Il y a des livres qu’on aime.
Et puis il y a ceux qui nous transpercent.
Embrasser le jour – tome 2 est de ceux-là.
J’avais adoré le tome 1… mais celui-ci est mille fois plus fort. Plus intense. Plus bouleversant.
J’ai pleuré. J’ai ri. J’ai eu des frissons à presque chaque chapitre.
La plume de Marie Reppelin est sublime, profondément sensorielle, d’une justesse désarmante. Tout est beau, puissant, incarné. On ne lit pas cette histoire : on la vit. On est avec eux, au cœur de la guerre, le souffle court, le cœur serré.
L’histoire est ultra prenante, ultra addictive. Impossible de lâcher ce roman. Chaque scène résonne, chaque émotion est décuplée. Il y a la peur, la perte, la colère… mais aussi la douceur, l’humour et l’amour.
Et cette found family… mon cœur déborde.
Les voir interagir, se protéger, se chamailler, s’aimer, devenir une famille malgré le chaos est absolument magnifique. C’est ce qui apporte cette lumière si précieuse au milieu de l’horreur. Cette chaleur. Ce soutien. Cette humanité.
La relation entre Rylen et Liv est superbe, touchante, pleine de tendresse et de force. Elle se construit avec sincérité, avec pudeur, avec intensité.
Et alors l’humour, on en parle ? … certains passages sont hilarants, punchy, sarcastiques à souhait — j’étais morte de rire.
D’autres m’ont brisé le cœur (oui, j’ai pleuré ma race, merci Marie ^^).
Et certains m’ont littéralement donné des frissons tant c’était puissant.
J’ai adoré voir l’Oracle sortir de sa tour, rejoindre les autres, exister pleinement parmi eux.
J’ai le cœur lourd pour Hal (encore un…) mais soulagé, profondément, que Ellery et Addie soient encore là.
Et puis l’objet livre, parlons-en : il est sublime. Un écrin parfait pour une histoire aussi forte.
En bref :
- Un immense coup de cœur.
- Une lecture marquante.
- Un roman qui fait mal, qui fait du bien, qui serre le cœur et le fait battre plus fort.
- Une plume douce, poétique, immersive.
Comme toujours avec Marie Reppelin, c’est un sans-faute. 🤍
CITATIONS :
(Oui j'ai relevé tout le roman, et alors ? J'ai kiffé ma race, ok !)
« Je t’ai déjà dit d’y aller mollo sur l’égo. »
« Redescends de ton piedestal. »
« Il y a quelque chose d'extrêmement perturbant à voir ce qui a été et ce qui sera. À en savoir davantage sur le futur des personnes que je rencontre que ces personnes elles-mêmes. À accepter que mes paroles soient immuables et le destin que je leur prédis, inévitable. Beaucoup d'entre elles ont essayé. Aucune n'a encore réussi. Alors, oui, je les vois arriver remplies d'espoir et repartir le visage baissé, les bras enserrés autour d'elles comme pour retenir les éclats de leurs illusions brisées. »
« Nos regards se croisent et le gris du sien me happe. Je me contente de hocher la tête, peu encline à lui dire ce qui me frappe à l'instant. À savoir que cela fait maintenant un moment que je ne pense plus à lui cacher quoi que ce soit. Que je semble avoir décidé de lui faire confiance sans même l'avoir consciemment choisi. Que j'ai beau être terrifiée, je le suis un peu moins en le sachant à mes côtés. »
« Si cela n'équivalait pas plus ou moins à une mise à mort pour moi, j'applaudirais le génie de ces hommes. »
« - Par Oria, ce que tu peux être agaçante.
- On m'a déjà attribué des qualificatifs bien pires. »
« Mes derniers mots semblent l'aider à reprendre un peu le contrôle de ses émotions, et son visage s'illumine légèrement tandis qu'elle rétorque :
- Parce que tu crois que tu peux me dire ce que je dois faire ? »
« - Alors ? a-t-elle l'audace de me relancer.
- J’essaie.
- Pas beaucoup, j'ai l'impression. »
« - Il cache mieux son jeu que moi, je murmure à Ellery tandis qu'on passe devant Rylen sans qu'il ne daigne me jeter un regard.
- C’est parce qu'il a plus d'expérience dans le refoulement de ses sentiments, me répond mon ami. Et crois-moi, il n'est pas aussi discret qu'il le pense. »
« Pour comprendre comment Oriata a pu se retrouver dans la situation actuelle, vous devez vous rappeler une chose cruciale : l'histoire n'est pas toujours écrite par les vainqueurs, mais bien souvent par ceux qui ont le plus à perdre si la vérité venait à éclater. »
« Tu la trouveras, tu l'aimeras et la protégeras. Son rôle sera capital. Elle nous libérera tous : dans le sang, les flammes et les larmes... elle marquera la fin de l'Histoire. »
« Tout peut bien partir en fumée, moi y compris, du moment que Liv survit. Elle doit survivre. Elle le mérite. Et je ferai tout pour. »
« - Bryant, maugrée-t-il en levant les yeux au ciel. Je ne crois pas t'avoir invité dans mon lit, toi. »
« Il suffit parfois d'une personne pour éclairer nos ténèbres les plus sombres et il n'y a pas besoin d'amour romantique pour alimenter ce brasier-là. »
« - Ça suffit, vous deux, personne n'a pris la place de personne, bougonne Liv. Arrêtez vos bêtises, à cause de votre démonstration dégoulinante de testosterone, votre ego déborde de cette table. »
« - Liv, je croyais pourtant avoir été clair : la seule personne qui compte à mes yeux dans cette école de tarés, c'est toi. Les autres pourraient bien cramer sous les flammes de l'ennemi, je n'en perdrais pas le sommeil.
- Ne dis pas ça, je marmonne aussitôt.
- Pourquoi ?
- D’abord, c'est faux : tu tiens à Nat et même à Addie et Ellery, et encore à d'autres personnes, je le sais...
- D’accord, on les embarque avec nous, et ceux qui ne veulent pas nous écouter, on les laisse se débrouiller. C'est toi qui m'as appris qu'on ne pouvait pas sauver tout le monde.
- Et c'est toi qui m'as répondu que tu aimerais pouvoir le faire ! Qu'est-ce qui a changé depuis ?
- J’ai revu l'ordre de mes priorités, voilà tout. C'est toi d'abord, les autres ensuite. »
« Combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? C'est toi et moi, Liv. Parmi tous les destins que la Déesse tisse, je choisis celui où l'on est ensemble sans hésiter. Même si c'est le plus dangereux. »
« Si j'en crois les anciens, ce n'est pas la première fois qu'un vent de rébellion souffle sur l'Académie. Mais j'aurais beau souffler sur les braises du mieux que je peux, je devine que je ne parviendrais pas à alimenter le feu suffisamment longtemps pour changer quoi que ce soit. »
« Il est temps d'ouvrir les yeux. »
« C'est quand on en a le plus besoin que le temps nous fait défaut. »
« Ils s'apprêtent à comprendre que rien n'est plus dangereux que quelqu'un qui n'a plus rien à perdre. »
« - Vous avez besoin de nous.
- En réalité, ils n'ont pas besoin de toi, intervient une voix derrière Jye. Ils ont surtout besoin de moi. Et peut-être de Valerian. »
« Malgré tous mes efforts, je ne parviens jamais à empêcher la souffrance de toucher ceux dont je lis l'avenir. Les joies et les peines sont des éléments bien trop souvent immuables… »
« …mais Rylen déteste diriger, et c'est sans doute pour cela qu'il est aussi bon quand il le fait. »
« …mais pour tous ceux qui ont perdu quelque chose dans ce conflit inutile. Leurs proches, leur liberté, leur jeunesse, leurs rêves, leur vie... on a tous dû faire le deuil de quelque chose et on le supporte jusqu'à... et bien jusqu'à ce qu'on ne puisse plus, j'imagine. Et à ce moment-là, on remet tout en question. Et on fait ce qui nous semble le plus juste, en espérant que ça nous mène là où on le souhaite. »
« Moi aussi, je peux te le dire. Si vous continuez à roucouler comme ça sous mon nez, je vais me mettre à vomir et, croyez-moi, ce n'est pas un spectacle auquel vous voulez assister. »
« Nous vous aiderons et, ensemble, nous mettrons fin à cette guerre. Sur Oria, je vous en fais la promesse. D'une manière ou d'une autre, tout s'arrête maintenant. »
« C'est ma seule limite : le reste du monde peut bien partir en fumée, mes parents, la capitale tout entière s'il le faut... mais Liv doit pouvoir danser autour de ce bûcher et non se consumer avec lui. »
« La guerre ne s’est pas arrêtée, elle a seulement changé d'apparence. »
« De nos réussites découleront des bonheurs sans nom. De nos échecs, des peines incommensurables. Dans les deux cas, l'Histoire s'en souviendra. »
« Le destin de Rylen le mène vers moi et, moi, je conduis le monde vers le sang et les flammes.
Reste à savoir quand... et ce qui parviendra à ressortir de ce brasier. »
« Ça y est.
L'Histoire est en marche. »
« Oria sait tout. Oria voit tout. Oria est tout. »
« Un jour, quelqu'un m'a dit que ma colère allait me faire tuer... mais il n'est plus là pour m'en préserver. Si je dois réduire ce pays en cendres pour le libérer du Conseil, qu'il en soit ainsi. »
« Nous allons vivre. Ensemble. Qu'Oria m'en soit témoin, nous serons heureux quoi qu'il arrive. Pour honorer ceux qui nous ont quittés, ma famille, nos amis, tous ces innocents sacrifiés depuis des générations... Voilà la plus belle des vengeances. »