Woah, j'adore cette couverture très typiquement franco-belge dans son format, mais évoquant la Belle Province. C'est génial de découvrir une Bd québécoise produite par une maison belge reconnue, surtout avec cette palette hétéroclite et moderne de personnages hauts en couleurs, dans un somptueux décor hivernal de la magnifique ville de Québec, au 19e siècle.
1816. Un cocher de soleil aux couleurs fauves surplombe les empereurs sapins alourdis par la neige. Jean-Thomas ne semble pas inspiré par ce spectacle à en juger par sa mine triste. C'est que le jeune adolescent doit entrer pour le énième fois dans une cabane, un abris de fortune caché dans la forêt, loin des regards indiscrets. Et loin des personnes auxquelles il pourrait faire du mal, selon son père. Car Jean-Thomas, ce jeune canadien-français sympathique et conteur hors-pair, est un loup-garou. Ce secret est en train de détruire sa famille, entre un père intransigeant et au caractère obtus, et une mère malade aimante, mais dont le caractère bien trempé s’oppose en claquant comme un orage aux décisions de son époux. Il peut trouver du réconfort dans ces histoires dont il a le secret et ses quelques ami.e.s du village. Toutefois, quand la seule nuit où Jean-Thomas refuse d'entrer dans la cabane est aussi la nuit où Margot, fille du marchand général, disparait, laissant derrière elle des coup de griffe anormalement immenses. Est-ce l’œuvre de Thomas? De quelqu'un d'autre? Et pour compliquer les choses, un homme intervient dans cette histoire, Monsieur Langelier, un chasseur de loup-garous.
Je dirais que c'est une histoire somme toute classique dans son sujet. Un enfant doté de pouvoirs surnaturels, une disparition mystérieuse impliquant un autre enfant, je retrouve ces histoires d'aventure fantastiques que j'ai souvent apprécié étant plus jeunes. Ce qui se distingue, pour moi, sont les personnages et le contexte.
Parfois, je m'attache à un ou deux personnages que je trouve original et rafraichissant, mais ici, je les trouve tous attachants. Jean-Thomas me rappel Arold dans "Comment dresser son dragon", un album jeunesse qui a donné naissance à la série "Dragons" de Dreamworks. Il lui ressemble physiquement, avec cette silhouette d"asperge surmonté d'une tignasse brune et de grands yeux mélancoliques. Jean-Thomas, tout comme Arold, est cet enfant qui se sent le fardeau et la déception de son père, dont on devine le poids dans leurs interactions. Et Adélard, tout comme Stoïc dans Dragons, est ce père à la stature de montagne au caractère froid et rigide qui ne sait pas comment parler à son garçon sensible et doté d'un handicap. Car pour Jean-Thomas, être contraint de se cacher dans la forêt, de se réveiller aux limites de l’hypothermie chaque matin, loin de chez lui, c'est un état engendré par un choix paternel lié à son handicap perçu, celui d'être loup-garou dans une ère intransigeante et religieusement fanatique. Mais tout comme Stoïc, Adélard, malgré sa grandeur et ses mots durs, aime son fils et veut le protéger. Il ne s'y prend pas de la bonne manière, cela dit.
Intervient ce fantastique personnage dont je devinais déjà le style à sa seule vue sur la couverture. Il s'agit bien sur de la mère de Jean-Thomas, Jocelyne, qui gratte sa petite guitare et peint des canevas entre deux quinte de toux. Elle semble trainer une bronchite, peut-être une pneumonie, deux maladies courantes à l'époque. Elle peut semblé distante au début, mais arrive cette case où elle embrasse son fils avec tant d'affection qu'on ne peut qu'être attendris. Jocelyne est une rare femme de son époque à n'avoir mit au monde qu'un seul enfant. Les circonstances entourant le drame familial de la morsure subit par jean-Thomas ne sont pas étrangère à ce rare statut d'enfant unique. Jocelyne y déverse donc tout son amour et ne prive pas de le rappeler à son mari. Jocelyne n'est pas d'accord avec la méthode de son mari d'isoler son fils, elle pense au contraire que vu sa nature gentille et affectueuse, Jean-Thomas sera également ainsi en version loup. Le temps va lui donner raison.
Parmi les ami.es de Jean-Thomas, on retrouve quatre principaux personnages:
Je commence par Léon, parce que je n'ai pas pu m'empêcher de reconnaitre dans ses habits et sa tête ronde aux cheveux lisses un hommage à "Daniel Blanchette de Victoriaville", cet enfant qui s'est présenté exactement avec ces mots dans le classique films québécois "La guerre des tuques". Léon est un enfant petit et rondelet, avec de superbes cheveux lisses hérités de son père, le très antagoniste Monsieur Langelier. Il est en conflit de loyauté d’emblée, mais sa loyauté va à son ami Jean-Thomas, qu'il na va pas dénoncer. J'aime bien ce gentil garçon tout aussi sensible et dont la loyauté et la désir d'aider lui sied comme un gant.
Margot et Marie sont soeurs, elles sont les première et troisième nées du marchand général, avec Émile, leur frère, entre elles deux. Margot est une jeune femme espiègle et vive d'esprit, qu'on ne verra pas beaucoup vu qu'elle disparait rapidement. En revanche, on verra son adorable et tout aussi vive petite sœur, Marie, cette petite fille qui ressemble à une boule de Noël quand elle a son manteau. C'est une petite qui ne craint pas d'affirmer ce qu'elle pense, fait preuve d'un grand coeur et d'une solidarité indéfectible pour sa grande sœur.
Jacqueline est une métisse, issue d'un papa roux allochtone et d'une maman autochtone. On devine à son grand sourire sur la couverture son tempérament aventurier et un brin casse-cou, jeune femme qui elle non plus, n'a pas la langue dans sa poche. C'est celle qui bataille le plus vivement pour que Jean-Thomas soit innocenté et prend des décisions audacieuses qui vont changer le cours des choses presque plus que celles de Jean-Thomas.
Enfin, le sombre et en apparence redoutable Monsieur Emmanuel Langelier, papa de Léon. Il a l'air d'un gros méchant, mais quand on assiste à sa petite conversation avec son fils, on devine que ce jeune veuf qui a perdu sa femme suite à l,attaque d'un loup-garou a quelque chose de tendre et de paternel. Ce n'est pas le véritable antagoniste de cette histoire.
Non, celui dont je me méfie, Histoire oblige, c'est l'évêque, un crinqué du chapeau gueulard et vindicatif qui harangue les pauvres gens de ses sacro-saintes paroles manichéennes et simplistes. Oh et il y a le très divertissant à regarder Sergent Lewis, qui lâche parfois de petites expressions anglaises ( For God' sake!) et qui colle Monsieur Langelier au point que la cousine de ce dernier, Rose, le taquine en disant qu'il donne l’impression d'avoir le béguin pour lui. Il me fait penser aux centurions un peu trop enthousiastes dans les Astérix.
Donc, globalement, j'aime la richesse des personnages, qui sont inclusifs et modernes, plus réalistes aussi. Contrairement aux fausses croyances, les femmes québécoises et les femmes autohctones en particuliers n'avaient rien de femmes dociles et fragiles, c'étaient des femmes fortes, capable de s'affirmer et surtout, assez solides pour gérer d'immenses fratries, des maris pas toujours fiables ou toujours présents, dans un monde composé d'hivers mordants, de religion intransigeante et de système patriarcal. C'est bon de sortir du stéréotype de la femme accessoire. J'aime énormément ces personnages masculins sensibles et dotés d'émotions réalistes, loin des clichés eux aussi. Enfin, j'ai remarqué que malgré les lourds enjeux, ces jeunes personnage sont solidaires entre eux, courageux, mais quand même apeurés, et dont la somme de leur qualités donne un beau résultat.
Graphiquement, je trouve le tout agréable à regarder. Les personnages sont diversifiées et expressifs, les angles de cadrage sont nombreux, les plans de décors sont souvent assez larges pour qu'on admire la nature et la vieille ville de Québec ( qui a 400 ans d'Histoire, sachez-le!). Ça me faisait sourire de constater que les personnages ont les joues et le nez toujours rougis par le froid, c'est hélas bien réaliste, les hivers du Québec pouvant descendre dans les -30 à -45 degrés Celsius dans ses pires températures. Des températures "frettes" ( plus que "froid"), comme on dit. J'aime beaucoup la palette de couleurs, le dynamisme des personnages et la structure narrative, qui alterne bien ses moments calmes et ses séquences d'action. Il y a autant de sensibilité et de relationnel que d'action et d'éléments de surprises.
En tout cas, d'un point de vue d'Histoire, on a beaucoup de détails sur les conditions de vie, sur les vêtements, les lieux, la présence de l'Église et certains métiers visibles. Nous n'avons pas ne légion de Bd avec le Québec historique comme contexte, alors je me réjouis d'en voir un aussi beau et intéressant. Les loup-garous, il faut dire, ne sont que l'une des nombreuses créatures fantastiques présentes dans le folklore québécois. Ah et pendant que j'y pense, cette fameuse "ceinture fléchée", soit la ceinture rouge entrecoupée de couleurs que vous pouvez voir entortillées sur la couverture, c'est un vêtement autochtone. Je suis d'ailleurs heureuse du choix de l'autrice de donner la tribune à Jacqueline comme personnage secondaire important, car si les québécois sont peu représentés en fiction BD, les autochtones d'Amérique du Nord le sont encore moins ( sauf les Sioux parce que c,est la seule nation que semblent connaitre les Français, et qui ne vit qu'au sud-ouest des É.U, pas partout en Amérique).
Donc, une bonne intrigue, une flopée de personnages sympathiques, des aventures en plein hiver québécois colonial et des légendes dont on devine les contours, mais pas encore le fond, parfaite pour le lectorat intermédiaire friand de ce genre de BD.
Précisions sur le français: Je pense que nous avons ici un choix volontaire de mélanger le français international au français d'époque. Certes, certaines expressions et mots sont typiques de l'époque, mais je pense que les européens ne devraient pas trop être dépaysés.
Une Bd parfaite pour vous faire découvrir la Belle Province du 19e siècle, avec ses somptueuses forêts blanches et ses habitants chaleureux.
Pour un lectorat jeunesse intermédiaire, à partir du 3e cycle primaire, 10-12 ans+
(Sans Spoil) UNE RÉUSSITE : ENFIN UNE BD QUI ABORDE LA LYCANTHROPIE QUÉBECOISE
La Nuit Aux Loups est un magnifique ouvrage avec des dessins expressifs et vibrant en couleur, qui est à la fois réconfrotant et haletant, rappelant un bon Disney de l'époque, mais avec son grain de sel propre à l'autrice.
Je dois impérativement relever le travail incroyable de la représentation fidèle du québec des années 1816, tout comme la culture et le style vestimentaire.
En lisant ce livre, je me suis sentie emportée par la froideur mais aussi la beauté de nos hivers québécois. l'aube tout comme le crépuscule est parfaitement bien représenté par ses heures dorées et bleues, sans compter cet effet rosée nostalgique dans la matrice qui est parfaitement illustrée.
les personnages sont attachants, bien que j'aurais aimé apprendre à plus les connaître.
et dieu merci... semblerait que deux autres tome sont a venir !
Merci à Van et a son magnifique travail. Casterman m'a rarement déçu.
L'histoire est excellente, avec des bons retournements de situation! Clairement pour un public jeunesse, n'empêche que j'ai vraiment apprécié ! Le Vieux Québec qui brille à l'international, c'est beau.
Wow! Je suis très impressionnée par l'histoire et les dessins. Une BD qui parle du Quebec, c'est génial! J'ai très hâte que sorte le 2e tome. J'espère qu'il concourrera a Angoulême ! Bravo Van!
Première BD de l'année et ce fut un gros succès! Jean-Thomas se transforme en loup chaque nuit, pour le protéger, son père l'enferme dans une cabine dans les bois, ils sont en sécurité, jusqu'au jour où ses amis décident de le suivre, et que Margot, disparait.
Epoustouflant! Je n'ai rien à dire sur ce 1er tome sauf qu'il est génial, l'histoire est très captivante et m'a tenu en haleine jusqu'à la dernière. Les personnages sont différents et très bien développés, l'intrigue est assez intéressante, je ne suis pas familière avec les contes et légendes canadiens mais je découvre! Et les illustrations, alors là, elle sont magnifiques! Pleines de couleurs vibrantes, elle m'ont carrément transporté sur place, et permis de bien plonger dans la BD!
4 ☆ Une belle découverte ! Une histoire de loups-garous québecois, déjà, j'aime ça! Des dessins sublimes et colorés, j'adore encore plus! Pis avec ça une charmante histoire et des personnages attachants ? Merveilleux !! J'aurai pris encore plus de pages pour découvrir d'avantage les personnages et des beaux shots de paysages québécois au 18e siècle!
BONNE NOUVELLE : C'est le premier tome !!! Bien hâte de voir la suite !
« Mais le loup-garou eut le temps d’enfoncer ses crocs dans la chair du plus jeune avant de retourner d’où il venait… condamnant ainsi le pauvre homme à se transformer en loup-garou aux premiers lueurs du crépuscule. » (Van, La Nuit aux Loups T.01, p.16)
Je suis une amatrice très néophyte de BD. J’ai apprécié la qualité du dessin, la représentation hivernale du Vieux-Québec, les liens entre les jeunes et l’histoire pas banale du tout. Il ne reste plus qu’à attendre les autres tomes pour me replonger dans ce bel univers!
⭐️ 4/5 Une petite BD jeunesse très sympa autour de la figure du loup garou. Une histoire intéressante et bien construite qui se déroule à Québec. Hâte de découvrir la suite!
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Excellente BD, magnifiquement illustrée, et le récit, qui semble évident au départ, s'enrichit au fur et à mesure qu'on avance. Très hâte de lire le deuxième tome.
J’ai trouvé que ça manquait un peu de finesse et de clarté par moment. Il y a beaucoup beaucoup d’informations dans des cases petites, avec beaucoup de bulles partout.
(Sans Spoil) UNE RÉUSSITE : ENFIN UNE BD QUI ABORDE LA LYCANTHROPIE QUÉBECOISE
La Nuit Aux Loups est un magnifique ouvrage avec des dessins expressifs et vibrant en couleur, qui est à la fois réconfrotant et haletant, rappelant un bon Disney de l'époque, mais avec son grain de sel propre à l'autrice.
Je dois impérativement relever le travail incroyable de la représentation fidèle du québec des années 1816, tout comme la culture et le style vestimentaire.
En lisant ce livre, je me suis sentie emportée par la froideur mais aussi la beauté de nos hivers québécois. l'aube tout comme le crépuscule est parfaitement bien représenté par ses heures dorées et bleues, sans compter cet effet rosée nostalgique dans la matrice qui est parfaitement illustrée.
les personnages sont attachants, bien que j'aurais aimé apprendre à plus les connaître.
et dieu merci... semblerait que deux autres tome sont a venir !
Merci à Van et a son magnifique travail. Casterman m'a rarement déçu.