Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
Pour le côté polar : nul. Il n'y a aucun mystère, nada. Elle nous dit qui est l'assassin dès le début. Pourquoi ??
Pour l'écriture : nul aussi. Je m'attendais à ce qu'il y ait une petite recherche stylistique, vu qu'elle utilise une narration différente selon les parties (un mail dicté à une secrétaire, une femme qui se parle à elle-même à voix haute, un dossier de recherche d'une journaliste, une psychanalyse). Pfff. Elle a tellement rien donné que la voix de chaque perso est quasiment interchangeable avec toutes les autres. Elle n'a même pas essayé de leur donner des niveaux de language différents, des champs lexicaux personnalisés,... rien. Elle est prof de littérature, putain ! Pire : elle a réussi à rendre ça lourdingue. Alors que personnellement, j'aime bien ce genre de narrations. Mais ça ne marche pas, ça a des bottes de plomb.
Même si le roman se lit facilement et vite, on s'emmerde. Il ne se passe rien. C'est pas intéressant. Ça ne sert à rien. Par exemple, dans la dernière partie, elle nous raconte pendant des plombes comment un personnage a fait un voyage de Rome à Paris (voyage dont on est déjà parfaitement au courant), on s'attend donc à un twist, une révélation qui retournera tout le roman. Non, nada. Pourquoi elle perd autant de temps à faire ça ? Je ne sais toujours pas. Il n'y a pas de sous-texte, de meta-texte. Franchement aucun spoiler là dedans : il ne se passe absolument rien dans la dernière partie, on la supprime, le roman reste le même.
J'ai vraiment l'impression qu'on s'est foutu de ma gueule. C'est pas assez mauvais pour mériter 1 seule étoile (l'équivalent d'un zéro absolu, selon mon barème), mais ça reste un peu un gâchis de papier.
3,5/5 J’ai bien aimé cette histoire de femmes et de secret, racontés par elles mêmes sur une période d’une cinquantaine d’années : des seventies au confinement de 2020. Il y a un fond féministe d’une grande évidence tout en étant parfaitement discret. Et les décors italiens et français choisis par l’autrice offrent un paysage parfaitement adapté à ce ton de confidences tardives. Chacune des protagonistes offre un portrait de femme différent, on ne s’ennuie pas et même si on se doute (tout en l’espérant) du mot de la fin, cela ne gâche en rien la lecture. Si vous venez d’une famille de femmes vous adorerez.
« Je ne partage pas ton horreur du mensonge. Tu es journaliste, moi je n’aime que les fictions. Pour résumer : je crois que la vérité peut vous broyer bien davantage que le mensonge. Et que la frontière entre les deux est mince et fluctuante. »