Les derniers jours de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, victime de fanatiques coupeurs -réel ou symboliques- de têtes raconté par l'écrivaine et journaliste Emilie Frèche, envoyée par le journal Le Point au procès des protagonistes qui ont armé le bras du tueur Anzorov. Une menteuse, un père de famille crédule et excité, et surtout un islamiste, faux imam, avec agenda politique qui fait le siège du collège, et répand ses faussetés calculées et sa haine sur les réseaux sociaux, des pieds nickelés qui véhiculeront le djihadiste Anzorov à ses achats, et finalement sur le lieu du crime. Les agents de la bureaucratie de l'Education Nationale qui n'apprécieront pas à sa mesure le danger imminent, les collègues peureux qui se désolidarisent, et des élèves vénaux qui accepteront de désigner leur professeur au tueur pour quelques billets : le piège, pourtant évitable à tout moment, va se refermer inexorablement. C'est terrifiant. Un séisme. Emilie Frèche rappelle les avertissements qui avaient pourtant précédé le meurtre de Samuel Paty, à Toulouse notamment, où une école juive avait déjà été attaquée, les attentats de Charlie Hebdo, le meurtre d'un prêtre à Nice, et l'assassinat de policiers au nom de la même idéologie. Raconté d'après les témoignages des protagonistes, de leur entourage, leurs juges et les avocats des parties concernées, les experts et enquêteurs de personnalité, les parties civiles bien sûr, les policiers municipaux non armés puis nationaux arrivés sur la scène crime et qui ne s'en remettront jamais, leur carrière bouleversée ou arrêtée, Emilie Frèche restitue ici la totalité de la tragédie et les traces terrifiantes qu'elle laisse sur la société, les victimes et les témoins. Ouvrage secouant, mise en garde contre une idéologie totalitaire auto-référentielle, qui veut annuler toute pensée émancipatrice en s'attaquant au sanctuaire de la République qu'est l'école, et à ses professeurs. Il n'y a pas de liberté sans laïcité, écrit-elle. A nous de nous en souvenir sous peine de laisser advenir le pire : la fracture dans la République, un fascisme religieux dont nous avons pourtant de multiples applications dans des pays où des femmes et des hommes votent avec leurs pieds et ne rêvent que de démocratie et d'Europe ! L'ouvrage est agrémenté de planches de dessins de prétoire, réalisés par l'autrice elle-même.