Gjogv, une île de l’archipel des Féroé, 1902 et de nos jours.
J’ai aimé que l’auteur croise les destinées de Jonas et Anna avec la sienne.
Et puis il y a le vent qui ajoute ses bourrasques à la narration.
Jonas s’est follement épris d’Olga, une magnifique jeune fille qui cache son addiction. Enceinte après leur mariage, elle sent que quelque chose ne va pas, mais le médecin reste sourd. Et puis naît Anna, qui n’ouvrira jamais les yeux durant les 8 mois de son passage sur terre.
J’ai eu de la peine pour Olga qui préfère la bière à sa fille, son addiction étant la plus forte.
J’ai aimé Jonas qui berce tant qu’il peut son enfant et lui fera un enterrement magnifique.
J’ai aimé Anna qui souffre sans pouvoir l’exprimer par des cris ou des râles.
J’ai eu de la peine pour Elin, la soeur de Jonas dont le mari a disparu en mer bien trop tôt, qui tricote un bonnet bleu pour l’enfant à naître, et qui lui sera une maman de substitution.
J’ai aimé le narrateur qui loue chaque été une maison sur cette île, qui découvre le bonnet bleu et la tête d’ange sur le fronton de la porte d’entrée.
Un roman bouleversant, plein de poésie et de vies (celle de la mer et des fleurs, celle des vents qui traversent le monde), et celle de cette petite fille tant aimé.
L’image que je retiendrai :
Celle du bonnet bleu qui raconte sa création et son lien avec la petite Anna.
Je comprends le succès du livre car il coche pas mal de cases : cadre original, plume maitrisée, narration particulière, thématique peu commune. Mais pourtant, je n'ai pas réussi à être complètement conquis par l'histoire du couple principal. J'ai trouvé qu'ils manquaient un peu de substance, ou que les à côté prenaient trop de place dans un (trop) petit texte; dommage pour moi mais tant mieux pour l'auteur qui rencontre un beau succès.
Comme l'auteur nous y invite, j'ai cherché en ligne des images de Gjógv. Sur le site "Comptoir des voyages", on apprend qu'au nord de l'île d'Eysturoy, ce village pittoresque doit son nom - Gjógv, qui signifie ravin - à une gorge maritime de 200 m de long utilisée pendant des siècles comme port naturel. C'est dans cette splendide nature sauvage des îles Féroé, exposée aux vents de la mer de Norvège, qu'Aurélien Gautherie campe l'action de son premier roman.
À la naissance de leur fille Anna, Olga et Jonas s'aperçoivent rapidement qu'elle est différente, ne réagit pas comme elle le devrait aux stimuli. C'est un bébé souffreteux, qui ne vivra pas longtemps, on le devine à travers les voix qui se succèdent dans ce roman polyphonique : celles d'Olga, de Jonas, d'Anna, de l'Etranger, des seuils de la maison, du village de Gjógv, et même du bonnet. Oui le délicat bonnet tricoté par Elin, la soeur de Jonas, pour protéger Anna du vent cinglant qui souffle sur Gjógv, est aussi un personnage, un peu comme les pierres dans le roman S'Adapter de Clara Dupont-Monod. L'écriture subtile et poétique de l'auteur m'a d'ailleurs rappelé celle de la journaliste et romancière triplement primée en 2021.
La périphrase du titre cache un drame familial que l'on découvre peu à peu, à travers une plume délicate qui dévoile l'histoire d'un couple au début du XXème siècle, confronté à une maladie que le silence empoisonne. Le personnage de Jonas m'a touché, enfermé dans sa colère et sa souffrance d'époux et de père confronté à un double deuil. J'ai aimé aussi les poèmes sur les vents qui viennent souffler entre les chapitres, montrant la force des éléments face à la fragilité des hommes.
C'est un très beau roman, très bien écrit. Je remercie Babelio de m'avoir proposé cette masse critique en avant-première et les éditions Noir sur Blanc / Notabilia qui m'ont permis de découvrir Aurélien Gautherie, un auteur à suivre !
Il y a des romans dont l'ambiance nous saisit dès les premières pages. L’Enfant du vent des Féroé fait partie de ces livres qui imposent leur propre rythme et qui, finalement, se ressentent plus qu’ils ne se racontent.
Tout commence en 1902, à Gjógv, aux îles Féroé. Jonas et Olga accueillent la petite Anna. Mais la joie est de courte durée, comme le pressentait tant Olga durant sa grossesse: le destin est aussi rude que le climat des îles. Anna ne fera que passer, laissant derrière elle une trace indélébile.
En 1953, un vieux pêcheur attend sereinement son dernier voyage, calé sur le jour anniversaire du départ de sa fille tant aimée.
Et bien plus tard, un étranger arrive dans ce même village.
L’enfant du vent des Féroé est un court roman qui m’a éprouvée et bouleversée. Ce n’est pas seulement un récit d’humains. Ici, les objets (un bonnet, des planches), le village de Gjógv et même les vents prennent la parole. La nature n’est pas un décor, c’est un personnage à part entière qui s’exprime parfois en vers.
La plume est d’une intensité rare. J’ai été bluffée par l'écriture d'Aurélien Gautherie. Plus que jamais j’ai ressenti l'importance du roman chorale, donnant la parole à chacun. C'est si juste, si imprégné, qu'il est difficile de croire que l'auteur est français. On a l'impression qu'il est lui-même cet "Étranger" du récit, comme un témoin d'un drame du passé.
C’est un texte qui demande du temps. Il faut ralentir, relire certains passages même. C’est éprouvant, oui, mais si beau à la fois.
Un récit d’une force incroyable sur le deuil, la filiation. Je ressors de cette lecture secouée, et j'ai moi aussi un coup de cœur (en miettes) pour cette pépite, cet enfant du vent des Féroé qui en aura marqué plus d'un.
J'ai beaucoup aimé l'écriture, c'est poétique, délicat, touchant. C'est très original de changer de narrateur ou de point de vue à chaque chapitre, de pouvoir avoir aussi des points de vue non humains, comme si la parole était portée par les vents ou par les lieux qui ont vu et garder en mémoire. Pour cela l'idée est belle et ça fonctionne bien. J'ai été aussi touchée par l'histoire d'Anna, ce bébé qui tout de suite n'est pas comme les autres et dont on sait dès le début ce qu'il en advient. Les chapitres où on a ce qu'elle ressent et pense dans son corps atone est vraiment bien. Donc plutôt une belle lecture, même si finalement je me dis que c'était assez facile d'être touchant avec une telle histoire : un père à la fin de sa vie se rappelle sa fille juste avant l'anniversaire de sa mort. Il y est question de cimetière, de perte, de deuil, dans un paysage isolé, dur et venteux, c'est sûr que c'est un roman qui touche. Il m'a manqué quand même une histoire, un souffle romanesque, on reste trop sur des sensations, des constats. L'explication de l'état d'Anna m'a touchée certes, mais avec le recul je trouve ça contraire à ce qui d'abord est annoncé : la mère qui sent que quelque chose n'est déjà pas normal pendant la grossesse, l'espèce de mystère qui plane sur l'enfant né, alors que vu les circonstances tout le monde pouvait se douter de qui ce qui se passait. On nous relègue finalement à un "c'était l'époque" et au père absent qui travaillait dur et voilà.
Ce livre nous invite au voyage, à travers la découverte d’un territoire préservé celui des Îles Féroé. Ce voyage ne s’arrête pas là, à travers les chapitres on découvre plusieurs voix, humaines ou autres. Le vent très présent dans le quotidien des féroïens détient une place toute particulière dans ce livre, il mène le rythme, la danse. On y parcoure les époques, les différents points de vus rythmé par la force du vent. On découvre une culture, un mode de vie et on apprend enfin la cause de la mort d’Anna. Là c’est la chute, le vertige, pourquoi ?
Ce roman très introspectif, guidé par une quête de sens, de la vie, des trajectoires, de la fonction de tel ou tel objet nous amène lecteur à nous poser et à ralentir. La plume est belle et recherchée.
Ce livre traite de la mort d’un bébé, des démons de la vie, de l’addiction, du deuil.
💖 Ouah ouah ouah, je ne sais que dire. C'était beau, c'était différent, c'était sauvage et venteux. C'était super. Un roman très court, mais qui sait exactement comment nous happer dès les premières lignes. C'était si intense cet amour paternel démesuré, sa haine profondes et son impuissance. C'était super intéressant d'avoir divers personnages qui se succèdent pour raconter une petite partie de cette histoire, hyper varié et parfois étonnant.
2,5 Dans ce premier roman Aurelien Gautherie ,nous conte une histoire familiale se déroulant il y a un siècle aux Iles Féroé en utilisant à la fois les points de vu des personnage concernés et d'un personnage etranger qui sejourne dans cette maison un siècle apres les faits, je n'ai pas été pleinement convaincu par les différents personnages et leurs paradoxes et par la non linéairité du récit, la présence du vent comme personnage est par contre un atout.
Ce roman m'a fait voyager aux îles Féroé. J'ai apprécié les chapitres du village et du bonnet en tant que narrateur. Les interludes poétiques ne m'ont pas touché en revanche. C'est bien écrit, les ficelles un peu faciles par moments mais un bon moment de lecture, je recommande