En quelques décennies, la poutine a acquis le statut de nouveau plat national québécois. Pourquoi un mets si banal s'impose-t-il aujourd'hui avec tant de force ? Il y a là une énigme que l'auteure décrypte avec finesse dans cet ouvrage. Dans la perspective d une réflexion sociale et culturelle sur l'aliment, elle propose un parcours transdisciplinaire puisant à une variété de sources : oeuvres littéraires, pratiques du quotidien, livres de recettes, discours numériques ou chansons populaires. Elle montre que la poutine cristallise des enjeux cruciaux de l'identité québécoise contemporaine, exprimant dans la cuisine la situation singulière d'un peuple périphérique, minoritaire, résilient et festif, mais qui peine à s'affirmer et qui se réfugie volontiers hors du politique. La poutine est, en ce sens, le plat emblématique d'un pays incertain.
Avertissement : ce livre est l'équivalent d'une thèse de doctorat sur la poutine. Une fois que vous avez accepté ce fait, préparez-vous à plonger dans les réflexions TRÈS poussées et le langage universitaire de l'autrice.
J'ai beaucoup apprécié qu'un ouvrage prenne le temps d'analyser les histoires et représentations culturelles de notre plat national, ainsi que les significations que porte cette triade molle (oui, c'est un synonyme de l'autrice pour parler de poutine!). J'ai aussi aimé ses réflexions à propos de ce que ce mets dit de nous, comme peuple.
C'est aussi une très bonne introduction à plusieurs concepts de base et auteurs influents du champ des Food Studies.
Bref, pour celles et ceux qui ont envie de se creuser les méninges à propos d'un plat qui semble pourtant si anodin.
"C'est pourquoi manger une poutine, c'est plus que consommer des frites, du fromage en grains et de la sauce. C'est manger des sons, des lettres, le mot lui-même : poutine. Absorber le sens et la culture qu'il porte."
"La trajectoire d'individus singuliers permettent de broder des histoires plus captivantes que les récits impersonnels."
Je ne sais pas comment noter ce livre. Les propos sont intéressant, mais la façon que c'est livré me laisse perplexe, comment un plat simple et populaire peut être expliquer et raconter avec tant de grands concepts et un vocabulaire si complexe. J'ai l'impression d'y avoir perdu le sens rassembleur de cet aliment québécois.