À la mort de sa mère, Youssef, un professeur marocain exilé en France depuis un quart de siècle, revient à Salé, sa ville natale, à la demande de ses sœurs, pour liquider l'héritage familial. En lui, c'est tout un passé qui ressurgit, où se mêlent inextricablement souffrances et bonheur de vivre. À travers lui, les voix du passé résonnent et l'interpellent, dont celle de Najib, son ami et amant de jeunesse au destin tragique, happé par le trafic de drogue et la corruption d'un colonel de l'armée du roi Hassan II. À mesure que Youssef s'enfonce dans les ruelles de la ville actuelle, un monde perdu reprend forme, guetté par la misère et la violence, où la différence, sexuelle, sociale, se paie au prix fort. Frontière ultime de ce roman splendide, le Bastion des Larmes, nom donné aux remparts de la vieille ville, à l'ombre desquels Youssef a jadis fait une promesse à Najib. " Notre passé... notre grande fiction ", médite Youssef, tandis qu'il s'apprête à entrer pleinement dans son héritage, celui d'une enfance terrible, d'un amour absolu, aussi, pour ses sœurs magnifiques et sa mère disparue.
Abdellah Taïa is a Moroccan writer born in Salé in 1973. He grew up in a neighborhood called “Hay Salam” located between Salé and Rabat, where his father Mohammed works at the General Library of the capital. His mother M’Barka, an illiterate housewife, gives so much meaning to his days and accompanies his sleep with her nocturnal melodies. This son of a working-class district and second youngest of a household of ten children is the first Moroccan writer to publicly assume his homosexuality.
Abdellah Taïa has been living in Paris since 1999, where he obtained a doctorate in Letters at La Sorbonne University while managing to write 5 books. The last one, called “an Arabian melancholia”, was just published by “Seuil” on March 6th of 2008
un roman condensé de poésie, de puissance et de prières. des mots extrêmement forts qui pénètrent le cœur et rappellent autant la puissance du pardon que celle des traumatismes du passé. un texte qui se lit comme il pourrait se scander, à plusieurs voix, marqué par les entailles et la souffrance autant que par une beauté pure, modeste.
3,5 ou 4? Je ne sais trop. En fait, j'ai aimé la plume, le flou, les souvenirs d'enfance et le mal-être du narrateur versus ce qui a été toléré au vu et au su de tous. Mon côté nostalgique a également été servi.
Par contre, le traitement des personnages féminins m'a agacée au départ. Toutefois, ça se rattrape un peu vers la fin.
Je ne savais pas trop où j'allais dans cette lecture et j'avais l'impression que l'auteur n'en savait pas plus que moi. C'est comme avancer dans un long couloir les yeux bandés, on essaie d'arriver au bout en se moquant un peu de tout ce qui se passe sur le chemin.
Je n'ai pas particulièrement aimé l'écriture. Devoir attendre 75% du roman pour connaitre le prénom de ses soeurs qui sont pourtant mentionnées dans chaque chapitre. Comme un Choeur antique qui n'est là que pour représenter une voix, celle d'un peuple tout entier mais qui finalement n'a que peu d'importance. Les femmes parlent fort, elles crient, elles sont "hystériques", ce qui aurait pu être intéressant dans un roman qui veut questionner la place de la femme dans les sociétés maghrebines. Mais qui malheureusement devient encore une fois cliché.
EDIT: visiblement les prénoms des sœurs sont donnés plus tôt dans le roman, ma lecture était peut être inattentive.
Je ne pense pas relire l'auteur de si tôt. C'était la première fois et j'ai la drôle d'impression qu'il est du genre lui aussi à écrire le même livre en boucle.
Youssef est un professeur d'origine marocaine exilé en France depuis de nombreuses années, il rentre à Salé, sa ville natale à la demande de ses soeurs pour vendre l'appartement familial.
En rentrant au pays, tout son passé ressurgit. Tradition, souffrances, bonheur, Najib son premier amour qui vient de mourir à son arrivée.
Il se souvient des moments heureux entourés de ses deux frère et de ses six soeurs chéries, de sa mère Malika, une femme forte qui avait tout construit. Il se souvient de la pauvreté, de la violence, des traditions de son pays, du regard de la société sur son homosexualité, des souffrances infligées.
L'homosexualité est considérée comme une tare, on jette des pierres, de la violence, on rejette, on n'accepte pas, impossible de vivre son homosexualité, juste la haine, la violence, les jets de pierre, ou pire, le viol, la pédophilie pratiquées et ignorées. La société ferme les yeux, est hypocrite, elle sait, elle voit et ne fait rien. Ses soeurs ont fait pareil, jamais elles n'ont agi. Que de souffrance !
La voix de son ancien amant Najib résonne en lui, il vient de mourir. Lui son aîné qui l'avait compris, aimé, respecté, qui avait souffert, était parti avec un colonel de l'armée du roi Hassan 2. Il a pu vivre ouvertement car son amant pratiquait un trafic de drogue avec l'aide et la corruption des gens d'en haut dans le Nord du Maroc. Il avait un seul souhait être respecté reconnu en tant que tel, faire changer les mentalités.
Ce livre parle aussi de la condition des femmes à travers ses soeurs et leur mère, Malika, des chaînes du mariage.
Tout se passe à Salé, la ville de son enfance, la ville du bastion des larmes, un rempart au bord de la mer, la ville a beaucoup pleuré en 1260 lorsque des chrétiens ont chassé des juifs et musulmans en nombre, plus de 3000 personnes ont été vendues comme esclaves, parties par la mer, on se souvient, on se rassemble devant la mer en pleurant. C'est le lieu du souvenir, celui de son ami Najib, mais aussi celui de la honte, des souffrances endurées, de la haine, de l'amour, de l'envie de vengeance ou du pardon.
J'ai dévoré ce roman, cette plume sensible, pudique, bouleversante. C'est d'une grande justesse, puissant, rythmé, d'une grande beauté. L'écriture est percutante, acérée quand il le faut, saccadée, crue ou d'une extrême douceur.
La fin est juste sublime.
C'est un coup de ♥
Les jolies phrases
Vendre c'est accepter d'être déraciné des autres.
Au milieu d'eux, j'étais plus qu'un hypocrite. Je pouvais jouer tous les rôles. Le confident. Le jaloux. Le mendiant. Le clown. Le servile. La petite danseuse. La serpillière sur laquelle ils essuyaient toutes et tous leurs pieds. Pourvu qu'on me laisse tranquille. Pourvu qu'on m'aime un peu. Un tout petit peu. Et qu'on ne me rappelle pas en permanence à quel point le grand frère que j'étais leur faisait honte.
Quand on n'a plus rien à perdre, on se jette dans la mer déchaînée et on fait tout pour survivre. Survivre et vivre à fond. Vivre sans ce soucier si on est bien considéré ou pas.
Nous n'avions pas l'argent pour acheter les parfums de Paris et de Florence. Nous vivions dans ce rez-de-chaussée à l'aise de nos odeurs. Ce n'est pas le corps à l'aise et nu de l'autre qui dérange. Non. C'est quand ce corps veut masquer sa vérité et sa nature que les problèmes commencent.
Le hammam c'est beau. Toute cette eau qui coule. Cette saleté en nous qui sort. Le hammam est un lieu de miracle. de transformation. Je l'aime, le hammam.
La femme n'a pas besoin de la bénédiction de l'homme pour vivre et pour s'engager et combattre.
Juste de l’autre côté de la rue, il y a un Maroc qui fait les lois, les impose à tous, mais n’a pas peur d’enfreindre en permanence ces mêmes lois.
Etre homosexuel dans un pays qui n’accepte l’homosexualité ni légalement, ni religieusement, ni moralement. Le thème aurait pu donner lieu à une analyse sous forme de thèse, mais l’auteur en a fait un livre rempli de poésie, une poésie sombre, mais avec une langue recherchée et touchante. L’oeuvre est polyphonique, parle de la possibilité de quitter le pays pour vivre libre, mais aussi de la difficulté qu’il y a à s’en arracher. Certains passages sont sordides (la culture du viol sur les homosexuels, notamment les plus jeunes - et on parle ici d’enfants, mène à des scènes insupportables) et mettent en avant l’hypocrisie d’un pays et l’absurdité de la situation. Un livre puissant
Me gusta muchísimo la forma de escribir de Taia y me interesa tremendamente la voz del narrador de esta novela, sin embargo me ha parecido que la historia está un poco deslavazada. La he visto un poco errática. Se centra en demasiados asuntos sin profundizar en ninguno y eso me ha dejado una sensación de que muchos de los personajes están desperdiciados. Por supuesto que tiene partes magníficas, pero, como conjunto, está muy lejos de esa maravilla llamada El que es digno de ser amado.
Una novela de esas que enamoran, no sólo por la historia sino por la forma tan bella de narrar. Narra la vida misma. La necesidad de huir cuando la sociedad no te acepta y la familia solo lo hace de puertas para dentro. Es un homenaje a la familia, a la necesidad de mantener vivo el recuerdo de generaciones anteriores, de las raíces y sobre todo de encontrar la paz en el lugar en el que nos maltrataron, vejaron y en el que sufrimos. Además es un grito desesperado al cambio de conciencia de un pueblo anclado a tradiciones retrógradas, en las que nadie se implica y sobre todo donde se mira hacia otro lado para no ver la realidad. Me ha encantado. Quiero más, bueno, necesito leer más de Abdalá Taia. Gracias por estas grandes historias tan humanas.
Un récit au contenu assez pénible au niveau émotionnel, traité toutefois avec beaucoup de délicatesse et de tact.
J’ai eu du mal à me sentir proche des personnages et des faits décrits dans l’histoire, probablement parce qu’ils me paraissent si lointains de ma réalité et de ma façon de penser. La cruauté est tantôt esquissée, tantôt décrite explicitement, et il m’est difficile de l’appréhender avec rationnel. Peut-être parce que la narration courte retire quelques nuances à certains personnages? Nuances qui permettraient à un lecteur proche d’autres cultures de se les approprier plus facilement ? Beaucoup de thèmes ont été touchés, mais j’aurais peut-être aimé qu’ils soient mieux approfondis. Le risque est de paraître trop unidimensionnel, autrement.
Le style était un peu trop télégraphique au début, aves des phrases excessivement courtes qui donnaient un peu le mal de mer. On s’y habitue en cours de lecture, et ça offre un certain rythme.
Dans l’ensemble, ce n’est pas un livre qui se retrouvera parmi mes préférés. Mais c’est une lecture que je suis loin de regretter!
Después de la muerte de su madre Yusef tiene que volver a su país. Dejar París donde vive exiliado trabajando como profesor y volver a Salé. Ahí debe vender su parte de la casa, toda la herencia que le queda y separarse así de una vez de todo ese pasado.
Una forma que le obliga a recordar su historia, su familia y toda su infancia. El recuerdo duro de ser un niño homosexual en Marruecos, las risas, burlas y golpes recibidos. Todo de sopetón. También la muerte de un antiguo amigo y un último favor a realizar. Esa atmósfera que siempre tiene Abdelá Taia en sus libros, volver a su escritura es como leer un único libro abierto.
Una pulsión me empujó a leer a Taïa después de haberme visto una de sus entrevistas en France Inter. Estilísticamente, no se asemeja a nada que haya leído antes y aun así salgo de este viaje a Salé con la profunda convicción de que nos conocemos de toda la vida. Los personajes hablan en la lengua de los sueños para comunicarse con aquellos que no están, ya sea para salvar la distancia geográfica que pesa sobre ellos o para decirse todo aquello que no se dijeron en vida y dilapidar de esa forma la barrera entre el mundo de los vivos y los muertos. Sin embargo, en mi opinión, no es eso lo que resulta merecedor de las nominaciones al Goncourt. Siempre se habla del poder transformador del duelo y creo que Taïa y su _Bastion des larmes_ son la prueba perfecta de lo que uno puede llegar a hacer cuando se sumerge sin aprensión en el miedo y el trauma de experiencias vividas. A través de este libro, es capaz de arañar la pérdida del hogar, de reconciliarse con una familia homófoba y deshecha por el tiempo, y de recordar con añoranza aquellos años de pobreza material y riqueza de espíritu con sus hermanas en un Marruecos duro de roer y cargado de poesía. En el bastión de lágrimas quedan estampados los recuerdos de lo que fue y de lo que acabó siendo.
je ne sais pas trop comment noter ce livre donc je vais juste écrire la narration au départ m'a déstabilisée, ne sachant pas trop qui parlait mais ça s'éclaircie au fil des pages ; je pense que le style d'écriture, assez poétique, ne m'a assez pas parlé (logique je ne suis pas fan de poésie en générale) pour que j'aime assez ce livre ; (tw viols, homophobie) 1er livre que je lis de cet auteur, je garde ma porte ouverte à lire d'autres de ses livres pour me faire un avis plus affirmé
Novela magnífica que nos traslada al pasado del protagonista, a sus traumas, a su amor de juventud homosexual y a su relación con sus hermanas, la sociedad y consigo mismo. Lleno de giros dramáticos en cada página. Seguiré leyendo a Abdellah
"¿Quién nos querrá de verdad algún día? Un corazón que, por adelantado, sienta una eterna ternura por nosotros."
siempre disfruto adentrándome en el universo de abdellah porque es como observar su vida a través de una rendija... sin embargo ha habido momentos que me han chirriado a lo largo del libro, por eso lo dejo en un 3,5 ⭐
C'est chargée d'une tonne de préjugés et de reproches que j'entame la lecture du bastion des larmes. Préjugés sur ce nieme livre qui ressasse les mêmes thèmes déjà élaborés dans ses livres précédents et reproches contre Taia qui limite son identité à son homosexualité. Comme si il donnait raison à tous ceux qui le réduisait à un gay. Comme si sin orientation sexuelle à elle seule suffisait à occulter toutes ses autres identités et personnalités.
La première partie du livre était une confirmation de ces craintes, ou peut être ma résistance faisait écran entre moi et le livre. Mais plus j'avançais plus les armures fondaient. Malgré les approximations, une certaine mise en scène et une présentation romancé de la réalité marocaine avec incrustation des ingrédients attendus (mystiques, poétiques) qui me semblent souvent suspect. Mais c'est un roman qui porte plusieurs thèmesnécessaires. Avec une belle plume.
C'est un roman sur la différence dans une société qui n'accepte pas la différence. Sur le meurtre de l'innocence. Sur la violence de la pauvreté . Sur les rêves avortés. Mais aussi sur la possibilité du pardon.
C'est aussi un bel hommage à Salé, ville fière et forte de son histoire et ses particularités.Mais devenue ville sattelite à la capitale Rabat, marginalisée et apauvrie.
Que restait il de sa gloire d'antan ? Que reste à ses habitants malmenés par la vie et le poids des traditions et des attentes d'une société impitoyable? L'atlantique éternel et le bastion des larmes.
El bastión de las lágrimas es sin duda el libro más triste que he leído este año. No solo por lo que cuenta sino por lo que duele. ⠀ Silencio, vergüenza, memoria y la resignación de comprender que no solo no hay ya un lugar al que volver, sino que probablemente nunca hubo un lugar del que partir. ⠀ Y, en el centro, la humillación de una familia que no aparece como refugio, sino como el primer espacio donde el protagonista aprende a avergonzarse de sí mismo y a la que, sin embargo, no puede dejar de acudir. ⠀ Al terminarlo sientes una necesidad casi física de abrazar al protagonista. No para consolarlo, eso sería demasiado fácil, sino para reconocer su existencia.
Une écriture touchante et belle. C'est ma découverte de l'auteur mais clairement je ne m'arrêterai pas là ! C'est vraiment le style d'écriture que j'adore et les histoires de vie que j'aime découvrir/partager autour de moi. À lire !!!! Ça parle d'exil, d'acceptation de soi, d'amour, d'espoir, d'homosexualité et de la vie est en société des personnes homosexuelles au Maroc mais aussi attention TW d'abus/vi0l sur enfants et certaines scènes sont vraiment difficiles
Pololo, la rentrée littéraire et son amour du misérabilisme et de la noirceur.
C’est pénible à lire, difficile de savoir immédiatement qui parle, à qui, des fois on change, on est balancé d’un endroit à un autre – vraiment, Fort Boyard et l’épreuve des pots, sauf qu’à chaque fois que le lecteur touche quelque chose, il tombe inévitablement sur la boîte aux scorpions, alors qu’on lui crie de continuer à essayer, les yeux bandés.
Le bastion des larmes est une histoire d’acceptation, de pardon, d’homosexualité et surtout un voyeurisme du lecteur sur tous les malheurs possibles que peuvent subir un garçon / homme différent.
Derrière le chœur grec des sœurs du protagoniste qui entament quelques hymnes en accord avec ce que souhaite / croit devoir entendre l’auteur, ou dépendent au final de ses choix qui vont en leur sens. Elles ne sont nommées que très tard, et il faut attendre encore plus longtemps avant de les dissocier les unes des autres ; dommage d’ailleurs que cette identification n’ait de l’importance que plus on se rapproche de la fin, qui coïncide avec le rapprochement de l’histoire du Bastion des larmes.
Si on ressent une envie particulière de se faire du mal, de lire des choses horribles, de la haine, de la rancœur, des viols, de la pédophilie, de l’homophobie, du mal-être intrafamilial et de la violence affective, le tout assez descriptif, c’est au top.
Un très beau livre qui nous fait réfléchir même une fois la lecture terminée. Il aborde des sujets qui sont compliqués à traiter et parfois d’une grande violence. Le sujet central est l’homosexualité au Maroc. Personnellement j’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur ou on a l’impression de se balader de tête en tête et voir les pensées internes de différents personnages. Dans ce genre de contexte il est compliqué de verbaliser des sujets tabous donc j’ai beaucoup apprécié cette manière de faire. Ça reste un livre très dur tout de même mais ça encourage à ne pas fermer les yeux et d’être acteur si on est confronté à de mauvaises situations. Un livre de fiction mais qui parle d’une certaine réalité qui existe malheureusement encore pour certains.
Esta es una de las pocas historias en primera persona que no tratan de sumergirte en el mundo de la empatía y justificación de los actos, es una historia denunciativa, la cual no trata de darte a conocer la historia de un protagonista sino de muchos que viven las aberraciones a tan temprana edad, ser diferente, horrar tu hombría y ser el tipo de persona que se espera de ti desde la infancia, es lo que se debe hacer, Marruecos esta sumergido en valores cuestionables que destruyen la infancia, pero que hornrar con medallas y honores los delitos de muchos.
Très beau roman qui nous embarque dans la vie de Youssef, homosexuel marocain installé à Paris, qui rentre au pays, à la mort de sa mère. L'écriture d'une apparente simplicité vient du plus profond de l'être. Elle est touchante de sensibilité vraie, vécue. Elle nous fait ressentir avec finesse les blessures et traumatismes subis dans l'enfance de cet homme plein d'humanité, de sincérité, de désir d'amour et de pardon. Par delà la souffrance, subsistent la tendresse et les souvenirs joyeux de sa vie de jeune garçon entouré d'une flopée de grandes sœurs. J'ai beaucoup aimé l'histoire de son ami Najib jusqu'à sa mort qui est bouleversante. L'auteur nous donne aussi à voir les contradictions, ambiguïtés, hypocrisies, compromissions...etc de la société marocaine.
Il m'a fallu quelques pages pour redevenir familier avec le style d'Abdellah Taïa où les chapitres sont de longs monologues. On retrouve les mêmes figures classiques dans l’œuvre de l'auteur : un héros gay, de profil littéraire, exilé en France qui revient sur la terre natale, la mort de la mère, le père absent, une fratrie principalement composée de sœurs toutes importantes (mais difficilement individualisables), le sort de l'homosexualité au Maroc, et une teinte de mysticisme. Malgré ça, ce n'est jamais vraiment la même histoire, et j'ai l'impression d'avoir mieux apprécié ce roman par rapport à ses derniers.
L'histoire est déchirante, très crue, et laisse peu de place à l'espoir. Si l'objectif était de montrer l'intensité de la violence sociale, c'est réussi. Certains passages sont durs mais témoignent de cette volonté de dénoncer. D'autres parties sont un peu moins percutantes, j'ai été moins sensible sur la fin, peut-être prématurément essoufflé.
Trobar aquest llibre va ser casualitat i destí. M'he obert a ell cegament i m'he trobat amb una de les novel·les més màgiques, autèntiques, dures i tendres que he llegit mai. Una fletxa al cor. Aquest llibre és la mar feta paraules.