"L’enfance, ce chemin de ronces, je m’en suis extirpé avec tant de hâte. Elle réside tout entière, images, goûts, sensations, entre les parois de cet immeuble du quinzième arrondissement de Paris, chez mon père, où j’ai croupi dix ans, du jour de la mort de ma mère à mes quinze ans. Je n’y pense jamais, mais la nuit je le retrouve en rêve, cet appartement. Il me retrouve. Toujours le même scénario dont je me réveille comme un fugitif traqué, rassemblant quelques objets dans le désordre et sous la menace d’une apparition paternelle. Il n’y a jamais eu aucune photo de moi ici."
Ouvrir la porte de l’appartement honni. Retracer pièce par pièce les souvenirs de ce qui s’est joué jadis avec le père. Puis partir en ayant pris soin de laisser l’enfance là où elle a eu lieu, encagée elle aussi. C’est le rêve, intime et universel, des enfants grandis, un rêve que Hugo Lindenberg met en scène dans une langue somptueuse.
C’est un livre sur la résilience…sur l’enfance qui nous façonne pour notre vie d’adulte. Les traumatismes qui ne sont pas dépassés et qui nous empêchent de vivre d’avancer.
La compagne du narrateur, l’a bien compris, et c’est avec beaucoup de sensibilité, de patience, qu’elle va encourager sa moitié à tenter de tourner la page d’une enfance traumatisée par le suicide d’une mère et la froideur, l’absence, la cruauté d’un père.
La suite de leur vie, la future paternité, passera par ce moment, où il faut se libérer d’un passé, en l’occurrence, l’appartement, qui a été une prison pendant dix longues années.
C’est avec une très belle écriture, que l’auteur aborde ce sujet et retranscrit parfaitement, les sentiments de son personnage, ses doutes, ses errances, son incapacité à avancer….pour finalement, peut être pardonner pour se délivrer.
Un livre qui touchera et qui ne laissera pas insensible
Une belle langue très dense, riche, imagée, l'ambiance d'un appartement dégueulasse qui provoque des hauts le cœur, quand tout ce qu'il y a autour est paradoxalement domestique, confortable. L'appartement au dessus, le toit au sommet, la rue gentille, l'hôtel accueillant. Je n'arrive pas à trancher : le narrateur est-il absolument ouin-ouin moi moi moi ou bien inspire-t'il pitié ? Peut-être attachiant ? C'est malin mais j'ai pas adoré.
Un livre touchant sur comment évoquer une enfance douloureuse ? Le livre fait 1 va et vient entre présent (le retour dans le quartier et l'appartement dans le but de le mettre en vente) et les souvenirs d'enfance entre 1 mère partie trop tôt et sa vie auprès d'1 père incapable d'amour.
La langue est à la fois fluide et réfléchie. Le vécu d'une enfance maltraitée par l'indifférence du parent et des conséquences dans la construction de l'individu est bien rendu.
Un texte touchant d'une nostalgie mêlée d'amertume sur les blessures mal cicatrisées, et les fêlures impossibles à oublier.. Un roman choisi sur sa couverture, une découverte