Des idées certainement intéressantes pour critiquer le fétichisme formaliste de la démocratie, rappelant que la plupart des gouvernements fascisants en démocratie, en soi, sont arrivés au pouvoir en respectant le processus démocratique dans ses formes. Néanmoins, la critique platonicienne de la démocratie contemporaine s'effondre, il me semble, à partir du moment où l'auteur affirme le "séparatisme" comme utopie politique envisageable. L'idée de vivre sous un même territoire et pouvoir sélectionner le régime juridique qui nous plaît semble fallacieuse car l'auteur, il me semble, part du principe que le conflit est chose à éviter, chose non-désirable. On tombe dans le "beskonfliktnost" associé à l'art du stalinisme tardif et étendu comme utopie politique désirable. On part de la fin du conflit, on arrive à la fin de la politique, et par conséquent à la fin de l'Histoire (cette dernière conséquence n'est pas explicitée par l'auteur) ; c'est la "gauchisation" de l'utopie libérale. Le dernier geste du livre est le "renoncement", c'est-à-dire s'affranchir d'exister dans le même espace (concret ou juridique) qu'une personne avec qui nous sommes profondément en désaccord pour aller ailleurs, dans un lieu ou, a priori, les gens sont d'accords avec nous. C'est un peu le contrat antisocial, et c'est pas très sexy comme utopie politique.
Plein de matière à réflection pour moi qui n’ai pas l’habitude de lire des manifestes politiques mais qui en ai ras le bol (comme beaucoup d’entre nous) d’assister à une catastrophe politique mondiale sans l’impression de pouvoir faire quoi que ce soit pour y remédier. L’alternative aux systèmes démocratiques reste difficilement imaginable et je suis nettement moins persuadé par les solutions offertes ici que par le diagnostique, mais continuons à y penser ensemble…
quelques idées un peu intéressantes mais surtout un essai basé sur ses propres idées + parfois celles de ses deux potes/gars + qqes philosophes morts depuis 200 ans....