement.
Au travers de 3 nouvelles publiées après sa mort, Russell Banks nous plonge dans la petite ville de Sam Dent, dans l’Amérique trumpienne. C’est le 1er mandat de Donald Trump, les casquettes « MAGA » sont portées fièrement et les 3 intrigues bien que très différentes, donnent une idée de la transformation politique du pays. Rivalités familiales et vente de terrains (qui empêche Doug de continuer à chasser le cerf sur la terre de ses aïeuls), histoires de voisinage et de soupçons face à un couple de lesbiennes et leurs 4 enfants noirs adoptés et au comportement étrange, et un kidnapping de retraités sur fond de trafic de drogue inexpérimenté. Banalité de la violence, drame au cœur de la vie entre voisins dans une ville qui semble paisible, ce livre est apparemment un parfait condensé de l’œuvre de Banks, dont c’est le premier livre que je lis. Je me plongerai sûrement dans un roman pour mieux découvrir cet auteur car son style sobre et efficace décrit sans aucun jugement l’Amérique contemporaine.
Trois petits récits qui nous emmènent au fin fond des USA et qui dressent le portrait d'une Amérique rurale trumpiste qui semble sans intérêt. On y comprend les difficultés économiques, les tragédies qui peuvent arriver au sein d'une communauté, au sein d'une famille. Pour chaque nouvelle, se déroule sous nos yeux toute une succession d'évènements qui, nous le savons, va emmener les protagonistes vers des jours sombres. On sait qu'ils foncent dans le mur, et on comprend que toutes leurs actions sont le fruit de leur éducation, de leur patriotisme, de leur amour du 2e amendement. Le tout parait tellement cliché, et pourtant, on sait que ce ne sont pas juste des clichés. Que ce que raconte Russell Banks, c'est le quotidien de beaucoup d'américains.
Une lecture très intéressante, une écriture parfaite. J'ai hâte de découvrir les autres ouvrages de Banks.
Premier recueil de nouvelles pour moi et quelle belle entrée en matière! Les dérives sociales actuelles des États-Unis parfaitement illustrées. Sam Dent et ses habitants soulèvent les bonnes questions sur le nouveau "rêve américain". J'ai été emportée par toutes ces histoires et ait adoré vivre au côté de Doug et Debbie, de la famille Weber et de la famille Dent. Note spéciale à "École à la maison", la deuxième nouvelle, que j'ai trouvé délicieusement dérangeante.