Un manga one-shot plus sombre et dramatique que la couverture ne le laisse entendre, mais c'est une magnifique histoire. Un jeune garçon amnésique se réveille face à un dieu dragon qui cherche une épouse, peu importe que ce soit un garçon. Derrière ce pitch qui pourrait être drôle, on découvre un dragon solitaire oublié de tous et un garçon au passé douloureux, sa quête de mémoire le menant à se souvenir du pire. Mais c'est aussi une belle histoire d'amour platonique, où aimer signifie ouvrir son coeur, accepter les failles de l'autre et partager les petits bonheurs du quotidien.
oups un petit loupé ici je n'ai pas du tout aimé autant que je l'esperais ! le dessin est coloré et tout doux sur la couverture et au final c'est une belle histoire avec un beau message MAIS il y a des moments très sombres et même pour tout dire assez gore au milieu donc vraiment je déconseille aux âmes sensibles qui voulaient un petit manga tout doux.
Dès les premières pages, Le Garçon et le Dragon m’a happée dans une atmosphère à la fois étrange, douce et profondément mélancolique. On suit Shitarou, un collégien qui se réveille sans vraiment comprendre comment, seul sur un banc, au cœur d’un sanctuaire mystérieux. Très vite, il rencontre un dragon, une divinité ancienne, qui l’accueille avec une déclaration totalement déroutante : Shitarou serait sa « fiancée ». À partir de là, le récit prend une tournure inattendue, oscillant entre fantastique, poésie et émotion brute. On sent immédiatement que l’on ne va pas lire une simple histoire étrange, mais quelque chose de beaucoup plus intime, presque fragile.
Ce qui rend cette œuvre si bouleversante, c’est tout ce qu’elle raconte autour de l’amour, de l’attente et de l’identité. Le dragon, dieu solitaire, attend depuis cent ans celle qu’il aime, figé dans le temps, fidèle à une promesse ancienne. Face à lui, Shitarou est perdu, sa mémoire est floue, son passé incertain, et pourtant il est doucement attiré par ce lieu et par ce dragon qui semble le connaître mieux que lui-même. Leur relation évolue avec énormément de délicatesse : on passe de l’incompréhension à la curiosité, puis à un lien plus profond, fait de tendresse, de silences et de questionnements. L’amour ici n’est jamais forcé ni idéalisé ; il est interrogé dans toutes ses formes : l’amour qui attend, l’amour qui protège, l’amour qui accepte de ne pas posséder. Shitarou, au fil des pages, gagne en profondeur : il commence à se demander qui il est vraiment, ce qu’il ressent, et ce qu’il est prêt à accepter ou à refuser. Le dragon, lui, évolue aussi : derrière sa puissance divine, il se révèle vulnérable, profondément humain dans sa peur de perdre et dans son désir d’être aimé sincèrement. Le récit parle aussi du poids des attentes, du destin imposé, et de la liberté de choisir sa propre voie, même quand l’amour est au cœur de tout.
C’est un énorme coup de cœur, une œuvre d’une douceur infinie et d’une grande justesse émotionnelle. Le Garçon et le Dragon m’a profondément touchée par sa sensibilité, sa lenteur assumée et sa poésie discrète. Chaque page respire l’émotion, sans jamais en faire trop. C’est une histoire qui serre le cœur, qui laisse une trace, et qui continue de résonner longtemps après la dernière page. Une vraie merveille, délicate et bouleversante, qui parle d’amour avec une sincérité rare. Une lecture incroyable, profondément émouvante, que je n’oublierai pas de sitôt.