Une fondation praguoise a invité un jeune documentariste en résidence artistique. Il entreprend, épaulé par son cadreur narquois et sa productrice omnisciente, de réaliser un film sur vous-savez-qui. Mais voilà : il est distrait, hanté par l'histoire de l'ancienne capitale du royaume de Bohème, de la bataille de la Montagne blanche à l'occupation nazie, du règne ésotérique de Rodolphe II à un printemps prestement piétiné par les chars soviétiques. Il y a aussi cet incident dans le métro qui, au matin de son arrivée, a fait jaillir des entrailles de la ville un secret fibreux et mortel. Bref, notre héros se disperse et ne parvient pas à saisir la vérité de son sujet – qu'il connaît d'ailleurs fort mal. Dommage. S'il avait pris la peine de se renseigner un minimum, il saurait que Franz Kafka abhorrait l'idée même de sa postérité. C'est trop tard, maintenant. L'horloge tourne.
Le début est excellent. Je lis ça, et je me dis, au boy, je vais avoir du fun. C'est entrainant comme début, drôle, et joue avec tes attentes. La suite est prometteuse et c'est tout ce que j'aime, confusion entre la réalité et la fiction, jeu avec les notes de bas de pages, avec les différents niveaux de réalité, les différents niveaux de narration, la typographie, mais ça tombe un peu à plat rendu à la moitié et ça répète un peu ses jeux de style. Ça ne les assume pas non plus. Les scénarios s'enchevêtrent et changent de typo mais on ne comprend pas tellement pourquoi, il y a une note de bas de page qui devient le récit principal à un chapitre mais ça change pas grand chose, on dirait que ça dérape mais pas assez? Pourtant, il y a de superbes idées dans ce roman, et c'est un roman moyen mais avec des bouts vraiment forts, c'est juste que ça s'essouffle. Ça reste mieux qu'un roman qui est moyen dans son intégralité.
Je suis confuse de cette lecture. Je n'ai pas tout compris et je crois que c'est le but. Je donne tout de même un 4, parce que c'est addictif, le style est original, le thème également.
Trop déroutant et satirique pour moi, même si j'ai apprécié certains passages. "Je sors du bar en titubant et longe la bâtisse par la plus petite ruelle de Prague : si étroite qu'une seule personne à la fois peut l'emprunter, les épaules tassées comme dans un cercueil. Un feu de circulation y a été installé pour éviter les face-à-face."
Un roman énigmatique qui m'a amené bien loin de mon horizon d'attente. Je me suis retrouvée en face d'un délire paranoïaque mêlé à un hommage à Kafka alors que je pensais lire les dédales créatives d'un cinéaste déboussolé. Intéressante lecture qui me laisse néanmoins avec beaucoup d'interrogations non résolues. Peut-être est-ce là le véritable hommage à Kafka.
Il s'agit d'un roman qui n'a pas livré ses promesses de départ : les premiers chapitres sont captivants et l'intrigue qui se dessine est originale. Une fois rendue à la moitié du livre, il m'est devenu impossible de distinguer le vrai du faux. L'un des objectifs de ce roman semble être de dénoncer la désinformation, ce qui est pertinent et d'actualité. Toutefois, la fin ne m'a pas apporté de clarté, ce qui m'a laissée avec un sentiment d'incompréhension et d'absence de finalité.