Quand je vous dis que le bilan 2025 ne peut pas se faire avant le 31 décembre parce que notre prochain coup de cœur se trouve peut être dans ces derniers jours. Et bien voilà. Derniere lecture de l'année, un coup de cœur et un coup au cœur magistral. Il n'y a aucune fausse note dans ce roman. Je ne sais pas si c'est moi qui suis entrée dans l'histoire, ou si c'est elle qui a pénétré mon âme et mon cœur. Une mère qui perd son petit garçon dans la mer. La mer qui rejette un petit garçon des années plus tard aux pieds d'une mère... Le parallèle est si troublant, l'histoire qui précède et celle qui va arrivée est tellement bouleversante. Je vais avoir du mal à m'en remettre. J'ai aimé l'ambiance de cette île de 1900, les habitants qui la composent, les vies des uns et des autres qui s'entremêlent pour le meilleur et pour le pire. C'est une écriture très fluide, qui décrit une atmosphère sombre, aux prises avec les marées, comme ce village qui vit à leur rythme. Et au milieu du ressac il y a Dorothy, et Joseph, et Moses, et leurs destins funestes, inéluctables. Et moi je suis là, j'assiste à ces drames, à ces renaissances. Aux secrets gardés et à ceux révélés au grand jour. Remplie d'une émotion terrifiante, en pensant à mon propre petit garçon, en ne pouvant pas faire autrement que me mettre à la place de Dorothy face à cet enfant. J'ai vraiment ete troublée par ce roman. Et j'en suis ravie.
Le roman se lit d’une traite, avec une écriture simple et poétique qui nous plonge directement dans une Écosse rude et violente, à l’image de la mer qui borde Skerry, ce village de pêcheurs où, en 1885, un enfant a été emporté par les vagues pour ne plus jamais revenir. Quinze ans plus tard, Joseph, un pêcheur, découvre un jeune garçon sur la plage, troublante réplique du fils de Dorothy, Moose, disparu depuis tant d’années… La narration remonte alors dans le passé et nous dévoile l’arrivée de Dorothy dans ce village en tant qu'enseignante, et sa troublante attirance pour Joseph, elle qui à été élevée pour être une fille parfaite sans le moindre travers. Puis, il y a également l'apparition d'une ribambelle de personnages, pris dans leurs propres tourments et caprices, qui s’étirent et se révèlent enfin après la découverte de ce petit garçon. Comme un ouragan les langues se délient et les mensonges refont surface.
Ce n’est pas le roman le plus original du siècle, mais l’écriture fluide dessine parfaitement l’ambiance sombre et rigide d’une Écosse pauvre et pleine de folklore. Ce roman parle également de l'impact de notre éducation sur notre manière d'appréhender la vie et du deuil d'un enfant.