« En fin de compte, les filles étaient toujours jugées coupables de ce qu’elles choisissaient de faire ou non de leur corps… »
Ce roman, après l’avoir lu, reste gravé en nous. En commençant ma lecture, je n’avais aucune attente particulière ; et pourtant, me voici, à vous parler de mon premier coup de cœur de l’année !
« Elles se marièrent » aborde et dénonce les mariages forcés. Et à travers les pages, nous suivons le parcours de deux jeunes filles ; Brune, onze ans et Anya, seize ans. Le livre suit une double-temporalité de destins liés. J’ai été touchée par le sort de Brune : il choque, il montre toute l’horreur dont l’homme est capable. L’autrice n’a pas besoin d’entrer dans les détails sordides pour nous faire comprendre le calvaire vécu par Brune, cette enfant de jadis. Et que dire d’Anya, cette adolescente vivant à notre époque ? Alors qu’elle pensait avoir le droit de préparer son avenir, la voici devenue prisonnière de sa propre maison, sous les yeux d’une famille aveugle à sa douleur et à l’injustice subie ; pire encore : sous les yeux d’une famille en accord avec sa destiné. Privée de liberté, privée de vie, Anya est pourtant bien décidée à trouver de l’aide.
Le récit instaure aussi une touche de paranormal. Cet aspect m’a beaucoup plu, transformant le roman en un conte sombre et morbide. Tout est bien dosé afin de nous plonger dans une ambiance glauque. Et malgré tout, malgré cette obscurité et l’horreur du sujet abordé, Pascaline Nolot parvient à illuminer les pages de beauté et d’espoir à travers les yeux de jeunes filles se battant pour la liberté.
Enfin, je n’aurais pas autant adhéré au récit sans cette plume magnifique. Elle possède quelque chose de poétique, et pourtant cru. De la douceur mêlée à l’horreur. L’autrice a aussi fait un superbe travail sur le personnage de Brune, parlant en rimes ; j’ai adoré cet aspect.
Je terminerai cette chronique en vous incitant à lire ce roman. Il dénonce une pratique malheureusement trop courante, il marque la destruction de l’innocence et de l’enfance, le vol de vies, et, aussi, l’espoir que les choses changent, que ces voix oubliées soient entendues.