La crise du néolibéralisme et l’effondrement de ses promesses « progressistes » ont précipité une radicalisation autoritaire des États partout dans le monde. En France, la concentration des pouvoirs qui caractérise la Ve République a permis l’instauration particulièrement rapide d’une politique ultra-sécuritaire. Les avocats et les avocates qui défendent les classes populaires et les minorités opprimées ont été aux premières loges de cette dégradation démocratique éclair face à laquelle ils et elles se trouvent bien souvent démuni·es. Et pour cause, explique Elsa Marcel, car en restant prisonnier du mythe et des artifices de « l’État de droit », seul garant des libertés publiques alors qu’il est l’architecte des dispositifs liberticides, on se condamne à l''impuissance d’une défense strictement judiciaire. Pour comprendre cette impasse, il faut remonter quelques années en arrière : en supprimant les juridictions spécialisées dans les années 1980, l’État a mis un terme à la reconnaissance par la justice de la nature politique de certaines audiences. Ces mesures ont été accompagnées de grandes campagnes idéologiques visant à affaiblir le militantisme et l’engagement révolutionnaire. Aujourd’hui, la défense politique a presque disparu des prétoires…Renouant avec l’héritage des luttes anticoloniales et des révoltes des années 1968 qui ont su faire reculer le pouvoir en assumant dans les tribunaux une posture résolument politique, ce livre invite les avocat·es à réinventer leurs pratiques pour faire face aux enjeux de la période : en incluant le pouvoir des mobilisations comme composante fondamentale des grands combats judiciaires; en questionnant la nature libérale de la profession et les limites du syndicalisme judiciaire; en forgeant une génération d’avocat·es guidée par la volonté d’intervenir dans la lutte des classes et capable d’élaborer le programme d’une justice radicalement démocratique.
Un excellent essai accessible à tous. Elsa Marcel y explique l'imposture de la notion floue d'"État de droit" qui permet de légitimer nos systèmes juridiques et politiques capitalistes. Elle montre que défendre cet idéal fantasmé est voué à l'impasse. L'autrice, à partir de son point de vue d'avocate et de militante révolutionnaire, tente de renouer avec une tradition perdue : la défense politique. En effet, face à la répression croissante qu'elle inscrit comme une continuité historique (notamment avec la banalisation de l'état d'urgence et de la théorie de la souveraineté d'après Carl Schmitt), il faut faire tomber masque de l'Etat afin de révéler sa véritable nature bourgeoise et conservatrice. Une lecture d'intérêt général afin de rompre avec ses propres illusions notamment celle défendues par les réformistes.
Excellent livre d'Elsa Marcel qui nous explique de son point de vue d'avocate et surtout de militante, comment l'état et la justice fonctionnent main dans la main et non de manière séparée comme on aimerai nous le faire croire.
A travers différents exemples elle nous explique patiemment les impasses de se fier a la justice et la nécessité de construire la riposte.
Moi qui ne travaille pas dans le droit, le livre est extrêmement accessible et sourcé. Il est un outil redoutable pour se former, et confirmer son engagement révolutionnaire !
Merci Elsa pour ce livre. Il est accessible et aide à comprendre comment tout le système pénal est bien loin de l’image que l’on nous a donné de un en cours. On y voix à quel point c’est un outil de la bourgeoisie. J’ai rarement vu un essai qui nome aussi bien les ennemis et qui donne une stratégie claire et cohérente. Il m’a fait remettre beaucoup de chose en question et c’est un super outil militant. J’espère que beaucoup de gens le liront et qu’il donnera envie de s’engager à RP ou au CAJ.