Dans Séparés mais égaux, Christophe Allaire Sévigny enquête sur un système d’éducation qui, sous couvert de la liberté de choix, a glissé vers une forme moderne de ségrégation sociale. Les élèves québécois font aujourd’hui l’expérience d’une «école à trois vitesses» qui les discrimine en fonction des moyens économiques et du bagage culturel de leurs parents. L’école pour tous a disparu.
À mi-chemin entre l’essai et le reportage sociologique, cet ouvrage part de l’expérience vécue des élèves, dont les témoignages sur les stigmates que laisse un tel système sont bouleversants, et fait entendre des professeurs et de nombreuses personnalités publiques qui ne décolèrent pas face aux reculs actuels de nos idéaux démocratiques.
On en sort lucide et moins capable d’accepter l’inacceptable.
Un livre à mettre entre les mains de tous les ministres, de toutes les directions des centres de services scolaires, de toutes les directions d'école, de tous les profs, de tous les élèves, de leurs parents, de leurs amis, du millionnaire et de son épouse.
J’attendais beaucoup cet essai. Je lui reconnais la qualité de particulièrement bien exposé la ségrégation scolaire québécoise qui s’est mise en place depuis les années 80~90. Seul reproche, je trouve l’essai parfois trop porté sur l’anecdote.
Ma carrière d'enseignant n'ayant pas fait long feu, disons que ce livre m'a beaucoup parlé! Au-delà de ça, je pense que le portrait de l'éducation au Québec y est plutôt fidèle, l'auteur met le doigt sur le bobo, mais trop souvent sur le même bobo ; j'aurais aimé que ce soit plus étoffé du côté des solutions. Tout de même, excellente lecture qui porte à réflexion, et une bonne suggestion pour nos grands ministres de l'éducation, particulièrement ceux pour qui l'identité québécoise est si importante...
J’ai tout aimé de cet essai, et ça me déstabilise. Nous sommes nous trompés à ce point? Est-ce que l’idéal égalitaire tiendrait la route, réellement, dans un système d’éducation universelle, de nos jours?
Je suis issue de la classe moyenne, et les parents de mes parents étaient plus pauvres encore. Mes parents ont fait des sacrifices pour me donner accès à l’école privée au secondaire, dans les années 80. Jamais je n’ai sentie de ségrégation à l’époque, avec mes amies du quartier qui sont restées au public.
J’ai réussi mon parcours professionnel et j’estime être dans le très haut échelon de la classe moyenne À mon tour j’ai envoyé mes enfants au privé, et tous deux ont atteint l’université. Ils ont grandi dans un milieu où la grande majorité de leurs amis a fait de même, tout comme mon entourage pour leur progéniture.
Contrairement à ce que dit l’essai, les classes au privé fourmillent d’étudiants issus de l’immigration (à Montréal). Toutes ces familles étaient habitées du même sentiment que moi: donner les meilleures chances possibles à nos enfants en leur offrant un bagage académique éprouvé. Le système public me désolait et je me sentais incapable de sacrifier le cursus scolaire de mes enfants au nom d’une égalité sociétale. Nous ne sommes pas dans un régime communiste non plus…
Nous sommes-nous trompés à ce point?…. Est-ce l’égalité académique est une utopie, un Eldorado impossible à mettre en place.
J’ai maintenant plus de questions que de réponses….
J’ai beaucoup apprécié cet essai. Il est très bien écrit et les idées sont bien présentées. J’ai bien aimé les faits historiques et en connaître plus sur de grand•es sages du Québec, notamment Jeanne Lapointe. Je trouvais qu’il y avait quelques angles morts qui auraient pu être abordés qui ne l’ont pas été. Notamment, au-delà de la classe sociale, il y a une ségrégation qui se crée en lien avec les aptitudes cognitives des élèves, p. ex. dans des programmes contingentés basés sur des examens d’entrée. C’est aspect est peu développé ainsi que les impacts psychologiques de la ségrégation scolaire.
Ce livre, c’est ce que nous vivons au quotidien dans les écoles publiques du Québec. Le privé, les projets spéciaux comme le PEI et les sports études, les concentrations vident les groupes dits réguliers de leurs meilleurs éléments, laissant de côté ceux qui ne sont pas « sélectionnés » ou qui ne choisissent pas de profil. Dans ces groupes, des élèves de plus en plus carencés, aux problèmes de comportement, font que c’est difficile d’enseigner dans un système où tout a été géré en fonction des élites. La sélection des élèves ne rime pas avec la réussite de tous . Excellent essai.
Livre franchement intéressant, qui présente très bien les racines du problème dans le système d’éducation québécois, ainsi que ses causes et ses conséquences. J’ai beaucoup aimé les parallèles avec la ségrégation raciale aux États-Unis et la présence soutenue de Guy Rocher. J’ai toutefois trouvé le volet sur la nation québécoise un peu moins captivant. 4.5/5
Un livre que j’aurais vraiment aimé apprécier davantage… j’ai trouvé les propos tenus dans le livre assez circulaires, avec plusieurs répétitions alors que certains aspects de la ségrégation scolaire auraient mérité d’être explorés davantage. J’aurais aimé par exemple que le livre se termine par des pistes de solution plutôt que par les mêmes réflexions élaborées tout le long du livre.
J’enseigne dans le réseau public et ce livre a mis des mots sur des réalités que je vis depuis que j’enseigne. Je vais définitivement le prêter plusieurs fois.
Arrêtons de subventionner les écoles privées, un point c'est tout! Merci à Christophe Allaire Sévigny qui éclairent le problème de l'école publique vs l'école privée.
Un essai vraiment pertinent et intéressant pour comprendre l'état de la ségrégation scolaire au Québec. Comme enseignante, cette lecture était nécessaire.
Excellent petit livre sur le système scolaire, n'apporte pas de solutions (c'est la faiblesse), mais j'ai bien aimé le parallèle avec la ségrégation raciale aux USA.