Lundi 21 mai 2085. Alia attend la publication des résultats du tirage au sort. Elle allume son Eterna et cherche les noms des représentant·e·s qui, pendant sept ans, bâtiront le futur du monde et de ses habitant·e·s. Mais une autre nouvelle s'affiche : sa grand-mère, scientifique reconnue, est décédée. Troublée, Alia se tourne vers les journaux intimes qu'elle a laissés, espérant trouver dans le passé des réponses aux questions que lui pose l'avenir.
Alors qu’Alia attend de découvrir les résultats du tirage au sort décidant des futurs « dirigeants » mondiaux pour les sept années à venir, elle apprend la mort de sa grand-mère. Elle va alors se pencher sur les journaux de celle-ci et en apprendre plus sur sa vie, et notamment sur la façon dont elle a contribué au Nouvel Équilibre. ⠀ Je craignais quand même un peu de me pencher sur cette novella à cause de son côté utopie/SF positive. Généralement, c’est quand même pas tellement mon truc. Pourtant, j’ai vraiment passé un bon moment ici. ⠀ Bien sûr, ne vous attendez pas à une histoire incroyable pleine de rebondissements. D’une part ça n’est pas du tout l’objectif ici, mais il faut aussi admettre que l’histoire en elle-même est plutôt un prétexte pour l’autrice de partager certaines de ses pensées. ⠀ J’ai un peu vu cette novella comme un constat de tout ce qui va mal aujourd’hui, un avertissement sur la façon dont les choses pourraient (vont) empirer, et un genre de mode d’emploi pour un monde plus juste, respectueux et équitable. ⠀ ⠀ Mais pour autant, j’ai aimé le discours de l’autrice qui réussit à nous proposer un futur utopique sans tomber non plus dans des extrêmes complètement irréalistes. Au contraire, j’ai trouvé ses solutions plutôt mesurées et somme toute assez réalistes, ou en tout cas réalisables. ⠀ Même si on a parfois plus l’impression de lire un programme politique qu’une véritable histoire, l’autrice parvient quand même à instaurer pas mal de douceur et de mélancolie, ce que j’ai beaucoup apprécié ici. ⠀ Quoi qu’il en soit, je pense que ça vaut vraiment le coup de découvrir cette novella. Je n’ai pas forcément été convaincu par tout ce que propose l’autrice ici (comme vivre en coloc avec des inconnus ou tout pardonner à tout le monde, y compris l’impardonnable) mais il y a de beaux messages, importants de surcroît, sur les dangers de l’inaction et sur le besoin de prendre du recul pour se déconstruire, même lorsqu’on se pense déjà plutôt déconstruit.
Et si, en 2085, les représentants du monde étaient tirés au sort ? Pas juste les humains, mais aussi ceux du vivant : animaux, micro-organismes... Alia, une jeune femme qui attend de savoir si elle a été choisie pour siéger à l’Assemblée du Vivant apprend le même jour, la mort de sa grand-mère (une scientifique célèbre). En lisant son journal, Elle découvre les doutes, les choix, les espoirs qui ont façonné le monde qu’elle habite aujourd’hui.
Ça vous embarque dans un futur où l’humanité a enfin appris à partager le pouvoir. Un monde apaisé… mais toujours en quête d’équilibre.
Un souffle d’espoir dans la SF écologique française qui mêle lucidité et poésie.
Je lis très peu de SF écologique parce que ça a tendance à fortement m’angoisser. Mais je suis tombée sur ce petit livre en flânant à la librairie, et j’ai pensé que ça pourrait être une lecture intéressante à caser entre 2 trilogies de fantasy.
Nous sommes ici en mai 2085. Nous avons traversé des crises sanitaires, écologiques, climatiques et un nouveau système politique planétaire est en place. Et il semble que nous vivions maintenant dans un monde utopique, qui a certes encore quelques soucis, mais l’humanité a eu l’air de prendre conscience qu’elle fonçait dans un mur et a décidé de faire les bons choix.
L’écriture de ce texte est très agréable, simple, sans fioriture. Des allers/retours avec le passé (qui est à peu près notre présent) sont permis grâce aux écrits personnels de la grand mère d’Alia. Cela permet de nous faire comprendre comment nous sommes arrivés en 2085 de manière interessante.
Mais quand j’essaie de songer à la réalité que nous vivons, j’ai du mal à comprendre comment cette utopie pourrait voir réellement le jour. On a l’impression que cela s’est fait sans aucun problème, que tout le monde a d’un coup accepté la décroissance. Penser que toutes les nations sont arrivées à se mettre d’accord me semble naïf et surtout impossible.
Je veux fortement croire qu’en 2085, nous vivrons dans un monde où nous prendrons enfin soin de notre planète, où l’on partage équitablement les richesses, où nous réfléchissons à des systèmes plus justes. Mais j’ai du mal à y croire.
Donc je reste toujours sur mon idée que ce type de SF n’est pas pour moi, car ça m’angoisse effectivement beaucoup, et nous présente des mondes qui sont impossibles à atteindre. Mais pour autant, si on met de côté mon éco-anxiété, c’est une lecture intelligente, qui fait réfléchir à notre avenir écologique, politique, social, et c’est là un point particulièrement intéressant et important.
Nos représentations du futur sont saturées de dystopies. Il faut dire que le climat actuel n'incite pas vraiment à l'optimisme. Cependant, l'utopie est aussi un moyen d'interroger notre présent, cette fois par le biais de solutions concrètes. Après tout, nous sommes face à des défis sans précédent et il faudra bien les relever d'une manière ou d'une autre.
Il faut garder en mémoire que c'est un texte court. Ne vous attendez pas à un examen approfondi de ce nouveau gouvernement. Pour autant, j'ai trouvé que l'essentiel était là. Les pistes et principes importants sont présents. Ce système invite à la réflexion et on a plusieurs réflexions intéressantes, notamment sur la place des animaux, l'intelligence artificielle, la soutenabilité... L'image des funérailles de la grand-mère était très touchante, par exemple.
Certains diront peut-être que c'est trop. Et il ne faut en effet pas être trop cynique pour apprécier cette histoire. Pourtant, ce n'est pas un monde parfait. Les cicatrices du passé sont encore là et beaucoup reste à faire. J'ai aussi apprécié l'idée d'encrer la naissance de ce nouveau monde en 2025.
Bref, un récit optimiste, mais pas niais (deux choses bien différentes de toute manière) rapide à lire et agréable.
Cette nouvelle qui a gagné le Prix Ailleurs & Demain du futur optimiste le mérite amplement. Candide ou naïf, ce texte l’est évidemment, pourtant ! A le lire, tout cela semble si simple, si évident, si normal et naturel !
Mais bien sûr, ce serait sans compter sur notre avidité, notre cupidité et notre égoïsme.
Une nouvelle réjouissante et enlevée sur un futur vertueux possible mais qui semble paradoxalement totalement inaccessible aujourd’hui
Sympa. Rapide à lire. C'est rafraichissant une SF optimiste. Histoire simple qui utilise une situation de deuil pour explorer un avenir possible pour la société.