En partant de la coutume de "l'oubliance" et de l'amnistie qui a caractérisé l'essentiel des conflits de l'ère pré-moderne, l'auteur retrace la lente émergence des principes fondateurs du droit international et de la justice internationale. Pour arriver au constat d'une architecture toujours embryonnaire et phagocytée par les exigences de souveraineté des États. A l'heure où le monde constate le retour des projets impérialistes et des rapports de force désinhibés, l'ouvrage de JP Chagnollaud se présente comme une synthèse utile pour contempler ces évolutions dans le temps long. Ces principes fondateurs, et le travail des institutions correspondantes, ont ruisselé à travers les pires heures du XXe siècle. Ils devrait survivre à notre époque. Pour gagner en efficacité à la sortie de l'ère actuelle de turbulences, il faudra sans aucun doute une phase de réformes, voire de refonte, de ces institutions. Et aussi, un des points que l'auteur n'aborde pas dans une analyse très euro-centrée, une prise en compte des prochains rapports de force mondiaux. La prochaine phase du droit international sera sans aucun doute le produit de différentes influences, au-delà de ce que l'on appelait il y a encore peu l'Occident.