L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s’imposent. Il est encore temps d’inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir rapidement.
je vais désormais et surtout donner ce livre à mes parents puis attendre qu'ils l'aient lu et voir s'ils ont des choses à en dire. je pense que c'est vraiment là l'intérêt potentiel du livre. que moi je le lise au fond ça sert à absolument rien. et c'est là que se nichent aussi bien mon espoir que ma peur vis-à-vis de ce texte. c'est court et accessible, c'est bien. mais ceux qui n'ont pas envie d'être trouvés le seront-ils pour autant ? c'est la difficulté d'écrire de façon générale sur l'ED. soit tu fais des livres longuissimes et brillants qui ne seront lus par quasi personne, et exclusivement des gens qui sont soit eux-mêmes chercheurs soit militants contre l'ED, qui apprennent vraiment des choses nouvelles, mais que tu es tout seul à apprendre. soit tu essayes de faire oeuvre de vulgarisation et de synthèse comme ici, et ça touche de fait un peu plus de monde, mais un monde qui n'a absolument pas à être convaincu de quoi que ce soit et qui n'apprend guère trop rien à sa lecture, qui ne fait - et je le dis sans mauvais esprit ni jugement - que relister les différents éléments de langage que l'on a pris l'habitude de ressasser entre nous lors de nos soirées électorales dépitées. je ne sais pas quoi penser de l'idée de discuter avec des militants d'ED comme le suggère le texte dans sa conclusion. je suis à 25% pour, à 25% contre et 50% dans le flou. oui, théoriquement, c'est bien de ne pas lâcher complètement la tentative du dialogue avec eux, parce qu'autrement comment espérer s'en sortir ? non, je n'ai pas envie de débattre avec ces gens-là, qui par leurs prises de position me semblent avoir perdu tout droit à la considération et au respect qui me semblent nécessaires à un échange. et pour le reste je sais pas, je sais juste pas. je vais donner ce livre à mes parents et peut-être là je saurai un peu mieux.
Beaucoup d'informations que je connaissais déjà mais aussi beaucoup que j'ignorais, le travail de Salomé Saqué est fait avec un sérieux et une rigueur qui l'honorent, même si elle ne boude pas le rire, l'espoir et l'optimisme. En à peine deux heures de lecture, Salomé Saqué parvient à 1. Remettre les pendules à l'heure sur le danger réel que représente l'extrême droite 2. Identifier ses méthodes en France ces dernières années (avec un travail de sourçage au cordeau) 3. Nous faire entrevoir un monde où l'extrême-droite est vaincue, non pas parce qu'elle a perdu la bataille des idées mais parce qu'elle n'a plus à exister. C'est un livre-documentaire qui fait autant de mal que de bien et que je vous invite à lire, à offrir, à partager, à diffuser à quiconque voudra le découvrir.
C’était pas mal de montrer comment l’extrême-droite a été dédiabolisée ces dernières années, mais j’ai l’impression que ça manquait un peu de rappel sur les phénomènes de racisme et de suprématie blanche et patriarcale. C’était peut-être pas le lieu vous me direz, mais j’ai quand même du mal quand je lis un livre qui me dit « l’ED séduit les jeunes grâce à TikTok ! » sans expliquer à quel point le terreau est déjà favorable chez les jeunes en question et que la stratégie de com ne vient qu’arroser des graines déjà bien implantées.
Quant au discours sur la manière de résister en étant gentil’les avec le camp adverse… pour moi c’est quand même pas très futé de dire ce genre de choses quand toutes les avancées sociales ont nécessité une forme de violence en réponse à la violence oppressive (et qu’en ce moment-même la lutte du peuple palestinien est justement considérée comme trop violente alors que la supposée lutte du peuple israélien est applaudie). Je sais que c’est la partie qui fait peur et qui empêche beaucoup de monde de vraiment s’engager parce que ben le confort prime sur l’inconfort encore plus quand nos privilèges nous protègent de certaines oppressions, mais je pense qu’en-dehors des actes de résistances doux et positifs (dont on a besoin, ne serait-ce que pour recharger nos batteries), on a besoin de se rappeler aussi que parfois il faut être un peu plus assertif’ve. Pour moi ce genre de discours peut vite glisser sur les accusations de « desservir sa cause », et sur la culpabilisation et le dénigrement de la colère et je suis pas persuadée d’être super ok avec ça, ni qu’on en ait vraiment besoin puisque c’est déjà le discours dominant.
blablabla les valeurs de la république blablabla se mobiliser contre l’intolérance ne pas diaboliser les racistes blablabla burn out militant blabla dacc on s’endort 👍🏻
branche toi communisme ma belle ou alors arrête d’écrire dans le vide
Simple, court et accessible. Le livre n'apporte rien de bien nouveau mais ce n'est pas non plus ce qu'on lui demande. J'espère qu'il saura trouver son public et mobiliser les inactifs ayant des sensibilités humanistes (= de gauche) dont on a désespérément besoin pour sortir du fascisme qui s'installe durablement dans l'inaction générale.
Un essai court, accessible et très bien sourcé qui fait l’état des lieux de la montée de l’extrême droite en France, puis propose des pistes de résistance.
À mettre entre les mains des personnes qui soupirent oh moi tu sais la politique, celles qui renvoient dos à dos l’extrême droite et « l’extrême gauche », celles qui disent que de toute façon l’extrême droite n’accèdera jamais au pouvoir ou pire, que l’on n’a jamais essayé.
Les mots de Salomé Saqué permettent de comprendre la nécessité de combattre l’extrême droite avant qu’elle ruine notre démocratie, nos droits, nos libertés, nos vies en fait.
« Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser. » — Françoise Giroud
J'aurais tellement aimé que ce soit un roman dystopique. Mais non, c'est bien notre réalité qui y est décrite. Et elle fait peur. Mais lire ce livre me semble nécessaire en ces temps troublés par la montée de l'extrême droite en France et partout dans le monde.
Il se lit vite, se comprend très bien, fait peur mais aussi, et surtout, apporte un peu d'espoir.
Alors, si vous le pouvez, lisez le, partagez le et parlez en.
Un livre pour les indécis et les personnes peu politisées qui auraient besoin d’explications simples et efficaces pour lutter contre l’extrême droite et la diffusion de ses idées dans toutes les sphères de la société. Il ne s’agit pas d’un ouvrage révolutionnaire, mais d’un libre pratique qui défend simplement la démocratie. On pourrait peut-être pousser un tout petit peu plus mon …
Très bonne entrée en matière pour qui cherche à faire le bilan sur l'extrême-droite après cette année difficile. Le propos est simple, facile d'accès et très bien sourcé. Je pense aussi que les derniers chapitres, plein d'enthousiasme et de lumière, sauront remotiver celleux qui en ont besoin !
simple, clair et efficace. juste topissime. je vais conseiller ce livre à tous les droitards que je croiserai et le mettrai en avant dans ma librairie. big slay
"On ne joue pas avec l'extrême droite ; on ne l'essaie pas par curiosité ou par dépit ; on la combat, partout, tout le temps, au nom d'un idéal : la démocratie."
Rien de nouveau sous les gros nuages, mais c'est un livre qui atteint son but à mon avis. J'espère que mon fils voudra bien le lire, je le pense très accessible à un large public et tant mieux ! Et pour les plus informés, c'est toujours réconfortant d'entendre quelqu'un d'intelligent crier ce qui nous angoisse. Pas de raison de se priver.
Ça a fait du bien à mon pessimisme. Suivant de près le travail de Salomé Saqué je n'ai pas été surprise par ce qui y est écrit, mais c'est utile d'avoir tout ces arguments sourcés sous la main, consignés clairement dans un livre. À lire et à conseiller autour de vous.
Je lis mon premier essai avec celui-ci et j'ai été complètement convaincue. Je partais déjà en sachant qu'il m'apporterai les réponses à certains de mes questionnements mais aussi une vision pas forcément hyper négative. Je connais l'autrice que je suis sur les réseaux sociaux, et j'ai aimé sa manière d'aborder les choses. Elle simplifie les choses, c'est compréhensible. Elle nous donne aussi les clefs pour réussir à avancer avec ça, et à ce battre contre la montée de l'extrême droite. Je lirai avec plaisir d'autres de ces écrits, mais elle m'a aussi permis de m'ouvrir plus à la non-fiction et les essais.
J’ai apprécié lire ce livre qui est concis est se lit assez facilement.
Cependant je n’ai pas l’impression d’avoir appris beaucoup de choses ou que ça ait beaucoup nourri ma réflexion - peut-être que c’est un bon signe, parce que ça doit vouloir dire que j’avais déjà compris pas mal de trucs et que je suis pas complètement à côté de la plaque !
C’est quand même un bon résumé de la situation et un rappel important des dangers que présente l’extrême droite, qui a été bien banalisée ces derniers temps.
Un très bon texte, à la fois comme entrée en matière sur la thématique de l'extrême-droite (c'est simple mais extrêmement bien documenté pour approfondir) et comme appel à l'engagement et au militantisme (mention spéciale pour le chapitre sur la créativité et la joie).
je suis clairement pas le public cible (mais si bravo pour le travail) j’ai des doutes sur le fait que ce livre puisse arriver dans les mains de ceux qui en ont besoin même si la démarche est vraiment intéressante
Le titre de ce livre est très mal choisi selon moi puisqu'il se concentre sur un rappel de l'origine de l'extrême-droite (ExtD) française, des risques politiques d'un accès au pouvoir et des stratégies en œuvre actuellement pour y parvenir. Si l'objectif de ce livre est de "résister", de fournir du matériel argumentaire pour contrer les positions de l'ExtD (une sorte de manuel d'auto-défense), c'est loupé. Aucun des sujets qui "poussent" les électeurs vers l'ExtD n'est sérieusement abordé.
Vraiment déçu donc par ce texte qui décrit bien les symptômes (partiellement) mais échoue à diagnostiquer et inventorier les causes, ce que j'attendais. En faisant l'impasse sur les origines du vote ExtD et en se concentrant uniquement sur l'expression du "mal", il est impossible de mettre en place une prévention efficace.
POUR RÉSISTER, on ne trouvera donc dans ce texte, qui n'identifie pas les motifs qui font monter l'ExtD dans les urnes, que très peu de billes. Si Salomé Saqué connaît bien la pensée du "cœur radical" de l'ExtD et l'histoire du FN, elle semble ignorer les dynamiques contemporaines qui ont soutenu la transformation du FN en RN et elle ne connaît pas du tout son électorat. Non, le FN des années 80 n'est pas le RN des années 2020. L'électorat d'ExtD a évolué tout comme le reste de la société. Restreindre l'analyse au FN de JM Le Pen en disant que le RN de Bardella est dans une pure continuité me semble une erreur de jugement. Saqué rappelle avec raison l'histoire et les risques de l'ExtD mais elle n'actualise pas son analyse pour l'ajuster aux enjeux socio-économiques que nous traversons. Je doute sérieusement que l'autrice se soit plongée dans l'univers de l'ExtD sur le terrain et soit bien au fait des motivations de ses électeurs ; elle l'avait d'ailleurs reconnu avec honnêteté dans son enquête "Sois jeune et tais-toi" où elle recueillait deux maigres témoignages de jeunes électeurs RN pour lesquels elle avait avoué ne pas savoir quelle interprétation en donner...
POUR RÉSISTER, il ne suffit pas de reprendre toujours le même angle d'attaque incantatoire ("l'ExtD, c'est le mal, attention l'histoire se répète, n'oublions jamais le nazisme") utilisé depuis plus 25 ans avec une inefficacité totale (~5% d'électeurs dans les années 80 vs. >30% désormais). Qui plus est, ces arguments ne convainqueront que les personnes qui sont déjà convaincues (visiblement la quasi totalité des lecteurs Goodreads).
POUR RÉSISTER, il faut comprendre ce qui se passe chez les électeurs : sans électeurs, pas de parti extrémiste. Or ce livre ne propose rien sur le fond pour contrer les arguments qui "poussent" vers les extrêmes. Aucune des problématiques sociétales actuelles (pourtant nombreuses et vives) qui incitent les électeurs à se tourner vers l'ExtD n'est traitée et on ne trouvera donc aucun contre-argument idéologique pour remporter des débats argumentés sur le fond. Point crucial: le vote RN n'est pas monobloc et c'est inepte de penser que les électeurs épousent aveuglément l'ensemble des positions du RN. N'oublions pas qu'en 2024, une grande partie des électeurs RN ne votent pas par choix mais par défaut ou contre, notamment avec un derby RN vs. LFI/NFP en passe de devenir un classique et que beaucoup comparent à un choix entre la peste et le choléra. Il ne suffit donc pas de critiquer, il faut aussi faire son autocritique.
POUR RÉSISTER, et je vais beaucoup me répéter désolé, mais c'est parce que je me sens terriblement seul dans ce combat, il faut aller chercher les causes et pour cela s'attarder sur les questions que se posent les électeurs, celles qui font mal à nos croyances et valeurs, y lire leurs souffrances, les considérer et y apporter des réponses solides. Sans mépris. Qui fait ce travail?
POUR RÉSISTER, à ma minuscule échelle, je me propose ici de faire ma part de colibri et je sais ce faisant que je m'expose grandement dans notre époque sans nuance où "si l'on n'est pas 100% pour, c'est qu'on est 100% contre" et où le moindre questionnement du principe aveugle "d'accepter l'autre (un certain autre) dans sa différence sans condition aucune" est vécu comme une insulte raciste ou xénophobe.
POUR RÉSISTER, il faut commencer par identifier quelles sont les craintes qui poussent les électeurs vers l'ExtD, comprendre leurs arguments et tâcher de les contrer lorsque c'est faisable. Cette liste n'est évidemment pas exhaustive mais elle est déjà fort longue et me semble un point de départ indispensable.
POUR RÉSISTER, il faut apporter des réponses et/ou rassurer sur:
1. Immigration, islamisme et djihadisme
C'est LE sujet majeur qui rassemble les électeurs d'ExtD au-delà de leur diversité socio-démographique. Il est étroitement lié à une nouveauté dans l'Histoire de l'immigration: (le sentiment de?) l'existence d'une immigration comportant en son sein des éléments hostiles (i.e. portant le djihadisme). L'Islam dans sa version littérale est jugé incompatible avec nos valeurs. Plutôt que de balayer d'un revers de main ce sujet par idéologie, ne faudrait-il pas lever le tabou et accepter de se poser les questions qui fâchent? Se confirmer que c'est un vrai sujet? Que dit le Coran? Qui s'est donné la peine de le lire? Que faire de ses versets violents ? Accepte-t-on d'acter le fait que ce texte, dicté par Dieu lui-même, invite à de multiples reprises à tuer les infidèles ? (= à éliminer Chrétiens et Juifs en particulier) Quelle position adopter face à la doctrine de l'hijra salafiste qui sous-tend le djihad par migration? Face au panislamisme promu par les états musulmans sous l'influence wahabbite ? Fait-on l'effort de voir et comprendre ce qui se passe aussi dans les autres pays occidentaux ? Analyse-t-on les dynamiques à l'œuvre dans les pays musulmans ? Les informations et alertes relayées par les journalistes, opposants et minorités persécutées (lorsqu'ils n'ont pas été réduits au silence) de ces pays sont-elles prises en compte pour éviter que les islamistes viennent déployer leur stratégie sur le territoire européen/français? Lever ces quelques tabous est une étape incontournable si on espère démentir les fantasmes et éviter la récupération politique. Et désolé de le dire, je sais que c'est très incorrect, mais pour faire ce travail, on a besoin des stats : religieuses, économiques, sociales (nota: des stats ethniques/raciales sont peu utiles car contrairement à ce qui est répété mécaniquement par beaucoup, notre problématique contemporaine concerne la culture, et non pas la race). On a aussi cruellement besoin de savoir de quoi est faite la population française. De quoi est faite notre immigration. A-t-on une politique d'immigration en France? Non. A-t-on une approche transparente et démocratique du sujet? Non. Est-ce normal ou est-ce une pure position idéologique? D'ailleurs, on a vu récemment au sujet du traité franco-algérien de 1968, qui donne aux immigrés algériens des avantages exorbitants du droit commun, comment un "tabou politique" (cachant une injuste différence de traitement entre immigrés) pouvait renforcer des positions extrémistes (et expliquer que ce sujet porté par l'ExtD puisse trouver écho - et oui, aussi- auprès de populations elles-mêmes issues de l'immigration).
2. Islamisme et antisémitisme
Autre sujet central et étroitement lié au précédent : le lien entre islamisme et antisémitisme. Actuellement, ce lien floute la frontière entre l'extrême-droite et l'extrême-gauche. Contrairement à ce que Saqué évacue avec légèreté, l'islamo-gauchisme est devenu un sujet politique, qu'on le veuille ou non, et il n'est pas difficile d'en trouver une définition. Une certaine gauche a-t-elle désormais fait le choix du vote musulman par clientélisme, quitte à être complaisante avec l'islamisme ? Peut-elle être sérieusement perçue comme la garante de la lutte contre l'antisémitisme ? Comment dénoncer l'antisémitisme de l'ExtD quand certains à gauche ont pu se compromettre avec les racistes et antisémites du Parti des Indigènes de la République, avec des partisans du Hamas ou ont pu surprendre en dénonçant du bout des lèvres le massacre du 7/10 et les viols de femmes juives? J'ai vu à cette occasion avec horreur, incrédulité et sidération, des relents de négationnisme faire leur apparition à gauche... impensable...
De ce point de vue, les statistiques des agressions à caractère religieux sont intriguantes avec un taux d'actes anti-musulmans bas comparés aux actes anti-chrétiens et surtout antisémites (×10) relativement à la taille respective de ces communautés. Les flambées d'actes antisémites sont de plus fortement corrélées aux événements se déroulant en Palestine. Dans ces conditions, difficile de mettre tout cela sur le dos de l'ExtD sans s'exposer à l'accusation de doubles-standards et d'indignation à géométrie variable par ses partisans. Pendant ce temps, on pourra noter avec inquiétude que dans un département comme la Seine-Saint-Denis, dont les municipalités sont majoritairement administrées par la gauche et l'extrême-gauche, la diversité s'écroule avec un exode massif des familles juives. Ne doit-on pas sérieusement s'interroger sur ce qui est en jeu ici? L'intolérance à l'intolérance elle aussi ne doit pas être à géométrie variable.
3. La mondialisation
Enorme et complexe sujet. Plus de diversité culturelle, bien qu'hyper positive, expose au communautarisme lorsque des tailles critiques sont atteintes et ne permettent plus une intégration culturelle complète: chacun veut/peut alors "conserver ici son ailleurs" ce qui pose problème s'il y a conflit de valeurs. Le choc des cultures et le multiculturalisme cristallisent ainsi beaucoup d'antagonismes, en particulier en France où la juxtaposition de communautés s'ajuste mal au vivre-ensemble français et à sa conception de la laïcité. Qu'ont proposé les gouvernements successifs de tous bords pour faciliter l'accueil, l'intégration et l'adaptation des nouveaux arrivants à nos valeurs? Qu'est-ce qui justifie de laisser tomber le modèle d'assimilation propre au système français (et qui a fait ses preuves si l'on compare avec les autres pays occidentaux) sous prétexte que ce serait violent pour les nouveaux arrivés? L'intégration simple a montré ses limites (le communautarisme) dans les pays anglophones notamment. Notons aussi que la mondialisation, qui était appelé de ses vœux par la gauche, a désormais pris un coup dans l'aile et la généralisation/normalisation du "Made in France / fabriqué localement" ressemble fort à un retournement de veste qui donne raison aux positions de type "Les Français d'abord" portées depuis toujours par le FN. Le RN a désormais beau jeu d'asséner qu'il "l'avait toujours dit" et qu'il défend les précaires exclus de la mondialisation (catégorie d'électeurs historiquement de gauche/extrême-gauche: ouvriers, employés de catégorie C).
4. Le "progresssisme radical"
La mondialisation et la diversité qui en découlent ont conduit à un relativisme culturel et religieux ; celui-ci s'est doublé de bonds gigantesques dans les avancées progressistes, créant un décalage voire un fossé entre les "nouvelles valeurs" et les (pourtant pas si) anciennes valeurs reléguées de fait au rang d'archaismes, de conservatismes voire même de positions réactionnaires. Pour les personnes de "l'ancien monde", visées dans leur système de valeurs, le sentiment est fort d'un "nihilisme" permettant de justifier les évolutions sociales très fortes et clivantes autour du genre, de la reproduction, de la sacralisation de l'individu, etc. Une certaine "post-vérité scientifique" utilisée comme argument d'autorité n'a fait que renforcer le sentiment de rejet associé à ces positions (en tant que biologiste intéressé aux questions d'égalité des sexes, je lis régulièrement des énormités pour justifier des idéologies). Comment gérer ce regain de confrontation entre Tradition/Nature et Progrès/Culture? Y-a-t-il vraiment une perte des valeurs par relativisme? Doit-on tout accepter au nom du progrès dès lors que celui-ci favorise les libertés individuelles? La Nature et la Tradition telles que conçues par une bonne partie des électeurs de l'ExtD actuelle sont-elles forcément coercitives et réactionnaires ou doivent-elles être débattues? Enfin, notre vie socio-politique ayant évoluée vers des réponses à l'individualisme et à l'émotion (nous sommes entrés depuis la fin du XXème siècle dans une ère de politique compassionnelle et médiatique), les luttes se retrouvent dans une compétition victimaire avec 2 effets délétères majeurs: d'un côté la transformation de l'état de droit en état de droits qui fait de la revendication sociale un chantage affectif permanent et de l'autre la création d'une culture de l'accusation et de la réparation qui exclut une partie de la population du champ de la moralité (s'il y a des victimes, c'est qu'il y a des coupables). On peut s'interroger : pour qui peuvent bien voter les "coupables" pointés du doigt par une certaine gauche?
5. Le mépris
Autre point crucial que l'étude du vote d'ExtD nous apprend: la très forte corrélation entre ce choix électoral et l'intensité du sentiment de mépris ressenti par l'électeur. C'est évoqué très succinctement par Salomé Saqué en une page en fin d'ouvrage. Et pourtant, il y a une sacrée leçon à en tirer en termes de dialogue. Et de ce point de vue, à titre d'exemple, la gestion (désastreuse -et le mot est faible- pour la crédibilité des pouvoirs publics, des "progresssistes", et de la science notamment) de la crise Covid est à mon avis pour beaucoup dans la recrudescence de l'ExtD depuis le début des années 2020.
Au final, je salue la partie puissante de ce livre, celle qui expose les rouages "stratégiques et médiatiques" de l'effort de campagne de l'ExtD (même si je doute contrairement à l'autrice que ce soit le seul apanage de l'ExtD).
POUR RÉSISTER en effet, il faut déconstruire les intoxs de l'ExtD. Mais pour ça, encore faut-il être capable de les identifier et de les expliquer convenablement, ce que je n'ai encore jamais vu, et encore moins avec une argumentation solide. C'est même souvent tout l'inverse et par exemple, il suffit de voir comment la théorie du "grand remplacement" est définie par Salomé ou le site web du Ministère pour réaliser qu'ils n'ont rien compris et pire, qu'ils renforcent l'idée qu'il existe un complot.
Résister, c'est aussi et surtout ouvrir le dialogue. Ouvrir la discussion et échanger selon les bonnes pratiques proposées en fin d'ouvrage : évidemment. Mais encore faut-il pouvoir partir sur une base de discussion commune. Et ça, ce n'est pas possible sans s'informer sur les questions/constats/suppositions de l'interlocuteur et dans le cas de l'ExtD, cela passe forcément par une confrontation avec les tabous propres à notre histoire et notre époque. Il faut se poser les bonnes questions et accepter que certaines réponses dérangeront. Il faut en revenir aux faits et aux problématiques qu'ils soulèvent. Or les faits, par dogmatisme, par croyance, par confort, on s'interdit souvent de les voir et donc d'établir les bons diagnostics. C'est un très mauvais signe pour la santé d'une démocratie et je ne pense pas que l'excuse de la tolérance à l'intolérance soit bonne. Les conflits, ça doit être ouverts pour pouvoir être réglés. Ce n'est pas en disant "cette information est sacrée donc on ne peut pas la donner" qu'on résoudra des problèmes d'une telle ampleur. Et le silence forcé, ça alimente les fantasmes.
POU RÉSISTER efficacement, il faut donc (ô horreur) se donner les moyens de recueillir les faits, les stats et les questions que se posent nos opposants pour pouvoir analyser la situation et contre-argumenter. Rien de tout cela dans "Résister" mais une certitude malheureusement ancrée historiquement d'avoir l'ascendant moral et factuel qui ne peut qu'aboutir à opposer des présupposés, des croyances, des idéologies et des positions de principe qui entraînent un clivage et échoueront systématiquement à construire un consensus et tout espoir de réduire le radicalisme. Or, cette position de supériorité morale me semble doublement dangereuse. Elle crée un aveuglement sur soi-même et une mauvaise estimation des dangers qui nous guettent. Le RN serait le seul parti qui serait dangereux... et pas l'extrême gauche? En réalisant la même fouille historique pour aller identifier ceux qui à gauche ont une filiation avec leurs prédécesseurs qui sont aller prêter main forte à Camarade Staline ou aux Khmers Rouges et sont revenus avec les honneurs, on aurait des surprises... sans parler de complaisance ou d'amnésie sélective concernant plus récemment les agissements de la Stasi en RDA, Action Directe en France ou encore les blacks blocs antifas un peu partout. Ces doubles standards encore une fois renforcent le sentiment de complot et de victimisation des électeurs d'ExtD.
De plus, les arguments recensés dans ce livre seront d'autant plus inopérants pour contrer et ramener sur le bon chemin les électeurs "déviants" qu'une partie d'entre eux sont faibles ou viennent compléter les travers et erreurs rhétoriques classiques dans la lutte contre l'ExtD que l'on peut lister ainsi: points Godwin, confusion entre choix de société et choix moraux (ex: avortement, PMA), idées reçues (on voit entre les lignes le focus sur les Français "de souche" ce qui ne tient pas la route avec les scores électoraux de l'ExtD qui atteignent >30%), amalgames (la partie pour le tout avec le focus sur les violences de l'ultra droite), présupposé que les électeurs du RN sont quand même un peu teubés sur les bords, homme de paille, biais de sélection, partisanisme (indulgence en filigrane vis-à-vis de l'extrême-gauche et de LFI en particulier), comparaisons infondées (avec les USA, avec les autocraties asiatiques), simplifications (non tout ne se résume pas au racisme ; oui ça peut faire sauter au plafond mais tout le monde n'est pas nécessairement ultra-progressiste et cela ne fait pas d'eux des fachos pour autant), demi-raisonnements (l'ExtD serait le seul régime dont on ne revient pas... mais les exemples pris de l'Italie, de la Pologne, de la Hongrie montrent bien que le basculement prédit dans l'horreur n'a pas eu lien alors que leurs dirigeants sont au pouvoir depuis plusieurs années... et pendant ce temps, les mollahs en Iran tyrannisent depuis bientôt 50 ans...), anachronisme (pas d'élargissement du sujet à l'époque contemporaine: la demographie et les profils des électeurs ont changé !), oubli tragique pour ne dire coupable du meilleur ennemi sans qui le RN actuel n'existerait pas, à savoir l'islamisme.... Et toujours cette sempiternelle confusion entre race et culture qui limite voire fourvoie l'analyse car au-delà du cœur raciste, le problème est avant tout religieux et c'est ce qui ressort des sondages (plus des 3/4 des électeurs jugent l'islam incompatible avec la République). Enfin, bon nombre d'arguments ou de "preuves", si elles sont en effet pertinentes (les critères de Ur Fascism par exemple) ne sont pas vraiment spécifiques du RN et peuvent s'appliquer aux actualités d'autres partis notamment à l'extrême-gauche y compris LFI. D'ailleurs soit dit en passant chaque camp voit le chaos arriver en face ("l'ennemi est bête, il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui" ^^).
POUR RÉSISTER, il va falloir analyser beaucoup mieux que ça, se renseigner véritablement sur les profils de l'électorat, formaliser les questions qui se posent, et tâcher d'y répondre... bref, il va falloir une réelle envie de comprendre ce qui se joue, il va falloir bosser dur en allant sur des territoires inconfortables et laisser au passage de côté le sentiment de supériorité qui n'a jamais aidé à avoir des discussions constructives, a fortiori s'il s'agit de faire changer d'avis ses interlocuteurs...
Désolé de ce commentaire excessivement long et je l'espère pas trop fourre-tout et confus. Les niveaux de radicalisation des uns et des autres et d'incapacité au débat me rendent profondément triste et pessimiste.
"Έτσι αρχίζει ο φασισμός. Δεν λέει ποτέ το όνομά του, σέρνεται, ελίσσεται, κι όταν δείχνει την άκρη της μύτης του λέμε: Αυτός είναι; Μα σίγουρα; Μην υπερβάλλουμε κιόλας! Κι έπειτα, μια μέρα, τον τρώμε στα μούτρα και είναι πολύ αργά να τον διώξουμε."
Το "Αντισταθείτε" της Salomé Saqué είναι ένα δοκίμιο που γράφτηκε το 2024, μέσα σε μια πολιτικά φορτισμένη συγκυρία στη Γαλλία, όταν η άκρα δεξιά βρισκόταν πιο κοντά από ποτέ στην εξουσία. Με την αιχμηρή ματιά της δημοσιογράφου, η Saqué καταγράφει την ορατή μετατόπιση του δημόσιου λόγου, την κανονικοποίηση της μισαλλοδοξίας και την απώλεια εμπιστοσύνης απέναντι στους θεσμούς. Μας υπενθυμίζει ότι η δημοκρατία δεν διαλύεται απότομα, αλλά διαβρώνεται αργά, μέσα από την αδιαφορία, τον φόβο και την παραπληροφόρηση.
Το δυνατό σημείο του συγκεκριμένου πονήματος είναι η ικανότητά του να μιλήσει τόσο στους πολιτικοποιημένους αναγνώστες όσο και σε εκείνους που μέχρι σήμερα είχαν μείνει στο περιθώριο της δημόσιας συζήτησης. Η γραφή της Saqué είναι άμεση και κατανοητή, και το δοκίμιο, παρότι σύντομο, καταφέρνει να συνοψίσει μια ολόκληρη κοινωνική πραγματικότητα: την άνοδο της ακροδεξιάς όχι ως τυχαίο φαινόμενο, αλλά ως αποτέλεσμα διαχρονικών απογοητεύσεων και συστηματικής επιρροής των μέσων ενημέρωσης. Αποτελεί ένα εργαλείο κατανόησης του προβλήματος, μια εισαγωγή στις τεχνικές της χειραγώγησης και μια πρόσκληση σε πολιτική ωριμότητα. Η δημοσιογράφος δεν επιβάλει λύσεις, αλλά προκαλεί την ανάγκη του αναγνώστη να τις αναζητήσει ο ίδιος, να γίνει ενεργός, να ενημερώνεται κριτικά, να αντιστέκεται σε ό,τι διαβρώνει την κοινωνική συνοχή.
Το πιο ισχυρό μήνυμα του βιβλίου, ωστόσο, ξεπερνά τα γαλλικά συμφραζόμενα. Η Saqué δείχνει ξεκάθαρα ότι ο φασισμός, η ξενοφοβία και ο αυταρχισμός δεν αποτελούν γαλλική ιδιαιτερότητα. Είναι πρόβλημα πανευρωπαϊκό και παγκόσμιο. Η άνοδος της ακροδεξιάς δεν συμβαίνει σε μία μόνο χώρα, αλλά σε πολλές ταυτόχρονα, συχνά με παρόμοιες αφηγήσεις, ίδιες στρατηγικές φόβου και κοινή εργαλειοποίηση της ανασφάλειας. Έτσι, η λέξη "Αντισταθείτε" γίνεται κάτι περισσότερο από ένα πολιτικό σχόλιο. Γίνεται ένα κάλεσμα προς όλους όσοι πιστεύουν στην ανθρώπινη αξιοπρέπεια, στη λογική και στη δημοκρατία. Η αντίσταση δεν είναι αφηρημένη έννοια ούτε ηρωική πράξη κάποιων λίγων. Είναι καθημερινή στάση, τρόπος ζωής, επιλογή να μην επιτρέψουμε να περάσουν απαρατήρητες οι μικρές ρωγμές που μεγαλώνουν μέχρι να γίνουν επικίνδυνα ρήγματα. Και κυρίως, είναι ευθύνη όλων μας, γιατί η απειλή δεν γνωρίζει σύνορα και η δημοκρατία δεν σώζεται ποτέ από μόνη της.
Una lectura rápida sobre la situación política en relación al auge de la ultraderecha, especialmente en Francia aunque con un análisis global. Desconocía muchos hechos que narra el libro y que me han sorprendido sobre el aumento del odio en Francia y las campañas de acoso de la ultraderecha.
Me ha parecido un análisis muy enriquecedor y esclarecedor sobre la gravedad de los acontecimientos que vivimos y cómo afrontarlos. Además de ser una lectura para todos los públicos, muy recomendable
2,5/5 pas forcément d’accord avec ce qu’elle dit au niveau de comment convaincre les votants d’extrême droite: j’ai plus l’âge pour éviter de les braquer et faire ça dans la douceur alors qu’ils sont pour des atrocités sans nom des que cela concerne des immigrés, des lgbt+ et les femmes mdr maintenant le rappel historique était pas si mal même si c’est des infos qui restent facile d’accès fin ça m’a pas appris grand chose quoi